‹ L'ennemi du peupleChapitre 5 sur 5 · N OTE · texte numérisé non relu

N OTE

Page i5. — El tons, le poète, l'artlsle, etc...

.. . L'instigateur de tant d'abominations, Canovas de Cas. tillo, a paj'é la juste peine, la rétribution normale de ses crimes. Un martyr a purgé l'univers de ce bourreau. En montant sur l'écliafaud dû à son acte héroïque, le justicier de Canovas, Angiolilo, prononça un mot sublime, une parole d'espoir et de suprême réconciliation : « Germinal ! » Oui Germinal — le temps où verdoie, en plein soleil, la tige des moissons futures. Germinal, espoir des granges et des hucliers. Germinal ouvrant les cités nouvelles aux hommes justes et heureux. Ce mot deux fois sacré par le trépas d'un martyr et par le chef-d'œuvre du héros qui, ce soir même, affrontait encore, à Versailles, la haine des pandours, des imbéciles et des mouchards conjurés, Germinal de Zola, Germinal d'Angiolilo brillera quelque jour sur les fronts d'une humanité pacillque! Mais pour amener les âges de douceur, pour mûrir comme un fruit de dilection la bonté des lendemains que de luttes, de haine et que de sang versé. Qu'importe! La guerre sainte pour la raison (exigea-t-elle de pareilles hécatombes !) remplacera la guerre infâme des monarques et des patries. Le fer du chirurgien, le feu dussent-ils amputer les hontes indélébiles du vieux monde et le soc retourner la glèbe réfractaire, vienne le soir de Germinal où, parmi les blés neufs, marcheront, libres de servitude, exempts de crainte et conscients de leurs droits, les peuples rénovés.

Que ce temps a[)pelé soit le temps d'anarchie, je le veux. Un vocable ne saurait faire épouvantail, un mot n'enchaîne plus les A'olontés timides.

^^ivers» tas BIBUOTHECA

y^ l'exnkmi du peuple

Aiiiii'cliistfS, nous le sommes, avi'c liiinsporl avec oij^in'il, si le nomil'iinarcliislc liaplist- ceux qui rriuuliont f}ïaUMU«'iit li'S liorrcurs cspajjiioU-s fl les lionles IVanvaisi-s, (lui eouvionl iluii é},'al mépris les loui im-iileurs de Mouljuleli el les j^eoliers île l'Ile du Diaide. Auareiiisles, nous le sommes si e'esl faire acle d'anareliie que de haïr le prèlre iuràuie, le jujre iiii(pie el lo soUlat ivre d'imhéeililé. Oui, nous les exéerous ees lâches, ces empoisonneurs de rinlelliu'enee el du travail humain. Nous enjrlohous dans un dé};;oùl [)areil les Weyler, les IJoisdedVc el les Mereier, les lousurés el les pancîours, les maj-islrals inii)osleurs el les faussaires de létal major. Anarchistes, nous lo sommes : car nous voulons briser (juiconciue délient, sous le ciel, un lambeau daulorilé; car nous n'entendons pas tpruu autre homme ail jamais le pou\oir seéléral d'inq)oser son caprice à un homme; car nous rêvons d'anéantir. <pie ce soit par raison ou i)ar violence, les relij^ions du sabre et du (^ode aussi bien que les cultes de l'autel.

M Dieu ni mailre, disait lîlan(|ui. Telle apparaît la devise des temps meilleurs, du siècle d'amour, le mol que, pour se reconciuérir à jamais, les hommes inscriront au faîte de leurs denuMires, cpiaïul nos héritiers libres de tous les esclavaffcs, de toutes les faiblesses el de loules les douleurs sociales, auront cnlin brisé leurs chaînes el revenu leurs Dieux.

(L'Idée yoiii-ellc, 2- mai iS98,>

Arcis-sur-Aube. — ly/i. hrérnom

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