‹ L'ennemi du peupleChapitre 4 sur 5 · BALLADE SOLNESS · texte numérisé non relu

BALLADE SOLNESS

POUn LE •■8""= ANNIVEUSAITE DIIENKICK IIJSEN

Par Mademoiselle Cora Lai'auckhiu, aux samedis p!)])ulaii"es de rOilt'oii. le 7 mai iS()8, et. au Graiid-TlKàlre de Uéziers, le i- août iS<)9.

« Solness. — Une tour! Que voulez-i'ons

u dire ?

« Hilde Vangel. — Je pense à quelque

<c chose qui s'élève. . . qui s'élève libre-

« ment dans les airs »

Hknrick Ibsen (Solness-le-Constructeur).

Dans le cloaque aux herbes pestilentes, Gonjlé d' orgueil, de boue et de venin, L'impur Dragon nage à travers les plantes. Pour abriter le difforme et le nain, La plaine grasse et plus d'un lieu bénin : Caserne, bouge, hôpital ou chauuiine.

Entre:., les gueux, en loques, en sarreaux. Bétail humain dompté par la famine.' Pourtant voj-ez! Par les airs sidéraux.

Monte, en plein ciel, droite comme un héros, La claire Tour qui sur les/lots domine.

a6 BALLADE SOLNESS

Une Prinicssc aux Irrres consolantes,

Uôdeurs blessés, j- conduit jkiv la main.

La voix se tait des foules insolentes

Près de la Dame au geste surhumain;

Venez goilter lespoir du lendemain

A ses genoux : que vers elle chemine

Le peuple exempt des ^eôles, des barreaux.

Un souffle tiède éclot la balsamine

Et Floréal Jase emmi les sureaux :

Car le soleil dore en tous ses vitraux

La claire Tour qui sur les flots domine.

Eldorados, learie ou Salentes,

Fuyons cet air opaque et saturnin!

Plus de mensonge ou de guerres sanglantes!

Carguons la voile et rompons le funin.

Là-bas, ainsi qu à l'aube, un Apennin,

Du temple neuf la crête s'illumine.

Prêtres abjects, ?'ois, soudards ou bourreau.v.

Jases souillant de leur honte l'hermine

Et de la foudre attisant les carreau.x,

Voici, loin des gredins et des marauds,

La claire Tour qui sur les /lots domine.

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