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“les autres bâtisses publiques de l'ile aux Noix, de “ Penetanguishène et d'Amherstbourg, les monuments ‘“ de Queenston Heights et de Chateauguay, si ce “ n’est sur les terres de l'Ordonnance? Aïnsi le gou- ‘ vernement provincial s’est montré extraordinaire- ‘ ment généreux, tant qu’il s’est agi de choses étran- “gères à la volonté du légataire; mais il s’est ‘ constamment efforcé de s'éloigner autant que possi- “ ble du but auquel ce legs avait été destiné.”
Il est heureux, que l'alerte que nous avons eu dernièrement, ait pu tirer les Canadiens de l'étrange torpeur où ils étaient plongés. Désormais, nous serons préparés à toute éventualité, grâce à la bonne volonté du parlement provincial; mais si la milice sédentaire demande toute l'attention du cabinet canadien, a plus forte raison, la force active, qui est la première à marcher contre l'ennemi, doit avoir une toute autre organisation que celle qu’elle possède maintenant. Voici donc le plan que je propose, pour mettre la force active sur un pied tellement effectif, qu’elle sera capable d’entrer en campagne à une heure de notice. C’est une suite conséquente, de celui que j'ai donné pour la milice sédentaire.
On n’ignore pas qu’une armée pour être effective, demande un cadre autour duquel, viennent se grouper les différents corps qui la composent. Ainsi Putilité de la force active ne consiste pas tant seulement à être préparée à toute éventualité, qu’à former un noyau, sur lequel vient se placer la pulpe, qui doit préserver la chair du fruit, contre les intempéries des saisons. Pour cela, il faut qu’elle soit composée d'hommes ct d'officiers, qui ne s'occupent pas d'autre chose, que de ce qui concerne la profession des armes ; car le plan de force active, tel que je le propose, devant former le cadre autour duquel les soixante régiments de la premier classe de service, et les 567,174 combattants du corps de réserve viendraient se placer, il faut par conséquent qu’elle possède une discipline parfaite, en un mot, qu’elle soit tenue sur un pied régulier.
Jusqu’aujourd’hui, ce côté de la question a été mal compris, et on s’est contenté de lever un corps de
quelques milliers d'hommes, mal disciplinés, mal commandés et surtout mal recrutés. Il faut nécessairement que cet état de chose cesse, si on veut tenir les Canadas sur un pied offensif et défensif, et que l’effectif militaire que nous possédons maintenant, soit remplacé par quatre régiments d'infanterie de ligne, deux régiments de cavalerie légère, lanciers et hussards, et une brigade d'artillerie à cheval, tous tenus sur un pied régulier, et répartis par toute la province. Chaque régiment se composerait de mille hommes, sans compter les officiers. Les soldats engagés pour dix ans seraient astreints à se conformer aux “ règle- ‘“ ments et ordres de Sa Majesté, pour l’armée régulière;”” et par conséquent ces corps dépendraient entièrement du ministère de la guerre, en bre À l’expiration de son engagement, chaque soldat reccvrait gratuitement cent acres de terre ts, par ce moyen une immense étendue de terroir serait ouverte à la colonisation, l’agriculture recevrait une impulsion toute nouvelle, et chaque année des centaines de canadiens ne quitteraient pas le sol natal où ils auraient pu se procurer le bien-être et le nécessaire pour aller manger le pain de l'exil sur une terre étrangère. On ne les verrait pas, après avoir lutté énergiquement pendant dix on douze ans, contre le démon de l'angoisse et du désespoir, revenir au pays pour être à charge à leur famille et à leurs amis. Cette prime offerte aux défenseurs de la patrie, les ferait réfléchir sérieusement sur l'inconséquence de leur action, ct ils n’auraient pas besoin de l’expérience de leurs frères malheureux, pour se graver dans la mémoire la vérité suivante qui à inspiré au Dante ses plus beaux vers :
‘Tu proveraï si comme sa di sale, ‘ Il pane aultrui, e com’é duro calle ‘“ Lo scendere el salir per l’aultrui scale. ” “Tu sauras combien le pain d'autrui a le goût du “ sel, combien est dur ie dégré du monter et dun des- “ cendre de l'escalier d'autrui. ?”
(*) C'est le Colonel J. Sewell, ce vieux champion de la milice canadienne, qui le premier a donné l’excellente idée de faire des colons avec les soldats libérés du service,
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On le voit, ce projet d'organisation militaire porte fièrement pour devise : “ Patriotisme, gloire militaire, ‘“ colonisation ! ”
Je suis certain qu’à la seule mention de créer sept régiments réguliers, les mots question financière, dette nationale, etc., sont venus se présenter confusément à esprit de mes lecteurs ; mais voici le problème résolu :
Un régiment anglais de mille hommes, en organisation complète, coûte à peu près £42,000 de notre monnaie courante par année. Dans cette somme sont compris les frais d'armement, de casernement, d’habillement, ete. Nous voilà done avec un total de £294,000 par année pour sept régiments ; et que l’on remarque bien que l'armement ne se renouvelle que tous les dix ans, l’habillement tous les trois ans, ce qui fait déjà presqu’un quart à retrancher.
D'ailleurs l'Angleterre ne serait que trop contente de payer cinq régiments réguliers en Canada, à la demande de notre Législature, laissant à la colonie le soin de rencontrer les £84,000 pour les deux régiments restangs.
En effet si l’on calcule les immenses frais de transport qu'ont dû nécessiter les troupes embarquées à bord des steamers Persia, Australasian, Melbourne, Adelaïde, Parana, Adriatic, Saint-Andrew, Bohemian, Victoria, Magdelena, Hibernian, Mauritius, Arabia et Calcutta ainsi que les frais qu'a dû faire encourir leur marche, pendant la distance de 701 milles qui séparent Halifax de Québec, l’on se convaincra qu’à l’heure
u’il est, la défense des Canadas coûte à la Grande Bretagne la jolie somme de £3,000,000 sterlings.
D'ailleurs, nous ne serions pas les premicrs à réclamer auprès de la mère patrie cet avantage. Que l’on jette un simple coup-d’œil sur l’annuaire militaire (Army list *) et l’on verra que la plupart des colonies anglaises y sont representées militairement. Les Indes
(*) Je ne s:urais trop recommander la publication semi-annuelle, d’une Army List, pour les officiers canadiens. Cela exempterait beaucoup de troubles et beaucoup d’ennui, au bureau de l'Adjudant Général.
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Occidentales ont trois régiments réguliers, composés de mulatres: l'ile de Ceylan a un corps de cavabiniers à pied ; le Cap de Bonne Espérance, des arabiniers à cheval; Sainte-Ifélène, un régiment d'infanterie ; la Côte-d’or et l'Ile de Malte, un corps d'artillerie; et il n’y a pas jusqu'à Terre-neuve et à | petite ile de Falkland qui n'aient leurs compagnies de réwnliers,
il est vrai qu'en Canada, nous possédons les carabiniers royaux, mais il n'entre dans Los composition que des vétérans de l’armée anglaise, et ce sont des natifs qu'il nous faut.
Espérons done que les hommes de cœur qui composent notre cabinet, après avoir bien pesé et bien considéré la chose, vont courageusement prendre l'initiative, et que l’année prochaine ou dans deux ans, les Canadas n'auront rien à envier sous ce rapport aux autres colonies, pas mème aux cipayes des Grandes Indes, car du moins, à l'instant suprème, ils sauront se montrer plus loyaux qu'eux.
Ce n’est pas tout pour nos homines d'état, d’organiser effectivement une petite armée régulicre, il faut encore qu’ils sachent lui donner de bons officiers, “ en “ qui le soldat aura placé une confiance assez grande, “ pour pouvoir les suivre jusque sons la gueule des “ canons. (*)
“ Je remarquerai d’abord, écrivait en 1854, le & Major Lionel Gallway, du génie anglais, () que le système d'éducation, tel que mis en œuvre, par les Colléges en Canada, n’est pas ce qu’il y a de mieux, “ pour les jeunes gens qui se préparent à entrer dans
\$ (*) Extrait d’un excellent article sur la milice, par l'honorable J. te Cauchon, Ministre des Travaux Publics, publié dans le Journal de Québec.
(t) Advice to young gentlemen, studyivg for commissions in the Army. Montreal. H. Ramsay, 1854,
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“ [a carrière mercantile ou militaire. Une dépense “ trop considérable de temps, est employée par l'élève “à l'étude des langues mortes, en comparaison de ‘ celui qu’il consacre aux mathématiques, à l’histoire ‘et à la géographie, ainsi qu'aux langues modernes, ‘ surtout le français, l'anglais et l'allemand. Je ne ‘veux pas dire que la connaissance de ces langues, le ‘latin et le grec, ne soit pas utile; au contraire, je ‘ crois fermement qu'une certaine étude de ces deux “ langues est indispensable, puisque le français et ‘ l'anglais en sont dérivés. ..,....,.. Pour bien faire, “je suggcrerais la formation d’un collége, dirigé par “ des personnes compétentes, et où les jeunes gens “ recevraient une éducation, qui conviendrait à la “ carrière où ils se destinent, soit les armes, soit le “ négoce.”
Ce but scrait atteint si le gouvernement, après avoir sanctionné les deux projets que je lui soumets, autorisait l'établissement officiel d’une école militaire pour les deux Canadas, où le programme du Collége des Cadets en Angleterre, serait mis en pratique. Pour cela, il faudrait y enseigner les mathématiques (pures et mixtes), les fortifications, le dessin, lhistoire militaire, la géographie, les classiques, le français, Panglais, l'allemand, la géologie, la minéralogie, la chimie et la philosophie naturelle. On pourrait y ajouter l'équitation, l'escrime, la natation, la gymnastique et le tir à la cible, (*) Le cours complet serait de trois ans, au bout desquels les candidats qui auraient passé avec suecès, les examens finals, seraient pourvus d’une sous-lieutenance, (ensigney.) dans les régiments coloniaux. Nécessairement, le nombre des élèves scrait limités; et avant d’être admis à l’école, ils seraient obligés de subir des examens assez sévères sur leur capacité religieuse, physique ct morale,
Les avantages que nous retirerions de la formation d’une école militaire en Canada, si toutefois les
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(*) Le gouvernement devrait encourager autant que possible, les associations de tir dans les campagnts. Ce ne sera que p'r ce moyen qu'on pourra avoir de bons tirailleurs. En Angleterre et en Suisse, elles eont très répandues. |
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régiments coloniaux venaient à exister, seraient immenses.
Combien n’ai-je pas connu de jeunes gens à qui la fée de l'avenir distribnait ses sourires les plus gracieux à leur entrée dans la vie sociale? Sous l’inflnence bienfaisante des rayons du soleil de la vie, qui n’était alors pour eux qu’à son lover, tout paraissait d’or à ces cœurs généreux. Mais à mesure qu’ils s’avancaient, la carrière devenait de pra en plus aride, et bientôt ils allaient se briser sur la pierre d’échoppe de l’indidérence et de l'égoisme, où les avait poussé Porgneil du talent méconnu, cette couronne d’épines qui déchire le front de celui qui la porte. Certainenent ces infortunés, ne se seraient pas senti faiblir sous les étreintes du désespoir, s'ils avaient eu devant eux une porte ouverte pour entrer dans la vie militaire; ils auraient pu se perfectionner dans une profession qu'ils auraient aimée, et jamais ils ne seraient devenus à charge au pays, qui les auraït mis sur le chemin de la gloire et de la fortune. Réellement, n’esi-on pas coupable aux yeux de la providence, Jorsque tous les jours, cela se renouvelle sous nos yeux, sans que nous fassions quelques efforts pour y mettre un obstacle ?
Demain, j'en ai la ferme persuasion, luira pour les Canadas, l'aurore du jour où la profession militaire pourra chez nous, marcher tête levée. Alors le jeune canadien, comme ses püres, aura la faculté de servir fidèlement son pays, dans les frontières que lui a données la Providence, ct il n’anra pas besoin, pour prouver à l'Angleterre, qu'il est ,reux et loyal, d'envoyer un millier de ses frères, pour lui conserver Gibraltar, ce monceau de canons anglais, jeté au milieu de la mer, uivant l'expression énergique de J'ules Janin. (*)
(*) En 1858 se formait dans cette colonie, le 100ème royal can2dien, composé exclusivement de natifs du Canada. A ceite évoque, il est vrai, un petit nombre de colons, parvinrent à force de démarches, à obtenir ua brevet ; mais depuis ce temps là, la carrière militaire s'élève devant nous comme une barrière infranchissable. Quatre ans se sont éconlé depuis le départ de ce régiment pour l'Espagne et dans cet espace de temps aucun canadien n'y a été bréveté ; tous les vides qui se sont formés dans Le cadre de ses officiers,
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