C. Ce qu'ils n'avouent jamais
Ils n'avouent jamais qu'ils veulent embrigader les ouvriers, et pourtant :
/^ « Le Grand Orient de Belgique doit rechercher les moyens de donner à la Franc-Maçonnerie belge la direction légale et pacifique des revendications politiques et sociales des classes ouvrières (i). »
/, « La confection d'une carte du territoire belge sur laquelle seraient tracées les limites respectives des juridictions des Loges s'impose à la Franc-Maçonnerie belge, et est d'une pressante nécessité. »
a Des zones neutres seraient réservées, tenant compte des facilités de communications, etc. (2). »
Ils n'avouent jamais combien ils méprisent profondement le peuple et pourtant :
/, Desmoulins et Danton étaient conduits à la guillotine côte à côte dans la même charrette. »
« Desmoulins, hors de lui, voulait une dernière fois parler au peuple. »
« Danton l'interrompit en lui disant :
« Laisse donc là cette vile canaille. »
« Ces paroles seraient bonnes à redire à tous ceux qui dans des discours et des brochures, flattent les déshérités et les affamés, leur promettant monts et merveilles, sans se douter que si l'impossible qu'ils rêvent, arrivait, ils seraient fatalement foulés aux pieds par ceux qui les acclament aujourd'hui (3). »
Ils n'avouent jamais qu'ils veulent lancer a cette vile canaille » contre la société, et pourtant :
(i) Déclaration officielle du 28 mai 1887 : Bulletin du Supréne Conseil, n» 3o, page 98, lignes 18 à 21.
(2) Résolution prise en ih82 par le Grand Orient de Belgique. Bulletin du Grand Orient, IX, page 41.
(3) Le F.-. Charles Rahlenbeck, publicisie, SS^, et archiviste du Suprême Conseil de Belgique, le 18 février 1887. Bulletin du Suprême Conseil, n» 3o, page 43.
*^ « Il est inutile, mes Frères, de déclarer la guerre à la Société, d'armer les citoyens les uns contre les autres, au moins moralement (i). »
Ils n'avouent jamais qu'ils veulent imposer matériellement, car « moralement a,, c'est inutile, Vanarchie 50cia/e, et pourtant :
/^ La Belgique, grâce à sa faiblesse naturelle, qui ne peut offusquer personne, grâce à la considération qui l'entoure et qu'elle mérite, grâce à sa neutralité, à sa nature et au mélange des peuples qui Ihabitent, est désignée pour devenir un jour le centre d'un gouvernement maçonnique international (2). »
Ils n'avouent jamais qu'ils veulent détruit^e funité nationale de la Patrie belge, et pourtant :
/^ « Le peuple flamand fut autrefois vaillant et fort^ nulle puissance ne pouvait le courber. Mais soudards et bourreaux burent le meilleur de son sang; prêtres et moines lui déprimèrent le cerveau; l'ignorance et la superstition l'entourèrent de murailles infranchissables. »
« A ce peuple flamand la Franc-Maçonnerie veut infuser un sang plus pur, retremper son intelligence, lui faire respii^er un air frais et libre ^renverser et détruire les obstacles qui lui barrent la route de la science et du progrès (3). »
Ils veulent émanciper le pays flamand et en voici la preuve officielle.
Le Grand Maître National, le F.*. Henri Berge, a porté le, i^r mai 1 881, le toast suivant au Banquet officiel de son installation comme Grand Maître :
/^ «Je bois à rémancipation du peuple de nos provinces flamandes !... (4) »
(1) Le Grand Orateur du Suprême Conseil de Belgique, le 18 décembre 1886. Bulletin du Suprême Conseil, n» 3o, page 22, lignes i et 2.
(2) Le F.'. Auguste Couvreur, vice-président de la Chambre des représentants et Grand-Maître national, le 5 mai 18^0. Bulletin du Suprême Conseil, n° 23, page 68.
(3) Bulletin du Grand Orient de Belgique, VIII, page 28.
(4) Bulletin du Grand Orient de Belgique, X et XI, page 116,. lignes 23 et 24.
Et la raison de leur manque absolu de patriotisme^ nous la trouvons dans la déclaration du Frère Rqyers^ Vénérable de la Loge « Les Amis du Commerce et de la Persévérance réunis » d'Anvers, du 21 octobre i883 :
/, « La Franc- Maçonnerie est un lien entre ses adeptes. »
« Elle ne reconnaît pas de frontières à ses affections. »
« Nous sommes patriotes psir opportunisme, cosmopolites par aspiration (1). »
Ils n avouent jamais qu'ils sont une société secrète^ révolutionnaire et antisociale, et pourtant ils déclaraient en 1 886 que :
/, Nous glorifions les Templiers dont nous sommes les héritiers et nous devons faire tout ce que, comme Membres d'un tribunal secret, nous pouvons faire (2). »
Le secret politique des Francs-Maçons belges, ce qu'ils n'avouent jamais, est donc qu'ils organisent F anarchie sociale en Belgique, au moyen de la révolution ouvrière^ et qu'ils veulent la séparation du pays flamand et du pays wallon ; le démembrement, Veffondremeut de la Belgique,