SALUT, PAIX, PROSPÉRITÉ
Illustres, Excellents et Vénérés Frères :
« Si nous croyons qu'il est de notre devoir de vous adresser la parole, en vous signalant la pièce que, sous le nom d'Encyclique, le Pape Léon XIII a adressée à tout le monde catholique, ce n'est pas, certainement, parce que nous réputons que dans tout ce long amas de phrases, plus ou moins élaborées, ou trouve une seule assertion qui mérite d*étre sérieusement réfutée, et discutée. »
« Notre ancienne et glorieuse Institution est habituée à de semblables violentes diatribes de la part des Pontifes de l'Église de Rome, et il était inutile que Léon XIII nous fît rénumération de ces malheureuses Bulles et Encycliques, qui invoquent contre la Franc-Maçonnerie, outre les châtiments du Dieu Vengeur, les bras séculaires des Princes, la torture et la corde du bourreau. »
« Et tout cela pourquoi? Parce que notre Institution humanitaire et vraiment moralisatrice et civile, a toujours combattu avec l'énergie de ses honnêtes sentiments, avec la force de la raison et celle de la science, les superstitions périlleuses et immorales, qui ont relardé la marche fatale de THumanité, dans la voie élevée du Progrès. »
« Cependant, Torigine des haines les plus violentes contre nous, c est de nous voir propagateurs et soutiens, sincères et convaincus, des principes sacrés de tolérance, de fraternité et d'amour, que le Divin Instituteur du Christianisme a prêches, que TÉvangile a consacrés et que l'Église de Rome a reniés, et dont elle aurait voulu étouffer même la mémoire, si elle avait pu le faire. »
« A Tintolérance du Clergé de Rome cela paraît une énormité que dans les temples de la libre Franc-Maçonnerie on admette tous les hommes honnêtes qui « honorent » le grand idéal humain de la Divinité sous toutes les formes, dans tous les modes de la prière, par les œuvres charitables et saintes et même par la négation scientifique. »
« Cependant nous avions cru que l'Eglise de Rome, si fière qu'elle soit de son immobilité, malgré la marche progressive des choses humaines, avait appris quelque chose des temps et des vicissitudes humaines ; et nous pensions également qu'après l'Encyclique Quanta cura lancée par Pie IX, avec un si triste succès, Léon XIII, qui a pourtant la réputation de savant et de sage, n'aurait jamais entrepris de publier la Bulle Humanum genus^ encore plus folle et plus inqualifiable, par ses assertions gratuites et ses insinuations calomnieuses. »
« Vous connaissez déjà ce document, très chers et excellents Frères, et pourtant nous n'avons pas besoin devons en signaler les passages les plus hostiles à notre Institution. A l'heure quil est, vous les aurez déjà jugés et stigmatisés par votre intelligente réprobation. »
« Qu'il soit permis à l'Église de Rome de se plaindre à volonté du pouvoir qui lui a été arraché, qu il lui soit permis de récalcitrer même contre la Providence qui en a déterminé inexorablement la fin, qu'il lui soit permis
de rêver sur son idéal de rabaissement et de Tanéantissement de la dignité humaine, Jusqu'à regretter les siècles barbares et à sanctifier en Joseph Labre Texemple du cynisme et de labrutissement moral! »
« Tout cela est facilement compris, comme Ton comprend l'appel retardé et intempestif au bras séculier des Princes pour détruire la Secte, à laquelle on attribue tout le progrès de la civilisation humaine et on inflige même la responsabilité des aberrations qui, dans toute élaboration de principes et dans l'application des plus justes réformes, peuvent toujours se glisser, plus ou moins sensibles. »
« On pouvait bien s'attendre à tout cela delà part d'une institution qui voit s'écrouler sous ses pieds le présent, et qui craint, certainement et justement, pour son avenir. Mais la Maçonnerie se sentant forte sous le bouclier de la conscience pure, individuelle et collective de ses adhérents, n'aurait pas à s'en occuper, laissant aux aveugles de nier la lumière, laissant aux hommes et aux institutions destinées à périr la liberté de leur dernier souffle. Tolérants et bénévoles, comme toujours, nous nous serions contentés de sourire de compassion, de regarder et de poursuivre en avant notre chemin. »
« Mais lorsque nous voyons, dans un document destiné à la lecture et aux commentaires du monde civil, qu'on signale au soupçon, aux mépris et aux férocités des plus inintelligents, une classe de citoyens seulement parce qu'ils s'appellent Maçons, nous devons nous demander alors si ce n'est pas précisément le cas de légitime défense, et si on ne doit pas se rappeler nécessairement aue, dans la seconde moitié de ce siècle, et il y a peu aannées, de cette même Rome, encore dominée par le pouvoir théocralique, partaient, enrôlés et bénis, les brigands qui ensanglantaient nos provinces méridionales. »
« Rappelez-vous, Excellents et très chers Frères, combien de larmes et que de sang, en d'autres pays ; et précisément dans ces dernières années, nous avons constaté quelques insinuations imprudentes et peu chrétiennes contre la race sémitique innocente etlatorieuse. »
« Et, vous le pensez bien, une parole, même imprudente et folle, dite en si haut lieu, n'est jamais vaine, si on ne pourvoit à temps à la réparation nécessaire ; nous pourrons en vérité nous reprocher notre indifférence et ce laisser aller qui serait vraiment légitime et sublime s'il ne pouvait devenir périlleux et fatal. »
« Illustres^ Excellents et Vénérés Frères »
« La Maçonnerie italienne, jeune d'années, mais ardente de ibi et de courage, est votre avant-garde. A vous, donc, la parole d'ordre pour nous assigner la place de bataille et pour nous diriger, par des mouvements stratégiques, à la victoire qui ne peut manquer à qui combat pour la vérité et pour la justice. «)
« Agréez, Illustres et Vénérés Frères, nos salutations fraternelles. »
« Donné du siège du Grand Orient d'Italie, dans la vallée du Tibre à l'Orient de Rome, le 2 1 jour du 2^ mois de l'année de la V.*. L.*. 000884 et del'E/. V.". le 21 avril 1884. »
Le Grand Maître, J. Petroni.
Le G,\ M.-, Adjoint f Le Grand Secrétaire,
A. Lemmi. L. Castellazzo.(i)
Cette Encyclique maçonnique trouve aussitôt des détracteurs parmi les plus illustres Francs-Maçons de l'Italie et le F.*. Bovio, député et professeur, s'écrie :
,*^ « L'Encyclique Humanum Genus donne comme raison avouée des attaques du Vatican contre la Franc- Maçonnerie, que la Maçonnerie est basée sur le naturalisme, qui est le contraire du Christianisme ; et, comme raison sous entendue, que la Maçonnerie est une association ancienne et universelle comme l'Église, qui possède comme l'Église, des hiérarchies, des rites, des mystères et des soldats. »
(1) Rivista, XV, pages i53 et 154.
il Voilà les deux grandes associations universelles et militantes qui s'excommunient l'une l'autre à tour de rôle, l'Église au nom de la Tradition, la Maçonnerie au nom de la Raison; celle-là au nom d'un Dieu capricieux et terrible, celle-ci au nom de l'idée architecturale de l'Univers, qui est l'idée, la Pensée du genre humain. »
« A l'Encyclique Humanum Genus le Grand Maître de la Maçonnerie italienne a répondu par l'Ecyclique Si Crediamo dont la raison avouée est de séparer la doctrine du Christ de la doctrine du Pape; et dont la raison cachée est de mettre en a:cusation la Papauté devant la civilisation universelle en thèse générale, et devant la civilisation italienne en thèse particulière; de mettre en accusation la Tradition devant le Libre Examen ».
« Le Pape parle comme si l'Etat Italien n'existait pas. »
« Le Grand Maître parle comme si l'Etat Italien était lui-même en personne naturelle. »
« Ni l'un ni l'autre n'ont dit le dernier mot ; la dernière parole appartient à l'Association dans laquelle s'incarne la Pensée Moderne, d'un côté par son évolution incessante, de l'autre par son universalité (i). »
La leçon est dure, mais le Grand Maître ne s'en soucie guère et essaie de donner le change à l'opinion publique en blasphémant comme il suit :
*^ « Les enseignements de la Papauté sont que Dieu est un juge inexorable de toute pensée, acte et parole, vengeur et punisseur, que la terre est un lieu de perdition, où Satan est le maître et la femme est la complice de Satan, que l'amour de la famille et du prochain n'est vertueux que quand il s'assujettit à l'obéissance due à l'Eglise, et se subordonne à la dévotion envers les saints et les prêtres. »
« Que les aspirations du peuple vers la liberté étaient
(i) Le F.'. Bovio^ député au Parlement, à Naplés le a juin 1884. Rivista, XV, page 80.
une audacieuse révolte contre Dieu, que les Souverains possédaient sur la terre un pouvoir absolu, que la Conscience, la Parole et la Pensée n'avaient été données aux hommes que pour qu'ils puissent mieux obéir au Pape, l'autorité suprême indiscutable. »
« Voilà la ténébreuse pédagogie que la Papauté veut imposera l'Humanité (i). »
Et, comme si cela n'était pas satisfaisant, il fait successivement appel à des insanités sataniques comme celle-ci :
»*• « Quel sera le Pasteur qui parviendra à guérir la malheureuse Humanité du virus religieux, à détruire pour toujours les microbes divins? »
« Car les religions, telles que le vulgaire les comprend, ne sont autre chose qu'une névrose, qu'un phénomène de pathologie mentale de la famille des hallucinations, du délire, de l'hystérie, de l'épilepsie. »
« Elles sont le véritable règne de la terreur; et la tactique du prêtre a toujours été de frapper fort et non pas de frapper juste (2). »
A des infamies comme celle-ci :
*^ « Cannibalisme mystique ou théophaghie, voilà le secret des religions, celui qui frappe le plus l'imagination, qui émeut le cœur, qui trouble l'intelligence et enlève à la volonté la force de résister au charlatanisme sacré. »
« Sang, sacrifice sanglant, voilà la parole fatale qui résume le secret et le mystère de toutes les religions (3). »
Enfin, à des calomnies :
^\ « Il y a des gens qui parlent des « forces considérables » dont dispose le cléricalisme en Italie. »
« La vérité, la voici :
« Les institut ions cléricales s'affaiblissent chaque jour, car rien ne leur réussit : Les Bulles, les Encycliques, les Plaintes et les Malédictions du Pape retentissent
(1) Rivista, XIX, page 178.
(2) Rivista, XVIII page 22a.
(3) Rivista, XVI H, page 208.
dans le désert ; les diatribes de sa presse font sourire de pitié et passent inaperçues ; le denier, autrefois d'un rapport considérable, suffit à peine à payer la soupe aux rares Gardes suisses dépenaillés qui garnissent le Vatican ; les banques cléricales vont à la ruine, les églises sont désertes. »
(( En un mot, la vengeance des hommes et la malédiction de Dieu ont ravagé le camp clérical (i). »
Et à des insultes :
*^ « Nous sommes habitués au crétinisme constitutionnel de la presse catholique, dont les rédacteurs manquent totalement de sens commun et qui semblent s attacher à démontrer combien le Vatican est véritablement parvenu à la décrépitude la plus extrême. »
« Sa décadence est complète, et sa place n'est plus ailleurs que dans les archives des choses qui ont réellement fini leur temps (2). »
Pour en arriver a faire l'aveu de sa haine véritablement satanique :
/, « La Franc-Maçonnerie italienne combat et combattra sans trêve son éternelle ennemie la Papauté (3). »
Elle répand cette haine en insultes inqualifiables :
/^ « L'Encyclique Humanum Genus qui, dans la pensée de S. S. Léon XIII, était destinée à maudire la Franc-Maçonnerie, est devenue son plus bel éloge; car, au milieu de phrases sonores, l'Encyclique constate
Ju'elle est le facteur le plus puissant et le plus courageux u progrès social, dans le monde entier. »
a Est-ce que le Pape aurait vu un ange, comme jadis le prophète Balaam? Ou est-ce, aussi comme au prophète Balaam, une ânessequi lui a fait entendre raison? Ou, est-ce que, personnifiant dans sa seule personne la Trinité prophète, ange et... vous m'entendez bien, il a
(1) Rwisla, XVllI, page 236.
l2yRivtsta, XVIII, page i8.
(3) Déclaration officielle du Grand Maître de la Maçonnerie italienne, faite le i»»" février 1882, dans le discours d'ouverture de TAssemblée législative de la Maçonnerie italienne : Rivista, XIII, page 188, col. 2, lignes 17 et 18.
attrapé le coup de soleil de la montagne, et fait ce
3u*irne voulait pas faire, et dit ce qu'il ne voulait pas ire? »
« Tout est possible dans ce monde, quand on se prétend infaillible, et quand on représente des institutions surannées, qui, elles, sont infailliblement destinées à périr (i). »
Elle est forcée de reconnaître qu elle est inspirée par Satan lui-même, en avouant d'abord que :
.\ « Francs Maçons, nous méritons bien les anathèmes dont nous gratifie l'Eglise, chaque fois que, dans sa sénilité, elle perd la mesure de ses acies. »
(' L'Eglise veut la con'emplation stérile, et les mortifications du corps; nous voulons le labeur fécond, et le développement des beautés corporelles.
« L'Eglise met en pratique la charité qui avilit, nous la bienfaisance qui relève. »
« L'Eglise proclame qu'en dehors de sa morale, il n'y a pas de morale ; nous enseignons le bien pour luimême, les vertus civiques, et avons comme devise : Un pour tous. Tous pour un. »
« L'Eglise dit enfin que la vie est une expiation ; nous disons que c'est un devoir (2). »
Pour avouer ensuite que :
^\ V La Maçonnerie est la paix parce que le Vatican est la guerre ; la Maçonnerie est le progrès, parce que le Vatican est la réaction ; la Maçonnerie est la liberté, parce que le Vatican est la tyrannie ; la Maçonnerie est l'avenir, parce que le Vatican est le passé (3). »
C'est d'abord aux plus éminents prélats que ce satanisme haineux s'attaque :
*^ « Dans sa lettre à son secrétaire d'État, le Cardinal Mariano Rampolla, S. S. le Pape Léon XI II déclare impossible toute conciliation avec l'Italie, si la souveraineté civile et temporelle de Rome ne lui est pas rendue. »
(i) Rivista, XV, page 126.
(a) Rivista, XIX. page 121.
(3) Rivista, XIX. page 67.
« Cette lettre est une manifestation ingénue dlgnorance politique, historique et religieuse de la bande des loups recouverts de peaux d'agneau qui ont pour tanière la splendide prison vaticanesque. »
« Aussi le nom de Mariano RampoUa, sans que ce soit sa faute, passera de ce fait à la postérité la plus reculée, rappelant celte lettre qui est une affirmation de la décadence d'une institution décrépite, une dernière tentative d'une puissance agonisante (i). »
Non sans découvrir les véritables mobiles auxquels elle obéit dans sa manifestation franc-maçonnique, c està-diie essentiellement révolutionnaire :
/, « Il faut que la Franc- Maçonnerie oblige les gouvernements à exercer un contrôle vigilant et sévère sur le clergé, à cesser de confondre le clergé avec l'Église, à soumettre tout le clergé, du dernier prêtre au Pape luimême, à la loi commune, à reconnaître enfin, que ni la tonsure, ni les ordres sacrés, ni la mitre, ni la tiare, ni les titres, ni les privilèges peuvent suffire comme garanties de moralité, de justice, de vérité et de vertu (2). »
Pour prendre ensuite à partie l'auguste personne du Souveram Pontife lui-même :
/, « Si nous avons un bon conseil à donner à celui qui, pour un temps encore, siège au Vatican, c'est de supprimer ses encycliques et ses allocutions ; car, outre qu'elles lui font perdre son temps, elles lui donnent un brevet de décrépitude sénile tel, que tout le monde comprend que son règne est fini et bien fini. »
« Nous disons cela à propos de sa dernière chargea fond contre les partis libéraux de la Patrie, et spécialement, cela va sans dire, contre la Franc- Maçonnerie. »
« Ces attaques habituelles ne n(3us enlèveront ni le sommeil, ni l'appétit, oh ! faux prêtre d'une religion d'amour, qui nourrissez les haines et les vengeances ! Et chaque fois que vous ferez parade d'ouvrir la bouche pour dire des insolences comme une poissarde au marché.
(1) Rivista, XVIII, pages 194 et 195.
(i) Rivista, XV, page 3 1 1.
OU pour piétiner de rage comme un enfant mal éJevé, la liberté que vous maudissez vous rappellera Arnold de Brescia et Giordano Bruno (i). »
Plus tard celle de tous les successeurs de saint Pierre :
/. « Qu'est-ce donc qu'ont été tous ces Papes dont Léon Xll I occupe le trône ? Leur histoire, Ihistoire des éternels ennemis de tout progrès et de toute liberté, n'est-elle pas le martyrologe des peuples ? »
« Saint-Père 1 cache tes mains ensanglantées dans tes manches ! »
« Saint Père ! tes blanches sandales sont tachées de sang I »
« Saint Père, Borgia, le Pape empoisonneur, te sourit ! »
« Non I toute conciliation est désormais et à tout jamais impossible (2). »
Et enfin, le clergé catholique :
/^ «La vraie raison de l'intolérance religieuse est l'épouvantable jalousie du prêtre qui aime son Eglise pour letouffer dans ses bras féroces plutôt que de tolérer qu'elle accorde à un autre, même le plus innocent des sourires. »
« Car l'amour du prêtre pour son Eglise est darwinien, il est celui du ver solitaire et n'aime en elle que la très sainte popotte qu'elle lui fournit abondamment. »
« Et c'est ainsi que toutes les guerres de religion n'ont pour le prêtre qu'une seule et unique signification : le strugglefor life ; la lutte pour la vie (3). »
Le devoir que nous nous sommes imposé d'être, avant tout, documentaire, nous obli^^e à faire connaître les proportions inouïes, surnaturelles que cette rage de blasphèmes prend chez les Francs-Maçons italiens. Nos lecteurs en jugeront par les citations suivantes, qui feraient presque croire à la folie, si leur caractère de haine satanique et véritablement satanique n'était pas si évident.
(1) Le F •. Raphaël LaurinWi juin 1888 : Rivista, XIX page i3i
(2) Le F. . Humbert de MediCy à Rome, le i5 juin i8>8. Rivista XIX, page 7.
{Z) Rivista, XVIII, page 263.
^\ « Là, à Rome, dans le palais plus que royal du Vatican, un certain Léon, après avoir fait croire aux yeux des imbéciles, et dans de noirs desseins, qu'il habitait une sorte de cachot, a cessé ses rugissements de rage impuissante pour exhaler des plaintes pitoyables. Et, tourmentant par des notes de victime et des plaintes de pauvreté, les Etats et les masses ignorantes, au moyen d'une armée d'agents, dans le seul but d'augmenter ses richesses ; il se tord et s'essouffle pour redonner la vie à son gouvernement condamné par l'histoire ; car c'est à son pouvoir exécré que l'Italie doit depuis seize siècles tous ses malheurs (i). »
/, « Malédiction! honte éternelle au passé sanglant et terrible du Vatican dont le pouvoir terrorisait les royaumes, déchirait les peuples, torturait la science, pétrifiait l'intelligence avec le dogme I »
« Nous, pauvres et obscurs apôtres de la civilisation, mais libres comme le chevreau de nos montagnes, nous jetons notre gant de défi au vieillard sinistre qui a lancé contre nous 1 arme rouillée, à la pointe émoussée, qu'il a tirée des arsenaux de l'Eglise, l'Encyclique Humanum genus, ce chef d'œuvre d'impudence et d'ignorance. »
« D'impudence, car ce n'est qu'au VI l« siècle, et par la renonciation de l'évêque de Ravenne à-l'autocéphalie sur les intérêts de l'Église, que le Pontificat romain est né et que jamais personne ne lui a conféré mandat ni direct ni indirect, sur l'État laïque. »
« D'ignorance, car il maudit « l'avidité insatiable d'apprendre de la jeunesse studieuse » et la flagelle avec des mots d'une vulgarité digne au plus de l'opéra bouffe (2). »
.\ « Et le jour où, sur les ruines des églises démolies, des privilèges supprimés, s'élèvera l'autel de la Liberté, de la Pensée, de l'Égalité des classes sociales et de la Fraternité des peuples, l'Humanité aura enfin une religion ; et son archange à l'épée flamboyante, chargé de
(1) Rivista. XX, page io3,
(2) Rivista, XVIII, page 270.
monter la garde sur ces immortelles conquêtes, ce sera Garibaldi, l'incarnation de la volonté de Dieu I (i) »
*^ « Toi, Léon, tu ne nous maudis pas autant que Pie, tu n'es pas de sa taille, mais, pour te consoler de la perte des Etats de l'Eglise, tu bénis les jésuites et tu nous maudis, nous autres Francs-Maçons! »
« Tu nous maudis pour nos crimes et nos perfidies. — Lesquels? Tu n'en formules aucun et peut-être malgré ton infaillibilité, tu n'en connais aucun. »
« Nous allons te confesser notre délit : Nous combattons, et combattrons éternellement, pour délivrer l'humanité de lobéissance de cadavre que les jésuites veulent lui imposer (2). »
« Et maintenant que tu nous connais, lance tes foudres, fais voir ce que peuvent tes prêtres, nous acceptons la lutte et nous te ferons voir ce que nous pouvons (3). »
/, « La Nigromantie de Rome est la plaie séculaire de la pauvre Italie. Elle est. pourtant, toujours soutenue et aidée par le Pouvoir avec lequel elle... (ruffianeggia) et qu'elle sert en ajoutant la peur de l'enfer à la peur des carabiniers. »
« Que le peuple repousse enfin ces superstitions honteuses, et rende hbre l'esprit ; car sans cela la liberté politique est impossible (4). »
/^ « Dans sa lutte contre le Vatican imposteur, avant-garde de l'intolérance religieuse et de l'abrutissement des esprits, la Maçonnerie a deux guides, Jésus- Christ et Garibaldi, les deux maudits des prêtres, que le premier appelait : sépulchres blanchis, et le second : Vampires (5). »
Mais le blasphème ne suffit pas aux Francs-Maçons italiens; c'est Taction criminelle contre l'Église du Christ qu'il leur faut, et c'est dans ce but qu'ils préparent les voies en disant :
*^ « La mission de la Franc-Maçonnerie est loin
(i) Rivisia, XIV, page i55, col 1, lignes 17 a 23 et ligne 28. (2) Voyez note(i) page 390.
(3. Rivista, XVIII, page 61.
(4) Rivistat XIV, page 89,- col. 2 ; ligne 7 à 14.
(5) Rwista, XIV, page 212, col. 1 ; ligne 27 à 33.
d'être terminée, car, malgré que les portes de Thorrible tribunal de Tlnquisition soient à jamais fermées, les satellites de la Cour de Rome, du haut de la chaire et du fond du confessionnal, continuent à verser leur bave vénéneuse sur les pauvres d'esprit, pour en faire des prosélytes contre la liberté et contre l'humanité, et pour élever au Pape, si cela se pouvait, un nouveau trône sur les ruines fumantes de la Patrie (i). »
Et pour qu'aucun doute ne puisse subsister à 1 égard de cette action violente, elle en fait la déclaration, officielle et formelle, dans les termes suivants:
/, « La Franc-Maçonnerie italienne, en face de la Papauté qui brandit encore au Vatican la Croix, la Somme et le Syllabus, et qui se prétend être la barrière de la révolution et la garantie de la paix universelle, lui dit :
« Oui ^nous voulons la Révolution I »
« A l'Église de se défendre, si elle le peut (2). »
Les Francs-Maçons ont besoin qu'on leur fasse peur, quand même cette peur n'aurait d'autre valeur que leur pusillaniniité :
/, {( Le Pape, qui nourrit encore l'espoir, que nous croyons fallacieux, mais que lui ne croit pas tel, de prendre sa revanche sur nous autres Francs-Maçons, prépare déjà, en bourreau prudent et en Italie surtout, les bûches pour allumer les bûchers, à moins qu'il ne compte rendre hommage au progrès moderne en les alimentant avec du charbon de terre. »
« Et alors, malheur aux membres de la secte ^ et même aux prétendus tels! Pour eux 1 echafaud, les galères, les cachots et l'exil I »
« Voilà le Deus ex machina du secret papal. »
« Que les Francs-Maçons se le tiennent pour dit. Ils ont partout à donner des preuves de courage civil et de force morale; et, en Italie surtout, ils ont à lutter pour leur existence et leur vie (3). »
Pour ceux, parmi eux,que ces bourdes n'émeuvent pas,
{t)Rivtsta, Xlir, pageSii.
(2) Déclaration du F *. BaccU du 11 février 1890. Rivista, XXI, ;e i5, col. 2, lignes 14 et i5.
Rivista, XIa, page 99.
les Chefs de la Franc-Maçonnerie ont des proclamations dans le genre de celle-ci :
/^ « A la Maçonnerie italienne incombe plus spécialement la mission éducatrice de l'Humanité; car c'est au cœur de notre patrie que se trouve le centre de cette tradition théocratique, qui, née dans des temps de barbarie et d'enfance des peuples, est incompatible aujourd'hui avec la culture intellectuelle de notre époque et avec la culture sociale de notre Société. »
« A l'universalité de l'Erreur théocratique, il importe d'opposer, pour la vaincre, l'universalité de la Pensée sociale, et, pour cela, une éducation éclairée, forte et morale est le moyen le plus efficace. »
« Que la Franc-Maçonnerie réunisse toutes ses forces dans un ensemble harmonieux de pensée et d'action et qu'elle donne satisfaction à ce besoin suprême de l'Europe (i). »
Et pour les prudents, pour les dirigeants, voilà comme la Franc-Maçonnerie italienne raisonne :
.% « C'est une erreur très grave que de croire que le colosse du Vatican puisse être renversé du premier choc ; les institutions qui ont dix-neufsiècles d'existence, ce n'est pas un trait de plume qui suffît à les faire disparaître. »
« Il nous faut le combattre, non dans ses manifestations, ni dans ses effets visibles de vitalité extérieure, mais dans ses causes et dans sa vie interne dans les consciences. »
« Voilà le Grand'Œuvre de la Franc-Maçonnerie! Saper par tous les moyens le Cléricalisme dans ses fondements et dans ses sources de pie, c'est-à-dire dans r Ecole et dans la Famille (2). »
Voici la déclaration officielle de guerre active, criminelle au besoin, agressive toujours :
*^ « Deux armées sont en présence pour une lutte épique qui dure et durera encore longtemps. »
« D'un côté, combattant pour la raison et la civilisation, se trouve l'armée de la Franc-Maçonnerie. »
(i) Le F.-. A, Saffi, le 10 mai 1887. Rivista, XVIII. p. i33. (2) Rivista, XV, page 102 ; col, 1 ; lignes 28 a 40.
€ De Tautre côté, combattant pour le dogme et la réaction, se trouve l'armée ennemie, l'armée de TEglise (i). »
A cette déclaration de guerre suit le plan de campagne :
,\ « La lutte entre la Papauté et Tltalie, entre le passé et le présent, Tesclavage et la liberté, entre l'immobilité et le progrès, entre la superstition et le libre examen, entre le dogme et la raison, entre le Syllabus et la science, devient chaque jour plus avérée et plus ouverte, plus décisive. »
« Sortie de ses retranchements par l'acceptation des lois en vigueur dans l'État où elle veut exercer son ministère, la Papauté sera plus facilement attaquée et vaincue. »
« Et comme l'énorme colosse qui a nom « Papauté » oscille depuis des siècles sur sa base, il sera renversé par le souffle tout puissant de l'ère nouvelle et,une fois réduit en poussière, nous le balaierons pour qu'il n'encombre pas notre route (2). »
Ce plan de campagne est approuvé et appuyé par la Franc-Maçonnerie universelle :
j,\ (• Contre nous se sont déchaînées toutes les mauvaises et criminelles passions de l'époque, sur nous a été jetée la boue de l'immoralité par les noires phalanges du Vatican, coalisées avec d'autres ténébreuses légions pour combattre mortellement en nous le progrès civil. »
« Mais nos ennemis, dans leurs plans de campagne irréfléchis, avaient oublié à quelle sorte d'hommes ils avaient à faire, et, de cette lutte déchaînée contre nous
f)ar les anathèmes du Vatican, nous sommes sortis plus brts et plus puissants. »
« Et aujourd'hui, le Gouvernement de l'Ordre Maçonnique en Italie, qui a combattu et a vaincu pour vous et avec vous, est aidé par toutes les familles maçonniques de l'Univers entier qui travaillent sérieusement à notre grand Œuvre (3). »
(1) /?imfa, XXI, page 140 (Déclaration en F.-. Ulysse Bacci du 11 février 1890.)
(2) Rtvista, XVIII, page 1^.
(3) Rapport officiel lu à l'Assemblée Constituante de la Franc- Maçonnerie italienne, le 16 janvier i885. Rivista, XVI, pages 3 et 4.
Quant aux moyens, le premier est la guerre sans quartier à la Compagnie de Jésus (i) :
/, « En présence du Catholicisme qui Tattaque, qui la maudit, qui la combat, qui veut 1 assassiner avec le poignard caché sous la soutane loyolesque, la Franc- Maçonnerie ne peut déposer ni ses armes d'attaque, ni ses armes de défense; Elle doit rester aguerrie et batailleuse (2). »
Cette guerre sans quartier, les Francs-Maçons la présentent comme devant être nationale d'abord :
*^ « Comme tout ce que nous, Francs-Maçons, nous voulons pour le bien et la liberté, les jésuites le veulent pour le mal et pour le servage, le devoir suprême des Francs-Maçons est de s'opposer partout à l'alliance des jésuites avec la réaction, et de la rompre là où elle pourrait exister. C'est pour atteindre ce but que nous avons besoin d'avoir dans nos mains l'opinion publique et le gouvernement des peuples (3). »
Gouvernementale ensuite :
*^ « Il y a eu en Italie des lois positives contre les jésuites ; c'est à nos Loges de veiller pour qu'elles soient toujours bien rigoureusement appliquées; et si, par malheur, les agents de l'autorité pubhque venaient à les oublier, c'est à nos Loges de soulever le peuple comme un seul homme, pour leur faire sentir que le temps des indécisions, des transactions, des tergiversations, des
(1) L'acharnement sauvage de la Franc-Maçonnerie contre la Compagnie s'explique facilement.
Elle est l'avant-garde courageuse et dévouée de l'Eglise catholique.
Aussi, en l'attaquant sans mesure» les Francs-Maçons s'assurent-ils une popularité démesurée parmi tous les ennemis du Catholicisme.
Voilà, clairement formulé, le pourquoi des infamies, des blasphèmes, des insanités que les Francs-Maçons italiens accumulent contre les plus ardents et les plus dévoués des défenseurs du Catholicisme.
Ecœurés devant tant d'infamie, nous avons hésité à publier les citations officielles que l'on va lire.
Mais notre devoir d'enlever son masque à la Franc-Maçonnerie nous a obligé à surmonter notre profond dégoût et à imprimer les horreurs qui vont suivre.
(2) Le Grand Secrétaire du Grand Orient d'Italie. Rivista, XllU page 99 : col. I , lignes 35 à 40.
(3) Rivista. XVU, page 234.
conciliations, des caresses, des timidités, des lâchetés, est à jamais passé, et que contre les jésuites on ne manquera jamais impunément de vigilance, de répression et d*action (i). »
Enfin, universelle :
/, « Comme les jésuites tr^^vaillent dans les trois sphères d'action de la famille, des congrégations, et du gouvernement, nous autres, Francs-Maçons, nous devons les combattre sans trêve ni merci, sur ces trois terrains, et faire en sorte que les Gouvernants de tous les États soient nos Frères, ou bien qu'ils abandonnent le pouvoir (2). »
Le Gouvernement italien, lui-même, est menacé, s'il ne prend pas une part aclive à cette guerre à outrance :
/^ « Les différents ministères italiens se sont toujours montrés protecteurs des jésuites, et ont imploré à genoux une conciliation avec l'Église. »
« Il faut bien se décider à voir que Tltalie ne s'est pas faite une pour avoir à assister à des salamalecs entre l'État et l'Eglise (3). »
En mettant les jésuites hors la loi commune :
^\ « Contre les tentatives du cléricalisme, le gouvernement a le dçvoir absolu de la répression officielle ; « Plus de tolérance! » Liberté pour tous, mais pas pour les Jésuites (4). »
Et, ensuite, en accentuant la lutte contre l'esprit clérical :
.\ « Plusieurs grandes puissances maçonniques d'Europe se sont mises d'accord avec le Grand Orient d'Italie, au sujet de la question anti-cléricale. A l'unité du mouvement réactionnaire sera ainsi opposée l'unité du mouvement maçonnique (5). »
Et contre l'esprit conservateur :
/, « L'esprit conservateur des classes dirigeantes a été
(i)/î/vwto,^VII, page 249.
(2)Rtvista,XWlU pages 2Ô7-268.
H) Rivista, XVII, page 291 .
(1) Rivtsta, XV n, page 291.
(5) Rivtsta, XVil, page 343, col. 1, lignes 44 et 45 ; col. 2, lignes 1 a 4.
le vrai fléau de Thumanité, car il protège Tœuvre de
Erofonde scélératesse qui a laissé dans les annales umaines les plus grandes hontes et les plus horribles infamies du vice et de l'erreur et qui constitue la plus grande insulte permanente à la mystérieuse majesté divine et au bien-être, à la dignité et aux droits des hommes ; Œuvre la plus funeste et la plus pernicieuse que la terre ait portée, car elle est le plus grand obstacle qui s'oppose au perfectionnement de Ihumanité, obstacle qui existe parce qu'il est cimenté par les vices des prêtres, protégés par la faiblesse de la politique (i). »
Le troisième moyen est d'exterminer la Papauté et l'Église catholique :
/^ « Au cri de rassemblement poussé par le Grand Orient d'Itahe pour combattre en masse compacte l'ennemi commun, la Papauté, les Frères Francs-Maçons de tous les points de la terre ont répondu par notre cri de guerre, et ils ont répondu par une solennelle déclaration de soUdarité et de coopération (2). »
/^ a Le prêtre est la racine de tout le mal public,et qui veut conciher avec lui est un fou ou un complice. »
« C'est cette racine qu'il nous faut arracher, en apportant, remplis d'ardeur, d'activité et de vigilance, hors de nos temples et en pleine vie publique, nos principes et nos volontés, qui veulent la Nation libre, l'Humanité unie, les déshérités en pleine possession de leur dignité humaine, la science dominant les intelligences, etpas de prêtres entre l'homme et la conscience humaine (3). »
Dans cette œuvre d'extermination, les Francs-Maçons italiens déclarent infâmes ou imbéciles les défenseurs de la Papauté :
*^ « La Papauté est la plante vénéneuse qui empoisonne le beau sol de l'Italie, car ses doctrines perverses corrompent les cœurs, énervent les esprits. »
(i) Le F.-. G. G. Seraffini, à Rome, le 27 janvier 1888 : Rivista, XIX, page 49.
(2) Déclaration officielle du Grand Maître à TAssemblée Constituante, le 16 février i885 : Rivista, XVI, page 2, lignes 26 à 32.
(3) Le F.*. Jean Bovio, député, le 5 janvier 1888 à Naples : Rivista, XIX, page 25.
« Le dogme catholique est pire que le poignard d un homicide, car celui qui coupe le fil d'une existence et celui qui atrophie la vie morale sont aussi assassins Tun que l'autre. »
« Donc, tous ceux qui parlent de conciliation sont des imbéciles ou des infâmes. »
« La Papauté ne peut vivre que par le ipse dixit, par l'asservissement de la raison. Voilà pourquoi elle veut le pouvoir temporel, pour pouvoir imposer une souveraineté venant de Dieu, une autorité implacable, une inégalité sociale, impie et révoltante^ une^ignorance abrutissante, qui se résigne aux souffrances dans Tespoir du Paradis dont elle se moque, en vrai Léphisto, publiquement (i). »
Ils annoncent sa fin prochaine :
* « Le Catholicisme est lennemi mortel de la Liberté; si la Liberté le respecte, elle se suicide. »
« La lutte entre le Catholicisme et l'Humanité régénérée est si terrible, que tout armistice est impossible, qiie toute transaction est innacceptable. L*un tuera lautre, sans rémission aucune. »
« Et il faudra bien que la démocratie en arrive un jour à appliquer inexorablement et impitoyablement au Catholicisme tous les procédés de destruction dont celuici, alors qu'il n'était que Christianisme, s'est servi pour anéantir le paganisme. »
« Toi, Vieillard impuissant et présomptueux, ne parle plus au monde au nom de la révolution morale, au nom du Christ, parce que le premier Pape renia le Christ, les œuvres des Papes étant plus éloquentes|[que leurs paroles. »
« Ton Eglise est le Brahaministe d'Occident,' et, Encelade, vaincu, lerrassé,aveuglé, faisant un suprême effort, se jette sur toi et te dit : Vieux lévite, ton tour est venu, c'est moi qui te rends aveugle (2). »
Et font appel aux plus infâmes passions pour réaliser cette extermination :
(1) Rivista, XIX, pages 10961 110. '
(2) Rivista, XII, .pages 210 et 21 1. 17.
^*^ « Un serpent existe dans le sein de Tltalie et se nomme le Pape, que saint Jérôme définissait : Une femme vêtue de pourpre^ portant au front une marque d'infamie. »
« Voilà notre ennemi le plus puissant ; il est là, au Vatican et c'est à nous à le combattre jusqu'à notre dernière cartouche, à nous à brûler les autels de la prêtraille, à nous de renverser tout ce qui s'appuie sur eux (i). »
*^ « Oh, prêlres, prêtres I Engeance abjecte et lâche, quand cesserez-vous d'empoisonner l'Italie par vos morsures, quand est-ce que votre chef, le vieillard impuissant qui joue le rôle de prisonnier au Vatican, comprendra-t-il qu'il est incapable d'arrêter, même pendant une minute, l'irrésistible marche en avant du Progrès (2) I »
/^ « A Rome, dans la Cité du Pape et du mensonge, où vivent encore en sécurité, grâce à des perfides garanties diplomatiques, nombre de parasites noirs et rouges, mercenaires des consciences et défenseurs du plus abject obscurantisme, c'est à Rome que nous devons combattre et gagner la grande bataille de la Libre Pensée (3). »
^*^ « Nous devons ressentir la rage du lion contre l'ennemi éternel de la civilisation et du progrès, contre l'hydre sacerdotale, que la soif inassouvie de domination pousse à tout entreprendre pour relever le pouvoir temporel sur les ruines ensanglantées delà Patrie (4). »
/^ « Guerre à outrance et sans miséricorde contre la réaction, personnifiée par le monstre qui est tapi au Vatican, par l'hydre qui étouffe l'Italie I (5). »
(1) Le F.*. Ubaldo Carbonni, à Livourne, le 28 mai 1889. Rivista, XX, page 157.
(2) Rivista, XVI, page i5o.
(3) Le F.*. Aristide lieri, à Livourne, le 28 mai 1889. Rivista, XX, page i58.
(4) Le F,*. Rodolphe Manganaio, à Livourne, le 25 août. Rivista, X, page 172.
(5) Le F.*. Alfred Brogi, à Florence, le 6 février 1889. Rivista, XX, page 27.