‹ L'ennemie sociale: histoire documentée des faits et gestes de la fracChapitre 5 sur 46 · LE ROLE DE LA FRANC-MAÇONNERIE · texte numérisé non relu

LE ROLE DE LA FRANC-MAÇONNERIE

ou en d'autres termes, de la manière d'appliquer le Programme Maçonnique dans la société pour atteindre le But de l'Ordre.

Or, nous venons de voir que c'est par régalisation des fortunes et par l'écrasement du Catholicisme dans son enseignement et dans ses oeuvres, qu'çUe^prétend y parvenir.

Voici dans quels termes le Rapporteur général au Congrès, le Frère Brunellière, s'est exprimé sur l'application de ce Programme, sur le Rôle de la Franc-Maçonnerie :

« Je n ai pas la prétention de vous soumettre toutes les questions que la Franc-Maçonnerie doit étudier, toutes les réformes qu'elle doit appuyer de son influence et vulgariser, cela serait au-dessus de mes forces et m'entraînerait au delà des limites que je ne me suis posées; je me contenterai de vous en indiquer les principales, qui vous donneront, du reste, une assez haute idée du rôle que la Franc- Maçonnerie a assumé et que vous devez lui aider à tenir.

» Par suite des progrès de l'esprit humain, la politique est devenue une science sérieuse, qui a ses règles, ses lois, ses principes, dont l'étude approfondie peut rendre de signalés services à l'humanité, peut faire éviter des erreurs profondes qui entraînent avec elles des maux infinis. La Franc-Maçonnerie doit étudier cette science, car elle peut être féconde, car elle est liée intimement au bonheur de l'humanité, car elle est instructive pour les hommes d'État qui se forment parmi nous.

» La F.*. M.', doit user de tout son pouvoir, de toute son influence sur la société et sur l'État pour que l'on instruise le plus possible la jeunesse; elle a déjà pris en main l'instruction du pauvre et elle a eu grandement raison, car le cléricalisme Ta prise de son côté, pour la dénaturer comme tout ce qu'il touche, d'un bien pour l'humanité en faire un mal, d'un instrument de progrès et d'émancipation en faire un de recul et de superstition.

)) La F.*. M.*., comprenant l'instruction d'une tout autre façon, a voulu qu'il n'y ait plus d'ignorants et le moins possible d'incapables dans la société ; elle a demandé que l'instruction soit obligatoire. Elle a compris que, la société exigeant beaucoup de ses membres, il était juste qu'elle fournît aux citoyens pauvres le premier, le plus utile de ses outils ; elle a demandé que l'in-

struction soit gratuite. Enfin elle a demandé qu'elle soit laïque, car les pauvres ne pouvant donner aue quelques années de leur enfance à s'instruire, il ne faut pas les leur faire perdre à apprendre de mémoire des choses qu'ils ne peuvent comprendre et qui sont au-dessus de leur portée quand ils sont enfants.

» La loi sur l'instructioTl gratuite, laïque et obligatoire votée dernièrement par la Chambre des Députés est donc une loi Mac.*. ; quand elle a été promulguée, il y avait longtemps que la F.*. M.*, l'avait élaborée dans ses At.\, et que ses adeptes étaient unanimes pour la réclamer; ohl ne craignez rien, Messieurs les cléricaux, nous en obtiendrons bien d'autres et malgré vous encore.

» La F.\ M.', a étudié les rapports des Eglises et de l'Etat et a conclu à la séparation de ces deux incompatibilités ; elle doit habituer l'opinion publique à cette grande réforme qui s'impose et pour laquelle, le moment psychologique de l'exécution est arrivé. L'Etat a tous les droits possibles pour rompre un pacte dans lequel lui seul a rempli ses engagements : en effet, le Concordat, qui accordait déjà tant de privilèges au clergé, a été outrageusement violé par lui, par suite des faiblesses et des connivences de la Restauration, de l'Empire et de la République de 1848. Chacun de ces gouvernements lui ont accordé de nouvelles concessions, des traitements plus élevés, l'ont laissé empiéter sur les droits de l'Etat.

»Une mission considérable à laquelle la F.*. M.', doit appliquer son génie et son influence d'une façon toute spéciale, car c'est une mission éminemment civilisatrice, est d'intervenir dans le grand mouvement qui porte les peuples d'Europe à s'étendre sur le reste du monde ; elle doit aider les Européens à faire sortir les peuples barbares de l'état d'ignorance et de sauvagerie dans lequel ils sont encore plongés, état que le prosélytisme chrétien avec ses missions n'a fait qu'aggraver.

» Enfin, mes FF.*., arrivons à la question sociale qui est aujourd'hui dans toutes les bouches, qui préoccupe tous les esprits sérieux, quoi qu'en puissent dire certaines personnalités trop confiantes ou intéressées à paraître ainsi.

» Il s'est formé chez nous une forte aristocratie industrielle, qui a mis le Cléricalisme et le Jésuitisme dans son parti. Cette nouvelle forme de la féodalité accapare toute la fortune publique ; par l'anonymat elle draine le petit capital et l'épargne ; par sa force qui lui permet de faire d'énormes sacrifices, elle ruine les petites industries pour faire tomber toute espèce de concurrence. Quand tous les transports, toutes les industries seront absorbés par les grandes compagnies, les grands capitalistes qui sont à leur tête absorberont alors la fortune des petits actionnaires qui ne pourront soutenir longtemps contre eux la lutte du pot de terre contre le pot de fer.

» Au socialisme industriel et religieux, à celte féodalité qu'on fonde sur nos têtes, répondons par le socialisme populaire et libéral, cherchons les moyens de rendre Ja vie plus douce au travailleur, son avenir moins sombre ; tâchons de détourner le courant fatal de concentration qui pousse l'humanité vers un inconnu plein de menaces terribles. Qui sait ? Peut-être parviendrons nous à opposer à l'agglomération des capitaux, l'association des forces productives, de même qu'à l'ignorance nous avons opposé l'instruction laïque, gratuite et obligatoire. Il se forme de tous côtés des caisses de retraite pour la vieillesse; la F .*. M .-. ne peut pas non plus rester indifférente à ces utiles fondations, elle doit les appuyer de son influence et de son argent. Enfin, mes FF.*., cherchons, cherchons sans trêve ni relâchel que ce soit notre plus grande préocupation, car il y a un très grand danger à laisser les choses s'aggraver.

» Mes FF.*, un mot encore. Après bien des efforts, bien des sacrifices, nous sommes enfin sous un Gouvernement républicain et démocratique qui seul peut nous donner les libertés nécessaires à l'accomplissement de notre mission, le seul capable de lutter contre l'envahissement, l'absorption du Capital, de la Société, de l'Etat, de tout, par les Grandes Compagnies financières et le Cléricalisme, le seul qui, étant basé sur le suffrage universel, est capable de sauvegarder les droits du plus grand nombre contre les entreprises liberticides et des-

potiques de quelques-uns : c'est le seul Gouvernement que nous puissions aimer. Nous devons donc le soutenir, le défendre de toutes nos forces, de toute notre influence. N'a-t-il pas été élaboré, du reste, par nos Ateliers, à la fin du XVIIie siècle? N'est-ce pas le seul sous lequel le problème social peut se résoudre sans faire couler le sang humain? Ne l'oublions pas mes FF.*., un retour à la Monarchie et à la Réaction, tant désiré par l'aristocratie industrielle et cléricale, précipiterait la crise et amènerait les plus grands malheurs. »

Nous venons donc de prouver que la Franc- Maçonnerie avoue officiellement que :

lo Son Rôle est de diriger la Révolution Sociale contre le Capital et contre le Catholicisme et ses enseignements.

2° Son Programme est d'égaliser les Jortunes et d'écraser le Catholicisme dans son enseignement et dans ses oeuvres. i

3° Son But est de détruire le Catholicisme et tout ce qui rentoure.

Donc la Franc-Maçonnerie est bien, de par son propre aveu officiel , l'Association qui dirige la Destruction de l'Ordre Social Chrétien.

Étudions maintenant dans sa naissance, dans ses progrès, dans les moyens employés et dans les résultats obtenus, cette Œuvre Satanique de Destruction de la Société Chrétienne, en France, en Belgique et en Italie, c'est-à-dire, dans les terrains sociaux où elle veut imposer à tous l'Anarchie maçonnique et TAthéisme maçonnique.

Enseignement maçonnique.

L'enseignement des doctrines de la Franc-Maçonnerie dans la forme et suivant la méthode qui est appelée Rite Écossais Ancien e^ilcc^/^etquiest de beaucoup la plus

répandue, comprend trente-trois cours ou leçons successives dont les manuels sont désignés sous le nom de Rituels.

Chaque rituel comporte une mise en scène, une légende, un enseignement dont cette légende est Temblème et une série de démonstrations externes, qui servent à caractériser la possession du grade correspondant et qui sont exigées pour être admis à prendre part aux réunions, aux travaux de chaque grade.

Ces dénominaJions externes sont :

Audibles — Batterie, Mot de Passe, Mot Sacré, Age maçonnique;

Visibles — Ordre, Signe, Marche;

Sensibles — Attouchement ; dont la gradation franc-maçonnique est la suivante :

La Batterie est la demande de V Ordre.

L'Ordre est la demande du Signe,

Le Signe est la demande du Mot de Passe.

Le Mot ^ de Passe est la demande de V Attouchement,

V Attouchement est la demande du Mot Sacré.

Le Mot Sacré est la demande de VAge maçonnique.

La Marche n'est caractéristique que dans certains grades.

Leur ensemble se trouve officiellement détaillé et stipulé dans un recueil qui porte le titre de « Tuileur Sacré et Officiel du Rite Écossais Ancien et Accepté, promulgué le i^ juillet 1876 et publié le i«f août 1876, par le Pouvoir Exécutif de la Confédération des Suprêmes Conseils du Rite » et son texte intégral est imprimé ne varietur dans Touvrage déjà cité, que nous avons publié sous le titre de : Satan et C*e, Association universelle pour la destruction de VOrdre Social, et dont S. S. le Pape Léon XIÏI a daigné accepter la dédicace par Bref Pontifical du 9 janvier 1889.

Dans Satan et C'^ se trouvent également développés, pour chaque grade, les Rituels correspondants, et nous devons y renvoyer nos lecteurs, qui voudraient étudier sérieusement et dans les textes les plus indiscutables

et les plus secrets tous les détails de cet enseignement maçonnique.

Dans ce livre, où nous nous sommes efforcé de lever tous les voiles et de publier tous les documents les plus intimes, les plus secrets, en les groupant de manière à mettre en lumière lés Faits et Gestes, les Agissements de la Franc-Maçonnerie, cet enseignement de détail serait déplacé.

Mais, pour que rien ne manque à notre livre de tout ce qui peut permettre à Topinion publique de porter un jugement raisonné et définiiif sur la Franc-Maçonnerie, nous allons mettre en présence les textes de deux documents du plus haut intérêt : celui de YInstruction donnée au « Premier Maçon de Tltalie », au Frère Garibaldi et celui de l'Instruction donnée au futur Roi de la Grande Bretagne et Empereur des Indes, le Frère Albert- Edouard de Galles.

Un mot d'éclaircissement est nécessaire.

Si le Rite Écossais a trente-trois grades, c'est que ses fondateurs ont jugé que trente-trois degrés étaient indispensables à monter pour parvenir à son sommet, que l'enseignement de la Franc-Maçonnerie exigeait une gradation. Elle est tellement réelle que lors de l'investiture au 32® degré et alors que Ton passe en revue les travaux, les enseignements, les objectifs de tous les degrés du Rite, quand on arrive à parler du 33* degré le rituel dit formellement :

« Quant aux travaux des 33"»®» eux seuls les connaissent » et cela malgré qu'il s'adresse à un Maçon qui a franchi tous les Grades, un seul excepté, et dont le dévouement à la Franc-Maçonnerie est absolument Jbors de doute.

Mats lorBqu*a s*agitde Souverains, de Princes, de (kaiub Semeurs, de haut personnages, une telle gradation est évidemment inapplicable.

Or, ce sont précisément ces Francs-Maçons de haute marque que la Franc-Maçonnerie a toujours tenu à compter dans son sein, car comme le constate le Frère Louis Blanc :

— ao — .

« Grâce au mécanisme habile de rinstitution, la Franc-Maçonnerie trouva dans les Princes et les Nobles moins d'ennemis que de protecteurs et des Souverains régnants prirent la truelle et ceignirent le tablier. Pourquoi pas, puisqu'ils ne savaient de la Franc-Maçonnerie que ce que Ton en pouvait montrer sans péril (i) I »

Le Frère Joseph Mazzini, que la Franc-Maçonnerie italienne revendique comme son proto-type, est plus explicite et dit : « Il faut absolument qu'on mette les Princes de la partie, en les prenant, par la vanité, en leur laissant le premier rôle (2). »

En conséquence, quand il s*agit de conférer le Grade Suprême à un Prince ou à un haut personnage, une instruction unique lui est faite.

C'est cette instruction unique, telle qu'elle fut donnée le 14 Juin 1874 à S. A. R. le Prince de Galles, que nous publions ci-après. Nous en avons pris copie sur le manuscrit unique qui existe dans les archives du Suprême Conseil d'Angleterre,

Un mot au sujet de S. A. R. le Prince de Galles et Je la Franc-Maçonnerie.

Le 2 juin 1869, le Grand-Maître de la Grande Loge d'Angleterre, lord Zetland, informa la Grande Loge que S, A. R. le Prince de Galles avait été initié Franc- Maçon, le i5 juillet 1868 parle Prince Oscar- Frédéric de Suède, Grand-Maître de la Grande Loge de Suède (3). La Grande Loge le nomma en septembre 186^, Grand- Maître et le Prince assista pour la première fois à

une tenue de la Grande Loge le 5 Décembre 1869.

Le 14 juin 1874, S. A. R. fut initié au 33™® et dernier degré du Rite Ecossais Ancien et accepté.

(1) Histoire de la Révolution, II, page 82.

(2) Guerre et Révolution d'Italie^ par le comte Subienski, jpaçe 44.

(3) « La Maçonnerie suédoise est chrétienne. Le roi de Suède la dirige sous le titre de Vicaire de Salomon, et désigne un Grand- Maître pour présider la Grande Loge. Comme Salomon réprésente symboliquement le Christ, le roi de Suède, le Vicaire de Salomon, est en réalité le Vicaire du Christ, le véritab'e Pape du protestantisme. »

Gould. History of Freemasonry, III, page 198, lignes 33 à 35.

Le comte de Grey et Ripon, Grand-Maître de la Grande Loge d'Angleterre, s*étant converti au catholicisme, donna sa démission de Grand-Maître le 2 Septembre 1874.

Le 3 septembre une commission composée de lord Carnarvon, de John Haven et de Enée J. M. Mac Intyre oflFrit le poste de Grand-Maître au nom de la Grande Loge à S. A. R. le Prince de Galles. S. A. R. accepta la Grande-Maîtrise et fait 33"^® par Tlnstruction qu'on va lire, il devint, enfin, Grand Protecteur et Grand-Maître de la Franc-Maçonnerie en Angleterre.

Quand il s'agit de l'investiture de Grands Révolutionnaires, d'Agitateurs puissanls,de Conspirateurs influents, le cas est aussi le même et on remplace les 33 instructions du Rite par une seule et unique comme dans l'Investiture des Princes.

Seulement l'enseignement diffère et ce n'est certainement pas par la vanité que l'on prend ces puissants adeptes.

On en jugera, car nous publions, ci-dessous, le texte de rinstruction donnée au général Garibaldi le 5 Avril 1860, à Palerme,lors de son élévation au Grade Suprême delà Franc-Maçonnerie.

Nous en avons pris copie sur l'exemplaire même que le Grand-Maître Anghèra lut en cette occasion.

Instruction donnée

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