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PÉRIODE D'ACTION DANS L'ORDRE MAÇONNIQUE

De 1877 à 1890, pendant cette période où la troisième république s'est définitivement fondée, la Franc-Maçonnerie, triomphante et dirigeante, a obéi à son maître

Satan pour faire la guerre à Dieu dans les consciences et dans la société.

Les documents officiels que nous publions plus loin jetteront une lumière éclatante sur ces agissements et prouveront combien la perfide association en France a suivi aveuglément les deux derniers préceptes de son Décalogue sacré, dans cette troisième et dernière campagne contre le Christianisme dans la société française.

Elle a voulu que l'anarchie devienne l'âme de l'Etat; que la corruption devienne l'âme de la famille ; que l'anti-théisme devienne l'âme de l'individu.

Et, sous les ordres infâmes des francs-maçons qui y détiennent aujourd'hui le pouvoir sous toutes ses formes: pouvoir exécutif, pouvoir législatif, pouvoir judiciaire et pouvoir administratif, la France, qui pour 3o millions de ses fils est encore la fille aînée de l'Eglise catholique, la France livrée à Satan, prend pour base de sa constitution l'athéisme social, s'attaque directement à Dieu, le renie dans le passé, le proscrit dans l'avenir, le chasse dans le présent de ses institutions, de ses lois, de ses tribunaux, de ses armées, le poursuit dans son culte, dans ses ministres, l'ignore dans son enseignement pour arracher l'enfant à son amour et aux vertus qu'il inspire.

Le régime politique actuel de la France, domaine absolu de la Franc-Maçonnerie, permet à Satan d'imposer à la Nation la tyrannie du Mal par les voies constitutionnelles et légales, en érigeant en axiome fondamental de son règne, ce blasphème : « Le nombre prime le droit, la vérité et la justice. »

Telle est la synthèse maçonnique de la lutte soutenue en France contre le Christianisme par la Franc-Maçonnerie depuis 169 années.

L'Exploitation de la Franc-Maçonnerie en France.

L'Ordre social ayant pour formule, en Europe, l'union étroite entre le Christianisme et la Souveraineté, l'Association universelle pour la destruction de l'Ordre social a, en Europe, son but suprême tout indiqué :

Amener le divorce entre ces deux puissances.

Depuis 1876, la Souveraineté est devenue en France la pjoie de la Franc-Maçonnerie, et, pour réaliser son divorce avec le Christianisme, la Franc-Maçonnerie française a partagé l'activité de ses Loges en trois courants bien distincts :^

Sous la devise : Égalité, le courant issu des Loges doit conduire la Société française à V Anarchie, par la Révolution sociale en Politique;

Sous la devise : Fraternité, Humanité, un autre courant maçonnique doit entraîner la France vers r Athéisme dans l'Enseignement;

Et enfin sous la devise : Liberté, le troisième courant, issu du cœur même de la Franc-Maçonnerie, doit inoculer au peuple français la Haine de Dieu, le mépris de tout sentiment religieux.

Nous nous proposons de fournir les preuves les plus officielles, les plus authentiques, les plus indiscutables, des voies suivies par les Loges françaises pour parvenir à l'obtention de ces trois résultats.

Et nous allons commencer par donner la preuve de ce que c'est que la Franc-Maçonnerie française.

lo LA FRANC-MAÇONNERIE FRANÇAISE

D'après l'article I^r de la Constitution promulguée le 27 avril i885 :

« La Franc-Maçonnerie, institution essentiellement philanthropique, philosophique et progressive, a pour

objet la recherche de la vérité, l'étude de la morale et la pratique de la solidarité ; elle travaille à l'amélioration matérielle et morale, au perfectionnement intellectuel et social de l'humanité. »

Voici une autre définition, qui a, elle, le mérite de la franchise :

/^ « La Franc-Maçonnerie n'est pas un but ; elle est un moyen (i). »

Cela explique déjà pourquoi :

^\ « La Franc-Maçonnerie en France est une société qui est attaquée par des adversaires implacables qui, redoutant sa puissance, qui, craignant son influence, qui, s'effrayant de son action dans les esprits, dans les cœurs et dans les intelligences, la surveillent dans tous ses actes et l'épient dans ses moindres gestes (2). »

Ont-ils tort ?

/^ « Nos adversaires connaissent nos propres forces mieux que nous-mêmes, et c'est là ce qui explique la rage avec laquelle ils viennent frapper à coups redoublés contre la Sainte-Maçonnerie qui est la grande Crucifiée de la République (3). »

Qu'est-elle donc cette Sainte-Maçonnerie ?

»*. " Quelques admirateurs de la Franc-Maçonnerie ont cru parler en sa faveur en faisant une sorte de religion, religion du Beau, du Vrai et du Bien.

)) Il faut réagir contre cette tendance, la Franc- Maçonnerie n'étant pas et ne pouvant pas être une religion.

» La Franc-Maçonnerie est la négation de toutes les religions quelles qu'elles soient (4). »

(1) Le Fr. .■. Jules Clerc, Grand Orateur du Suprême Conseil de France, le 22 décembre 1884. Memorandtim du Rite Ecossais Ancien Accepté, Organe officiel du Rite en France, n° 85, page 8.

(2) Le F. .•. Hubert, ancien Conseiller de Préfecture et directeur du Journal de la Maçonnerie universelle, le l'^f mars 1887, page 91 de l'année 1887 de son journal susdit.

(3) Le F. .-. Dequaire, agrégé de philosophie, le i5 septembre 1888. dans le Journal de la Mac • franc.' ., 1888, page 576.

(4) Le F. .-. Salva, de Rouen, en novembre 1886, dans le Bulletin de la Grande Loge Symbolique Ecossaise, vol VII, page 182.

La Sainte-Maçonnerie est donc une conspiration contre toutes les religions. Ne conspire-t-elle que contre cela ?

/^ « Il ne faut pas nous dissimuler que la Franc- Maçonnerie, dès sa naissance sous la forme moderne, fut détournée de son but véritable en servant continuellement de masque et de manteau aux conspirations politiques les plus diverses (i). »

Gomment cette conspiration anti-religieuse et politique est-elle dirigée ?

/^ « Il existe à Beauvais une Loge maçonnique placée sous les auspices du Gouvernement, qu'on appelle le Grand Orient de France (2). «

Ce (( Gouvernement » qu'on appelle le Grand Orient de France a, dans son sein, le Grand Collège des Rites qui est l'autorité dogmatique pour les hauts grades.

N'est-il que cela?

/^ « Le Grand Collège des Rites se compose essentiellement de membres actifs, lesquels ne sont pas nommés pour parader avec ses cordons blancs portant certains ornements, mais pour servir d'auxiliaires au pouvoir proprement dit, au Pouvoir central, en travaillant d'une certaine façon (3). »

Le Grand Collège des Rites est dirigé actuellement par un président de chambre de la Cour d'appel de Poitiers, par le F.\ Poulie.

Quelles sont les visées de ce « Pouvoir Central » ?

/^ « Il ne nous suffit pas d'avoir des orateurs et des apôtres, il nous faut des prosélytes, et il nous faut les conquérir (4). »

(1) Le F.'. O. Wirht, orateur de la Loge » Les Amis triomphants de Paris " en avril 1887, dans le Journ. de la Mac. Univ. Année 1887 page 229.

(2) Le F.'. E. Gérard, maire de Beauvais et conseiller général de l'Oise, le 24 août 1884. Journ. deja Mac. Univ. 1884, page 376, lignes 35, 36.

(3) Le F.". Amiable, maire du V» arrondissement de Paris, le 3i octobre i885, dans le/owr. Off. de'la Mac. Franc. Année >885, page 679.

(4) Le F.*. Pourquery de Boisserin, ancien bâtonnier de l'ordre

Le « Pouvoir Central » doit employer ces prosélytes dans des conditions déterminées. Le Ministre de l'Intérieur, le F.*. Constans, nous apprend la nature de ces conditions :

/^ « Le but de la Franc-Maçonnerie, vous le connaissez tous, mes Frères.

» Mais, pour que la Liberté règne parmi nous, il faut nous inspirer d'un sentiment d'obéissance au chef choisi parmi nous.

» Cherchons donc une ligne que vous trouverez, J'en suis certain, et qui vous conduira au but que nous poursuivons (i). »

Quant au Conseil de l'Ordre, il assure la discipline et surveille l'exécution, par tous les ateliers de l'Obédience, des prescriptions de l'Autorité suprême :

/. « Le Conseil de l'Ordre du Grand Orient de France a à remplir pleinement son devoir supérieur de Police maçonnique (2). »

Nous voilà bien loin de l'article I^'' de la Constitution officielle, car tout ceci a des allures bien significatives de société secrète.

La Franc-Maconnerie française serait-elle une véritable société secrète?

'Absolument, car dans une brochure de propagande, imprimée par le vote unanime de la Loge « Le Progrès » de Troyes, son Vénérable le F.'. Renée Blanc, publiciste, a déclaré, en octobre 1887, (page 6 de ladite brochure) :

/, « Vous reconnaissez avec moi, mes Frères, et vos applaudissements me le prouvent, vous reconnaissez la nécessité, pour la Franc-Maçonnerie française, de devenir une vaste et puissante société secrète politique et sociale, ayant une influence décisive sur les résolutions

des avocats, le 12 septembre 1888. dans le Journ. Off. de la Mac Franc. 1888, page 398.

(1) Le F.-. Constans, Ministre de l'Intérieur, et Président du Grand Conventde 1884, le 8 septembre 1884. Journ. Off.de la Mac Franc. 1884, pages 579 et 58o.

(2) Le F.\ Faure, député, le 10 septembre 1888. Journ. Off.de la Mac. Franc. 1888, page SyS.

du Gouvernement de la République, et sur les me&ures prises ou à prendre par le parti libéral. »

Et cette « influence sur les résolutions du Gouvernement de la République » ne doit pas être simplement « décisive » elle doit être souveraine, car :

/^ « La Constitution de la Franc-Maçonnerie française ayant attribué la souveraineté maçonnique à l'universalité des Francs-Maçons, n'a entendu placer à côté d'elle ni l'obstacle ni le germe possible d'aucune autre souveraineté que ce soit (i). »

La Franc-Maçonnerie française est donc une Société secrète^ dont le pouvoir central gouverne en souverain le Gouvernement de la République française.

Comment ce fait capital dont nous venons de donner, pour la première fois en France, la preuve officielle, comment ce crime de lèse-nation a-t-il pu rester caché ?

/^(( S'il est nécessaire de faire connaître au public français les grands principes au nom desquels nous agissons, s'écrie un des chefs du Rite Ecossais, il faut conserver caché, bien entendu, ce qui doit rester dans nos temples, au point de vue de la concentration de nos forces (2). »

Le même Grand Chef avoue que bien des Francs- Maçons ne le connaissent pas non plus :

*^ « L'organisation actuelle du Secrétariat du Rite Ecossais en France évite de livrer les secrets du Rite à un Franc-Maçon étranger au Rite (3).

/^ « Il est souvent impossible, écrit de son côté un maçon de la Grande Loge symbolique, de publier certaines conférences, c[u\, justement applaudies à l'audition, devraient être singulièrement remaniées lorsqu'il s'agit de leur publication . »

(Le F.-. Friquet, chef de bureau au Ministère des

(1) Le F.". Viguier, Conseiller municipal de Paris, le 3o octobre i885, dans le Journ. Off. de la Mac. Franc. i885, pages 648 et 64g.

(2) Le F.". Gonnard, médecin et Grand Orateur du Suprême Conseil de France, le 18 septembre 1886, Journal off. de la Mac. franc., année 1886, page 55o.

(3J Le même, le 27 juillet 1888, Mémorandum du Rite Ecossais Ancien Accepté Organe off. du Rite en France, n» 100, page 9, lignes 1 5 et 16.

Finances, et président de la Grande Loge Symbolique Ecossaise, en juin 1888, dans le Bulletin de la Grande Loge Symbolique Ecossaise, vol. IX, page 5o.)

La distinction entre les documents ostensibles et ceux qu'il convient de tenir secrets est faite dans les termes suivants par un F/, du rite français :

* ^ « Nous nous sommes appliqués à écarter du Règlement général du Grand Orient de France, qui peut être connu du monde profane, tout ce qui peut figurer dans le texte, très facilemejtt renouvenable, de nos Rituels. »

(Le F.". Viguier, conseiller municipal de Paris, le 3o octobre i885, dans le Journal officiel de la Maçonnerie française, année i885, page 65o.)

Il leur en cuit, aux Francs-Maçons même influents, de trahir, aussi peu que ce soit, ces secrets, et le Conseil de l'Ordre du Grand Orient de France a pris le même jour, le ig février 1889, les deux résolutions suivantes :

,\ I . « Le f. • . Croissant, au nom de la commission du contentieux, rappelle au Conseil des ordres du jour votés parles RR.'. LL.*. la Libre Pensée, Or.-. deNarbonne et les Vrais amis réunis. Or.", de Toulouse, pour protester auprès du Conseil de l'Ordre contre les indiscrétions commises par la voie de la presse et la communication à certains journaux des Trav.\ des Loges, et inviter le Conseil de l'Ordre à aviser aux moyens d'empêcher à l'avenir ces indiscrétions et ces violations des engagements maç . • .

/^ « La Commission estime que le moyen le plus pratique et aussi le plus fraternel lui paraît être de réunir les FF .•. appartenant à la presse et leur faire comprendre quels torts il causent à la fédération et à QUELS DANGERS ILS l'exposent en divulguant les travaux des Loges ; de les inviter à s'abstenir à l'avenir de toute communication de cette nature et de leur faire connaître que, faute par eux de déférer à cette invitation, le Conseil serait dans l'obligation d'user à leur égard des dispositions de l'art. 28g du Règlement général.

^\ )) Le Conseil, après discussion, accepte en principe la proposition de la Commission et décide que des conseils,

spéciaux aux Fr/. maç.'. journalistes ou appartenant à un titre quelconque à la presse, devront trouver place dans une circulaire. »

*^ 2. » Au nom de la Commission du contentieux, le F.'. Méiliaud propose la mise en accusation par application de l'art. 289 du Règlement, du F.*. Lucien Nicot, auteur de l'article du journal la France, signalé par le F.*. Pareja.

» Les FF.'. Croissant, Grégoire, Moulnier, Level appuient les propositions de la Commission.

*^ » Le F. '.Level estime que le cas soumis au Conseil est de la plus haute gravité et ne se rapproche d'aucune des manifestations dont le Conseil s'est occupé jusqu'à ce jour. Au mépris des engagements maç.*. un F.*. M.*. divulgue des faits couverts par le secret maç.*. Il faut que le Conseil saisisse cette occasion de r-appeler au respect des engagements pris lors de l'initiation.

» Le Conseil adopte les conclusions de la Commission du contentieux sur la mise en accusation du F.". Lucien Nicot (i). »

C'est que la Franc Maçonnerie française ne peut pas plaisanter sur la question du secret maçonnique, car :

/, « Pour notre œuvre, le mystère fut toujours une nécessité et des archives régulières auraient trahi notre Sainte Conspiration (2) . »

La « Sainte Conspiration « de la « Sainte Maçonnerie » est chose grave, bien grave, car non seulement :

*^ « Nul ne peut faire partie de la Franc-Maçonnerieet tîul ne doit pouvoir en faire partie, s'il n'est prêt à tout sacrifier aux principes qui sont l'essence et la raison d'être de la Franc-Maçonnerie, et à travailler au dehors comme au dedans, à la propagande ouverte et au triomphe de ces principes (.3) ; »

(1) Journal off. de la Mac. franc., année 1889, pages 778, 779 et 780.

(2) Le F.-. Gonnard, déjà cité, le 27 décembre 1884. Mémorandum du Rite Ecossais Ancien Accepté. Org. off. du Rite en France, n» 8g, page 29.

(3) Le F.'. Hubert, déjà cité, le ler novembre 1884. Journal de la Mac. universelle, 1884, pages 4 et 8.

mais encore,

« La Franc-Maçonnerie doit obtenir des Frères dont' la situation est dans le cas de leur permettre de se rendre utiles à la Société, un engagement qui les force à obtempérer aux ordres émanant de la Franc-Maçonnerie (i). »

Pourquoi ce rigorisme, cet autoritarisme? Peu de Francs-Maçons français, en dehors des Frères dirigeants, soupçonnent, même de très loin, de quoi il s'agit. Voici qui les édifiera.

* ^ « En portant la santé des maçons malheureux, clame à la fin d'un plantureux banquet solsticial un maçon de haut grade que nous avons déjà eu l'occasion de citer, nous adressons l'expression de notre sympathie et l'assurance que nous ne les oublions pas, aux maçons d'Angleterre, admis à bégayer notre premier mot : Liberté, seulement après avoir salué dans le temple l'héritier de la Couronne; aux Maçons d'Allemagne qui, enivrés par le vin de la victoire qui a troublé leurs cerveaux novices, redisent dans leur ivresse temporaire le blasphème : « La force prime le droit. »

« Nos souhaits vont à tous et notre main se tend vers tous (2). »

Oublier l'Alsace et la Lorraine, c'est mal. Mais les trahir, c'est crime de lèse-patrie. Et pourtant, en voici la preuve :

/, « La Franc-Maçonnerie ne doit pas, quelles que soient les circonstances et les événements, perdre de vue son caractère essentiellement international. Elle vise l'abolilion des frontières, et ne saurait, sans inconséquence, prévoir de nouvelles luttes et préparer ses enfants pour des nouveaux combats (3)! »

(1) Le F.'. Bonnard, au nom de la Loge " les Philanthropes Réunis " de Paris, a fait adopter la résolution ci-dessus par le Congrès Maçonnique de Nantes, le 27 mai i885 Compte rendu off. du Congrès, page 29, lignes 14, i5 et 16.

(7) Le F.-. Gonnard, déjà cité, le 27 décembre \'èdij\. Mémorandum du Rite Ecossais ancien accepté, Org. off. du Rite en France, n° 89, page 37.

(3) Le F.*. Monteattx, 33« et membre du Suprême Conseil de l'e. s. 5

Le F.". Nadaud, député, a déclaré en mars 1875 : /^ « A l'œuvre, Francs-Maçons! Nous avons charge d'âmes. Que parmi nous il n'y ail point d'indifférent, et redoublant d'ardeur, de persévérance et d'énergie, nous imposerons la République à la raison et aux sentiments des peuples (i). »

La Société secrète qui se fait appeller « Franc-Maçonnerie française » avoue donc le crime de lèse-patrie après avoir avoué le crime le lèse-nation.

Et malgré ces aveux officiels que tous nos lecteurs ont pu contrôler, la Franc-Maçonnerie française n'est pas mise hors la loi !

C'est que ses véritables agissements sont peu ou pas connus.

En voici la preuve éclatante.

Un homme politique qui a été plusieurs fois ministre, le prédécesseur immédiat de M. Ribot au ministère des Affaires étrangères, s'exprime ainsi sur le compte de la Franc-Maçonnerie, dans une conférence que, bien qu'il fût profane absolument étranger aux choses de la secte, il avait été invité à donner aux membres d'une loge de Paris :

/, « La Franc-Maçonnerie, dans l'avenir bien plus encore que dans le passé, devra servir de modèle à la direction de l'Humanité. »

« Tous les citoyens franchement libéraux et progressifs doivent venir à elle, la seconder dans son oeuvre. )^

« La société entière a les yeux fixés sur elle, et attend et espère beaucoup du grand et sérieux résultat qu'elle ne peut manquer de donner (2). »

M. le Ministre ne se doutait certainement pas quel était en réalité « le grand et sérieux résultat » que la Société française doit attendre de la Franc-Maconnerie.

France, en tenue plénière des Loges Écossaises de Paris, le i6déc. 1884. Memor. du Rite Ecossais ancien accepté. Or g. off. du Rite en France^ n" 85, page Sy.

(1) Joiirn. de la Mac. Univ. iSyS. page 2g3.

(2) M. le député Spuller, Ministre des Affaires Etrangères, en septembre 1876, dans la Loge « Les Héros de l'Humanité » de Paris. Journal delà Mac, Univ. 1876, page 410.

La Loge « Les Héros de THumanité » l'avait bien dit pourtant :

/. « Il y a, mes Frères, deux choses bien distinctes en Maçonnerie: le travail intérieur des Ateliers, et l'action individuelle que les Maçons exercent dans le monde profane. »

« C'est d'abord dans nos temples que les questions se doivent discuter et les idées s'élaborer ; mais une fois que nous sommes tombés d'accord sur la vérité d'un principe, il ne suffit pas d'en jouir seuls, en véritables égo'isies; nous devons le propager dans le monde. »

« Paul Louis Courier a dit excellemment : La vérité est toute à tous. Le premier devoir de celui qui croit la connaître, c'est de la répandre ; et l'illustre pamphlétaire ajoutait avec sa malice exquise: «Jenner qui trouva la vaccine, eût été un franc scélérat d'en garder une heure le secret. »

« Aussi, nos prédécesseurs se sont-ils toujours appliqués à vulgariser leurs idées dans le monde entier, à préconiser au dehors ce qu'ils avaient jugé bon et salutaire au dedans. »

« Le véritable rôle de la Maçonnerie a toujours consisté à devancer la Société politique et en préparer le progrès (i). »

Un autre politique qui, lui, était Franc-Maçon et la connaissait, s'est exprimé ainsi :

/, «Il me tarde de disparaître de la Franc-Maçonnerie, d'une institution qui est gouvernée par le mensonge, l'hypocrisie et la lâcheté, et j'entends en disparaître complètement (2). »

Combien est donc vraie et profonde la parole du clairvoyant successeur des admirables Pontifes romains. Sa Sainteté le Pape Léon XIII, lorsque, dans son admirable Encyclique Humanum Genus, il dit :

(1) Le Râle de la Maçonnerie, pages t et 3.

(2) Le F.'. A. Pallue, député, dans sa déclaration du i5 mai 1879 au F.-. Gu^ffrey, sénateur, Chancelier du Rite Ecossais en France Journal delà Mac. Univ., 1879, page 274.

/. « Pour paralyser les efforts et les tentations de la secte maçonnique, la ligne de conduite la meilleure est, en premier lieu, d'arracher à la Fr aire- Maçonnerie le masque dont elle se couvre et de la faire voir telle quelle est. »

Et combien est instructive et probante de la vérité de cette parole la discordance criante qui existe entre les statuts Francs-Maçonniques et les faits réels. En voici une preuve entre mille.

L'article 2 des règlements généraux de la F.\ M.", écossaise s'exprime ainsi :

,\ « Elle accueille tout profane, quelles que soient ses » opinions en politique ou en religion, pourvu qu'il soit » libre et de bonnes mœurs... »

«... La Franc-Maçonnerie est une école mutuelle » dont le programme se résume ainsi : obéir aux lois de » son pays, vivre selon V honneur... »

D'autre part, l'art 1 1 des constitutions, statuts et règlements généraux du Grand Orient de France dit :

,*. «Nulnepeut devenir franc-maçon et jouir des droits » attachés à ce titre :

« 1°. . . 2° s'il nest de réputation et de mœurs irrépro- » chables. »

Vous vous attendez après cela à voir la F.\ M.', se montrer d'une rigueur extrême dans le choix de ses recrues... Que vous êtes naif : la réputation d'honneur, les bonnes mœurs... vieilles guitares que cela! que le candidat montre patte rouge, c'est-à-dire une haine mortelle à la religion et aux principes sur lesquels repose la société, et la secte lui pardonne tout : dettes, impudicités, forfaitures à l'honneur... la haine à la religion, voilà qui purifie tout et suffit à refaire une virginité à l'honneur maçonnique. Jugez-en plutôt :

Le Conseil de l'Ordre du Grand Orient de France, s'il était fidèle à ces prescriptions réglementaires, devrait respecter, en absolu, toutes les opinions politiques et autoriser la liberté pleine et entière de leur discussion la plus ample.

Il n'en est rien, et le fameux Conseil des Dix de la République de Venise n'a jamais montré un autoritarisme aussi féroce, un exclusivisme aussi intransigeant que ce Conseil de l'Ordre des défenseurs de toutes les libertés.

Un certain F.-. Parmentier, vénérable d'honneur de la loge le Lien des peuples, s'étant permis, dans une lettre adressée aux vénérables des loges de Paris, d'écrire que « la F.-. M.-. Italienne avait été vendue à Crispi et » payée à Lemmi », s'est vu illico mettre en accusation parle conseil de l'ordre du G". 0.\ de France dans la séance du lundi 24 février 1890. (Voir le Journal officiel de la fédération du G.\ Or. de France, année 45, page 582.)

Le Grand Orient de France a vraiment une notion bien singulière des idées d'honneur et dt patriotisme ; il faut être Franc-Maçon pour apprécier ainsi la liberté de discussion et le mouvement d'indignation qui fait l'éloge du F.*. Parmentier.

Autre exemple. — La loge Misraïmite « l'Avenir », de l'Orient de Marseille, s'est empressée d'ouvrir son temple et ses bras à un Frère Despilliers qu'une brochure, parue en 1875 à la librairie Lanquetin-Turbergue, 33, rue St-Vincent, à Besançon, sous le titre de : La Vérité sur M. Despilliers, qualifie de : « moine relaps », ainsi que des qualificatifs les plus énergiquement déshonorants et outrageants, en citant à l'appui des preuves indiscutables de ces qualificatifs, à un sieur P. Despilliers dont elle a trouvé le concours utile pour décléricaliser la France, en réformer les mœurs et la républicaniser .

Les Grands Chefs de la Maçonnerie française ont approuvé ce choix, et Le T.". 111. •. F.\ D^ Thulié, Président du Grand Orient de France; Le T.'. Puiss.*. F. • . Proal, Commandeur du Suprême Conseil de France; Le T.". C". et Est.". F.*. Osselin, Grand Maître de l'Ordre de Misraïm en France ont donné à ce récidiviste le satisfecit suivant :

« Recommandent /rè5 chaleureusementVcenvtttiL^osée. ci-dessus par le T.. C". F.". Despilliers, membre actif de la R.'. L.\ misraïmite « L'Avenir ».

Il faut convenir que les Chefs de la Maçonnerie française ne sont pas difficiles, et bien naïf serait qui prendrait désormais au sérieux les exigences sur « les bonnes mœurs », « la réputation irréprochable » et « la vie selon l'honneur « que les Statuts Maçonniques prétendent imposer aux récipiendaires.

On a pu voir, dans toutes les sociétés organisées, des hommes, grisés d'orgueil ou aveuglés par les passions, se dégrader et forfaire à l'honneur.

Nulle société humaine n'est à l'abri de ce malheur; mais, sitôt le mal connu, elles s'empressent d'amputer le membre gangrené.

Il était réservé à la F.'. M,', d'aller chercher, dans le ruisseau, des repris de justice pour en faire les plus beaux fleurons de sa couronne.

Puisque la F.'. M.', est une « école mutuelle » et qu'elle recherche, pour les admettre dans son sein, des hommes aussi peu scrupuleux, et ayant un passé aussi recommandable, c'est évidemment pour recevoir d'eux un enseignement que le monde profane réprouve, et apprendre d'eux à « vivre selon un honneur » de nature toute spéciale.

Cette apothéose des criminels par la F.\ M.*, donne la mesure de sa morale et explique les réclamations incessantes des Fils de la Veuve en faveur d'épurations répétées de la magistrature.

io3 —

2°. La politique en frange et la francmaçonnerie FRANÇAISE.

/^ « Nous sommes deux cents députés francs-maçons à la Chambre et notre influence y est considérable, car si nous sommes aujourd'hui les alliés les plus actifs de la République, 720us sommes aussi une Société secrète agissant secrètement. »

Cette déclaration dépourvue de toute ambiguïté, a été faite à la presse parisienne en 1887 par le député radical M. Colfavru qui était en même temps président du Grand Orient de France.

Or, la Franc-Maçonnerie ne laisse sa direction réelle qu'à des hommes assez rusés pour assurer le triomphe du mal.

Elle cache soigneusement aux yeux du public et de la grande masse des Francs-Maçons ces chefs réels etaffecle, bruyamment et avec ostentation, de faire reposer sa direction apparente sur des comparses, très décoratifs et très en vue, auxquels elle ne demande qu'une soumission aveugle, qu'une docilité absolue.

Les chefs occultes de la Franc-Maçonnerie française avaient donc à la Chambre des députés, élue en 1 885, deux cents serfs, deux cents esclaves poussant la France sur la voie de la politique maçonnique, de l'Anarchie, et cela avec une ardeur réellement satanique, comme le prouvent les faits indiscutables et indéniables qui suivent.

A la séance plénière de la Grande Loge Symbolique Écossaise du 12 avril 1886, la commission d'initiative, présidée par le F.\ Mesureur, député, a proposé :

/ « De supprimer comme inutile le § de la constitution par lequel la Grande Loge s'interdit toute discussion politique. »

Et celte proposition a tté adoptée à l'unanimité (i).

Cette affirmation a été formulée bien plus nettement :

(1) Bulletin de la Grande Loge Symbolique Ecossaise, vol. VII, page 35.

/^ « Je n entends pas qu'il faille proscrire de nos temples les questions politiques ; je proclame bien haut qu'elles doivent être et qu'elles sont en réalité l'objet principal de nos discussions et de nos études (i). »

Le F.". Belat, maire de Valence, a déclaré officiellement au Grand Convent du Grand Orient de France, le 14 septembre 1881 que :

/^ « Il est exact de dire que la Franc-Maçonnerie est une institution politique, et c'est son honneur que de mériter une semblable qualification (2). »

^\ « La Franc-Maçonnerie a besoin d'être forte, car, malgré qu'on en ait dit, elle est une institution essentiellement politique, de cette grande politique qui prépare pour le monde profane les solutions sociales (3). »

Et non seulement la Franc-Maçonnerie française fait de la politique, mais elle a sa politique à elle, car le F.'. Margaine^ député, a déclaré, en mai 1886, dans le Chapitre de Rose-Croix n» 72 de Paris, que :

/, « Il V a une politique maçonnique qui doit être la vie même de la Franc-Maçonnerie, et conséquemment, la vie même de notre pays (4). »

La Franc-Maçonnerie française peut donc faire de la politique, elle doit même en faire, mais en fait-elle ?

/^ « La Franc-Maçonnerie ne fait que de la politique, et s'il fut un moment, non pas de règle, mais de formalisme, de déclarer que la Maçonnerie ne s'occupait ni de religion ni de politique, c'était sous l'impression des lois et de la police que nous étions obligés de dissimuler ce que nous tous avons mission défaire uniquement, n

« Aussi, nos institutions sont aujourd'hui, d'une façon toute naturelle, entre les mains des Francs-Maçons de

()) Le F.'. Louis Braud, successeur du F.*. Constans, comme Vénérable de la Loge « Les Cœurs Réunis » de Toulouse, le 12 décembre \8S3. Joum. de la Mac. Univ., i8'<4, page i5

{2) Journal officiel de la Mac française, 18^1, page 352.

(3) Le F. . Dreyfus, député et membre du Conseil de l'Ordre, le 24 décembre 1881, à la Loge<c La Bonne Foi» de Saint-Germain-en- Laye. Républ. maç., 1 janvier 1882.

{^ Monde ma ç., 1886, page 02.

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France (i) », qui pratiquent cette politique au sein du Parlement français.

On est essentiellement pratique dans la secte et l'on cherche à en éloigner les inutilités et les non valeurs :

/^(( Il faut, s'écrie un grotesque qu'une récente histoire de voiture a couvert de ridicule, que nous nous imprégnions bien de ce principe qu'en Maçonnerie, il ne nous faut que des hommes d'action, des hommes résolus à tout (2). »

Pourquoi résolus à tout ?

(( Nous tous, hommes politiques francs-maçons, nous ne pouvons savoir ce qui nous sera imposé, à quelle situation quelquefois dangereuse, à quelle compromission quelquefois répugnante nous pouvons être exposés (3) » .

Ces besognes politiques « quelquefois dangereuses » et '( quelquefois répugnantes » sont faciles à deviner. Mais nous sommes en mesure de les formuler officiellement.

^\ « La Franc-Maçonnerie doit constituer, dès à présent, des comités de vigilance qui, fonctionnant sur les lieux, signaleraient, soit par la voie de la presse, soit directement aux Préfets et aux Ministres, les serviteurs de l'Etat disposés à le trahir et les manœuvres d'embauchage, de corruption et d'initiation des monarchistes et des cléricaux (4) ».

(i) Le F.". Gonnard, déjà cité, le i8 septembre 1886 Joiirn. offic. delà Maç.Jranç., année 1886, pages 545 et 549.

(2) Le F". Rousselle, ancien président du conseil général de la Seine et conseiller municipal, le 19 septembre 1887. Journ. offic. de la Mac. française, 1887, page 628.

(3) Le F.'. Dreyfus, député, le i5 septembre 1887. Journal qff. delà Mac. franc., année 1887, P^g^ 5i6.

(4) Le F.'. Edm. Lepelletier, journaliste et Vénérable de la Loge " Les Droits de l'Homme ", en août 1888. Journal de la Mac. Univ., 1888, page 348.

Il convient de rapprocher de cette citation les paroles suivantes empruntées à un discours du F.'. Francolin. (Voir Bulletin du G.'. Or.-, de France, juillet 1889, pages 338 et 339.)

" Vous avez pu trouver dans le Bulletin l'indication d'une Commission qui y figure^sous le nom de Commission des Requêtes ; elle

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/, « Le principe de la Franc-Maçonnerie est la liberté, son moyen l'Egalité et son but le rétablissement de la Société naturelle. »

« Réformatrice et révolutionnaire, la Franc-Maçonnerie n hésite pas, dût-elle élever le trône de la justice et de l'égalité sur une terre ravagée, car elle sait que la vie ou la joie de l'individu ne sont rien quand il s'agit de la joie et de la vie des générations (i). »

La Franc-Maçonnerie française se sent assez forte pour défier l'opinion publique et, pour rassurer les Frères timides qui pourraient craindre des représailles, elle dit:

* ^ « Que nous importe l'opinion des profanes sur nos

reçoit de nombreuses plaintes de francs-maçons, fonctionnaires et non fonctionnaires, en butte aux attaques des ennemis de la Franc- Maçonnerie, (^ette Commission fait des enquêtes sur tous les faits qui lui sont signalés ; elle a recours aux membres du Parlement qui peuvent l'aider dans la réparation des torts qui lui sont signalés ; elle a recours à ceux de nos FF.', qui ne sont pas députés, mais qui occupent de havites situations. »

» Mais il faut bien que cette Commission vous avoue que si elle est puissante pour instruire les faits et pour signaler les injustices, elle est malheureusement impuissante souvent à les réprimer, parce qu'elle rencontre dans les administrations, dans les ministères, dans les bureaux qui sont entre les mains de nos adversaires, alors même que nos FF.', sont à la tête de ces administrations, des obstacles quelquefois insurmontables. (Bruits et applaudissements.) Mais ne cessez pas cependant d'avoir recours à la Commission des Requêtes ; bien souvent elle a pu agir efficacement, non pas par elle-même, mais par les truchements dont elle se servait et, en tout cas, elle possède des dossiers extrêmement intéressants sur la valeur dt^s hoinmes, dossiers qui nous permettraient un jour de dire d'une façon certaine : celui-ci est un faux frère ne vous fiez pas à lui.» (Très bien ! )

« Nousne vouspromettons pas de faire merveille, mais vous aurez au moins le dévouement detous ceux qui, appartenant de près ou de loin à l'administration ou au Gouvernement, ont conservé jusqu'ici le dévouement aux sentiments républicains et au sentiment maçonnique. " (Applaudissements.)

(i) Le F.'. Jules Doinel, orateur de la Loge /es Adeptes d'Isis Montyon d'Orléans, le 25 mai 1887. Chaîne d'Union, 1887. page 38q.

mystères ? Nous savons bien quels services ils ont rendu, sous tous les régimes politiques (i). »

Et voici ce qu'elle impose, par les Loges, à ces profanes dont elle se moque :

/, « Les questions urgentes à résoudre par la Franc- Maçonnerie sont :

1° L'épuration des fonctionnaires publics ; 2" Les moyens d'atteindre le clergé ; 3** La revision territoriale des communes et de leurs franchises. »

(Le F.". Gqyraud, rapporteur de la Commission nommée pour l'étude des questions à soumettre aux Loges françaises, en décembre i888, dans le Bulletin de la Grande Loge Symbolique Ecossaise, vol. IX, pcige 2o6.)

Les serfs soumis, afïeciés à ces besognes politiques « répugnantes » et « dangereuses n, appelés à « rendre des services », sont les deux cents Frères que la Franc- Maçonnerie a envoyés au Parlement. Elle les somme formellement d'obéir à ses ordres impératifs, car

.*, « Il faut que la Franc-Maçonnerie reste ce qu'elle doit être, la maîtresse et non la servante des partis politiques '2). »

En conséquence, concluent les Enfants de la Veuve :

^*. « Nous revendiquons formellement l'intervcni ion des membres du Conseil et du Parlement pour faire cesser toutes les tracasseries injustifiables dont sont spécialement l'objet les fonctionnaires qui appartiennent à la Franc-Maçonnerie, de la part des réactionnaires et des soi-disants républicains (3). »

(i) Le F.-. Rousseau, médecin, Orateur de la Loge " Les Frères du Mont Laonnais " de Laon, le 25 janvier i885. Journal de la Maçonnerie Universelle, i883, page Sg

(2) La République maç. Déclaration offic. dans son numéro du 3o avril 1882.

(3) Le F.". Montaiibery, rédacteur en chef de la République des Hautes Pyrénées, délégué de la Loge " La Propagande de la Vraie Lumière » de Tarbes, le i5 septembre 1888. Journ. offic. de la Maç. franc., année 1888, page 52o.

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^\ « Il est bon que nous rappelions de temps à autre à ceux de nos Frères que notre confiance, parfois naïve, a placés à la tête des affaires de la République, qu'il est de leur strict devoir de protéger ceux de nos Frères qui luttent ou qui souffrent pour le triomphe de nos principes, et de prouver que, lorsque nos adversaires touchent à un seul membre du corps maçonnique, immédiatement le corps tout entier tressaille, prend la défense de l'attaqué, répare le dommage causé et rend l'attaque avec usure (i). »

Dociles, les députés maçons s'empressent d'obéir à ces ordres si nettement formulés et de faire connaître leur soumission absolue :

*^ « Nous avons organisé dans le sein du Parlement un véritable Syndicat de Francs-Maçons, pour obtenir des interventions extrêmement efficaces auprès des pouvoirs publics (2). »

*^ (( Nous, membres du Conseil de l'Ordre et membres du Parlement, nous ne cesserons de travailler pour faire que tout Maçon qui aura été persécuté, poursuivi, attaqué, à cause de ses opinions politiques, républicaines ou jnaçonniques, ait obtenu une juste et légitime réparation (3). »

Les travaux politiques francs-maçonniques dans le Parlement français, ont donc une existence officiellement avouée et reconnue. Nous allons examiner leur but et leur nature.

,*, « Nous voulons, nous Maçons français, après avoir donné à notre pays le régime républicain et démocratique, en faire un instrument supérieur qui puisse nous permettre de réaliser le progrès que nous poursuivons. »

(1) Le F.*. Francolin, membre du Conseil de l'Ordre, le 27 déc. 1884. Mcmor. du Rite Ecossais anc. accepté, Org. offic. du Rite en France. N» 85, page 40.

(2) Le F.'. Blatin, député, maire de Clermont-Ferrand, conseiller général du Puy-de-Dôme, le i5 sept. 1888, Journ. offic. delà Mac. franc., année 1888, page 529.

(3) Le F.'. Desmons, député, le 19 sept. 1887, dans le Journ. offic. de la maç. franc., année 1887, page 685.

« Nous voulons, nous Maçons français, que dans notre démocratie, la liberté et la puissance de l'individu ne rencontrent d'autres limites que celles qui tiennent à l'universelle relativité des choses humaines (i). »

Ici ce place un aveu significatif :

/^« Le Progrès n'est guère qu'un mot, qu'un rêve, que l'ombre d'un songe (2). »

Et un des Frères que la Franc-Maçonnerie française a le plus haut placé, s'en plaint mélancoliquement, car le F.'. Le Royer, président du Sénat, a déclaré dans la Loge « Le Parfait Silence » de Lyon, le 6 mai 1862, que :

/, « Il n'est pas possible de se dissimuler que l'Institution maçonnique subit depuis plusieurs années, dans son développement et dans son importance, un regrettable temps d'arrêt. »

« Le remède à ce que rien ne persiste à entraver notre marche et l'accroissement de nos forces, vous l'entrevoyez (3). »

Le F.*. Président du Sénat affirme que ses Frères « entrevoient » ce remède, mais il n'a pas la franchise de la formuler.

D'autres Frères, moins haut placés, sont plus explicites et le F.'. Moulnier, délégué officiel du Grand- Orient de France au Congrès maçonnique des Loges de l'Ouest en 1886, a fait, le 27 juin 1886, la déclaration suivante au dit Congrès :

,*^ « La Franc-Maçonnerie voit avec peine que les magnifiques promesses du grand mouvement de 1789 n'ont pas encore reçu leur réalisation et leur développement en dehors de ses temples. »

« Elle désire ardemment la réalisation prochaine de ces promesses et l'application pratique des grands principes qui ont été proclamées par nos pères. »

(1) Le F.'. Faure, député, le 3i oct. i885, dans le Jouni. offic. de la maç. franc., année i885, pages 692 et 6gg.

(2) Le F.'. Edmond Lepelletier, puhliciste et vénérable de la Loge « Les Droits de l'Homme », en déc. 1884. Le monde maç., vol. XXVI, page 264.

(3) Compte rendu offic. du centenaire de la Loge, pages 8 et 9.

« Nous ne nous réunissons pas dans nos Congrès pour procéder uniquement à des batteries, mais pour accomplir, au profit du monde profane, la mission qui nous incombe d'être les dignes enfants de nos pères de 1789. »

« Sommes-nous réunis pour marquer le pas ? Non, n'est-ce pas ? »

« Sans doute, nous sommes une association d'hommes très graves, très sérieux, mais nous sommes aussi des hommes d'avant-garde. »

« Ne l'oublions Jamais ! (1) »

Cette résolution d'achever l'œuvre de la Révolution en préparant les voies à l'anarchie sociale n'est pas spéciale au rite français. On s'en convaincra à la lecture du passage suivant de l'important discours prononcé le 4 août 1889, à l'occasion de la Fête d'Ordre et du Centenaire de l'abolition des privilèges, par le F.\ Comby, grand orateur du Souverain Grand Conseil général de l'Ordre de Misraïm :

/, « Si nos pères nous ont légué une œuvre incomplète, s'ils n'ont fait qu'ébaucher une tâche qu'il nous reste à achever, 89 n'en marque pas moins l'abaissement, sans retour possible, des deux classes privilégiées d'alors, la Noblesse et le Clergé, et l'avènement au pouvoir du Tiers-Etat ou de la Bourgeoisie.

» La Révolution de i83o, celle de 1848, et d'autres dates plus récentes encore, n'ont été, chaque fois, qu'une nouvelle confirmation de cette omnipotence bourgeoise. » Reste à émanciper une autre partie de la nation, de beaucoup la plus nombreuse et aussi la plus intéressante, parce qu'elle est la plus utile, parce qu'elle seule travaille et produit, parce qu'elle est, en un mot, sinon l'unique, du moins, le facteur le plus considérable de la richesse nationale.

» Si le Tiers-Etat ou la Bourgeoisie peut revendijquer dans 89 la date de son émancipation, le Quatrième-État, le Peuple, lui, sous le nom d'ouvriers, de paysans, de mineurs... etc., attend encore la sienne... Mais cette date viendra nécessairement, car ce Quatrième-Etat, qui

(1) Compte-rendu off. du Congrès, pages 8 et g

a pour lui le nombre, partant, la force, finira, si on ne les lui accorde, par se lasser d'attendre ces réformes que l'on fait adroitemeut miroiter à ses yeux, en les promettant toujours sans les lui donner jamais, réformes qui doivent lui faire, enfin ! dans la Société, la place qu'il réclame en vain depuis si longtemps....

)) Et ces réformes, ces revendications, le peuple ne se contente plus, comme autrefois, de les balbutier timidement, il les articule maintenant tout haut, conscient qu'il est de sa force et de son droit, et les formule ainsi :

» La mine aux mineurs ; » La terre aux paysans ; » L'usine aux ouvriers ;

et, se réclamant de la grande Devise, il résume toutes ses revendications en demandant : la Socialisation du Capital et de tous les instruments de travail....

» Oh ! je sais bien que ce mot de Socialisation, c'est-àdire la mise à la portée de tous, et par égale part, de toutes les utilités avec les conséquences qu'elles entraînent au point de vue du bien-être général, je sais bien que cette juste répartition du travail, de l'outillage et du bien-être, n'est pas sans inquiéter, sans effrayer même cette minorité qui règne en souveraine aujourd'hui

» Les monopoleurs, les privilégiés, les accapareurs de toutes sortes, à l'image de ces monarques de l'Europe qui, à la nouvelle de l'exécution de Louis Capet,

«... en hâte, à leurs fronts blêmes.

Pour retenir leurs tremblants diadèmes, Portèrent leurs royales mains -^ ,

les puissants du jour, dis-je, à ce mot de Socialisation, tremblent à la seule pensée de voir leur échapper les instruments de leur domination, instruments que la plupart détiennent contre tout droit et toute justice. . . .

» Et pourtant, ils ne voient pas, ou, plutôt, ne veulent pas voir que leur hégémonie actuelle reconnaît pour base et pour origine un fait historique analogue, que le temps a consacré.... En effet, mes FF.-., lorsque furent

' décrétées biens nationaux les propriétés du clergé, et, plus tard, celles des émigrés, ces biens furent nationalisés au profit presque exclusif des membres de la bourgeoisie qui, pour une poignée d'assignats presque sans valeur, ou même, en usant d'expédients d'une correction plus que douteuse, entrèrent en possession de ces biens La grande majorité des fortunes actuelles ne reconnaît pas d'autre origine... Eh bien ! mes FF.'., les défenseurs les plus ardents du régime actuel, les champions les plus enthousiastes et les p-lus convaincus de la propriété telle qu'elle est constituée et répartie de nos jours, ne sont autres que les petits-fils de ces membres du Tiers qui ont dû leur fortune, il y a un siècle, à l'expropriation brutale de ceux qui la détenaient alors. . .

» Aussi, si elle voulait tant soit peu consulter l'histoire, la classe privilégiée d'aujourd'hui verrait combien sont peu fondées ses protestations, lorsque le Quatrième- Etat réclame la Socialisation du Capital et de l'outillage, socialisation qui n'est autre chose que la nationalisation de toutes les utilités actuelles, non plus, cette fois, au bénéfice de quelques-uns, mais au profit de tous...

» Certes, un tel état de choses, avant de s'établir, rencontrera bien des résistances de la part de ceux qui détiennent les monopoles de toutes sortes. Notre génération est-elle appelée à voir disparaître ces monopoles, ces privilèges variés qui se traduisent surtout sous cette forme générale : l'accaparement des capitaux, accaparement qui entraîne nécessairement avec lui, comme conséquence, la totalisation des bénéfices au profit de ceux qui possèdent ces capitaux, et au détriment de ceux qui sont les véritables facteurs de ces bénéfices?.,. Sommesnous appelés à voir se produire une réédition de la nuit du 4 août? Et verrons-nous les puissants du jour, dans un élan de générosité semblable à celui dont firent preuve, dans cette nuit mémorable, les classes privilégiées, verrons-nous, dis-je, les puissants du jour renoncer, sinon à la totalité, du moins à quelques-uns de ces privilèges qui contrastent si étrangement avec les trois termes de la Grande Devise?

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» Celte transformation, je dirai même cette rénovation sociale — car toutes ou presque toutes les pièces qui composent, de la base au sommet, ledifice social sont à changer — cette rénovation, dis-je, comment s'accomplira-t-elle? Nul ne le sait; mais ce que nous savons tous, c'est que, si des résistances intéressées s'opposent à ce qu'elle s'opère successivement, par une série de réformes progressives, comme il est permis de l'espérer dans une grande nation qui a pris, depuis un siècle, pour devise: « Liberlé — Égalité— Fraternité », eh bien! mes FF..", il se déchaînera sur notre société une de ces crises formidables, il se produira un de ces bouleversements gigantesques tels que l'histoire n'en a jamais enregistrés chez aucun peuple et dans aucun temps; en un mot, les différentes voies qui doivent nous conduire à ce but, et les moyens à mettre en œuvre pour arriver à la solution du redoutable, problème social, se résument dans ces deux termes: Évolution ou Révolution...

» Eh bien, mes FF."., cette question sociale, si formidable qu'elle nous paraisse, si grosse qu'elle soit d'aléas de toutes sortes, nous trace elle-même et nous montre sous son vrai jour, dans toute son ampleur et aussi dans toute sa sublimité, le rôle que doivent remplir, le chemin que doivent suivre, sans s'en écarter jusqu'à ce que le but soit atteint, tous ceux qui, comme tous les membres de notre grande famille, sont animés de sentiments humanitaires, et, comme tels, comprennent que tout doit être mis en œuvre pour que cette question sociale se résolve pacifiquement, et qu'il est temps enfin que le règne de l'égoïsme et de l'iniquité fasse place à celui de la Justice et de la Fraternité... »

Il convient de lire également dans le Bulletin du G.". O.-. de France. — Juillet 1889. — Pages 352, 353 et 354, le discours de clôture du F.". Petrot, Orateur du Convent.

/, « C'est toujours la même préoccupation des Loges de diriger la prochaine révolution sociale pour la faire conformément aux principes de la secte et à la plus grande gloire du Grand Architecte. (Lisez Satan.)

)) Mais que cette affirmation est vraie aussi, et qu'elle nous trace bien notre devoir I Sous peine d'être stérile, la Révolution doit être complète !

» Oui. mes FF.\, c'est en agissant, en agissant encore et toujours, que nous pouvons nous acquitter de la tâche que nous ont léguée nos aïeux de la Maçonnerie, ceux à qui nous sommes redevables de ce qu'il y a de bon dans l'état social actuel, ceux dont nous avons assumé l'écrasante mission d'être les successeurs...

» En préparant la grande Révolution, en lui donnant, sinon des principes, du moins des formules, en continuant ensuite son œuvre à travers toutes les difficultés, tous les périls et toutes les réactions, la franc-maçonnerie a été le grain qui germe et qui a donné celte moisson, à la France la République, au monde l'esprit d'indépendance.

» Mais gardons-nous de nous arrêter dans cette voie; le chemin parcouru n'est rien, tant que le but n'est pas atteint; et le but de l'Humanité, soumis à la loi fatale du progrés indéfini, appelle constamment les efforts des hardis pionniers qui, comme les Francs-Maçons, ont entrepris d'en faciliter l'accès, à ceux qui viendront après eux.

» A côté des satisfaits qui, regardant en arrière, ne songent qu'à se réjouir et à se féliciter, sans paraître se douter que l'inaction est une défaillance et une abdication, soutenons également de notre exemple, et réveillons de notre Sursum cordai ceux que la difficulté de la tâche pourrait effrayer et qui songeraient à se laisser aller au découragement.

» Eh ! quoi, ce serait en vain, et pour que leurs dévouements et leurs sacrifices n'aient rien produit, que se serait succédé la longue liste des penseurs et des martyrs qui ont lutté, qui ont souffert, qui sont morts pour assurer au monde des destinées plus radieuses ! Toutes les glorieuses victimes que l'Eglise, la Monarchie, les tyrannies de tous genres ont semées le long de l'histoire, auraient inutilement payé de leur existence le désir qui les enflammait de donner à 1 humanité le bien-être dans

la justice ! Et des hommes qui ont au cœur le même sentiment qui les poussait, seraient assez lâches pour se désintéresser d'une cause aussi noble, aussi noblement défendue !

» Vous, mes FF.*., qui dans vos Or.*, avez la responsabihté et l'honneur de l'apostolat démocratique, vous dont les temples sont l'atelier calme et pacifique où s'élaborent les grandes idées destinées à se répandre ensuite dans l'univers pour le plus grand bien de tous, je vous en adjure, au nom du passé de la Mac.-, qui nous lie, et au nom de l'avenir dont la sauvegarde est entre vos mains, puisque la République est le régime de tous : n'hésitez pas, cela est nécessaire, à réagir contre ce double courant également fatal, la satisfaction oisive, inactive — et le dégoût, l'abandon, la défection. »

Le F.". Canipiiîcq, vâpporleuT du Congrès et Vénérable de la Loge « Les Amis de l'Ouest de Niort » , a fait au Congrès maçonnique des Loges de l'Ouest, le 27 juin 1886, la déclaration suivante qui complète celle qui précède :

/^ « Peut-être nos Congrès n'ont pas rendu tous les services qu'on était en droit d'en attendre. »

« Que faisons-nous, en effet, trop souvent ! On discute beaucoup, on agit très peu. »

« Ce n'est pas cependant en célébrant les bienfaits de la Maçonnerie, ce n'est pas en nous hypnotisant devant son passé, quelque glorieux qu'il soir, que nous augmenterons son influence. »

« Imitons l'exemple de l'Assemblée Constituante qui, après avoir jeté dans la Déclaration des Droits de l'Homme les lignes générales du programme, alla droit au but dans l'application, raide, impassible, sans pitié (i). »

Comment la Franc-Maçonnerie entend-elle aller droit au but ?

/. « Tant dans l'ordre politique que dans l'ordre social, toutes les réformes faites n'ont eu lieu que quand la

(1) Compte rendu off". du Congrès, page i3.

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poussée de bas en haut a forcé les gouvernants à les faire, et c'est par celte poussée de bas en haut que nous vaincrons toutes les résistances (i). »

La « poussée de bas en haut » qui force les gouvernements, va nous être révélée avec précision par des déclarations officielles, authentiques, indéniables :

* ^ « Le moment est venu de briser ce vieux moule autoritaire et monarchique dans lequel étouffe la société égalitaire issue de la Révolution et de poser les termes des problèmes sociaux qu'il n'est pas permis de négliger : la protection des déshérités de la fortune et la répartition des richesses (2). »

Comment les Francs-Maçons entendent-ils « briser ce moule » ?

^\ « La Franc-Maçonnerie a toujours préparé dans les temples toutes les victoires de la rue (3). «

,\ « Autocrates ! La Franc-Maçonnerie se joue de votre puissance passagère ! »

« Hommes des ténèbres : elle vous anéantit par la science ! »

« Et le Gouvernement de la République est avec nous, et ses aspirations sont les nôtres (4). »

Et comment entendent-ils « protéger les déshérités de la fortune » ?

,\ « La question sociale qui consiste dans l'existence évidente d'abus dont souffre notre Société qui ne sait faire que des pauvres et des riches qui ont peur des pauvres, ne peut être résolue ni par les crèches, ni les salles d'asile, ni les établissements destinés à faire vivre les malheureux et à recevoir leurs enfants. »

(1) Le F".-. Capot, Franc-Maçon dirigeant de Tours, le 24 décembre 1802, aux Loges réunies de Tours. Républ. maç., 21 janv. i883.

(2) Le F.-. Doumer, député, le 19 septembre 1887. Journ. off. de la Mac. franc., année 1887, P^g^ ^^8.

(3) Le F.'. Schacre, architecte et député à la Grande Loge Symbol. Ecossaise, en juin 1889 Bullet. de la Grande Loge Symb, Ecossaise, vol. X, page 57.

(4) Le F.-. Delamare, Orateur de la Loge <( La Persévérance Couronnée » de Rouen, le 28 juillet 1888. Journ de la Maç. Univ., année 1886, page 497.

« Ces fondations lendent, sinon à perpéluer, du moins à prolonger l'état aigu de la question sociale (i). »

Donc, plus d'établissements destinés à faire vivre les malheureux ! Pauvres dupes ! Voici ce que la Franc- Maçonnerie leur offre en échange :

,\ « La question sociale ne peut être résolue, les maux qui affligent la société actuelle ne peuvent disparaître que par la destruction immédiate, violente et radicale, de tous les abus qui en sont cause, et par la suppression de la propriété individuelle. »

« 11 faut faire table rase de tout. Ensuite, chaque individu agira et chaque groupe se reconstituera à sa guise (2). »

Et à ceux que cette déclaration « faire table rase de tout » effrayerait, la Franc-Maçonnerie offre une autre formule :

/. « Aujourd'hui le fait social est la négation du droit politique, et l'œuvre à poursuivre est de mettre en harmonie le fait avec le droit. »

« Pour atteindre ce but, il est nécessaire que Voutillage national, quï ne peut plus être possédé individuellement par celui qui le fait fonctionner, devienne propriété collective, au lieu de rester aux mains d'une féodalité capitaliste. ))

« En un mot, il faut républicaniser la propriété comme le Tiers Etat a républicanisé le pouvoir (3). »

Sûrs de leur puissance, certains de leur force, les Francs-Maçons ont impudemment jeté leur masque en politique, et une des « lumières » de l'Ordre, le chef de la Franc-Maçonnerie dans l'Orléanais, le F.'. Doinel, Orateur de la Loge « Les Adeptes d'Isis-Montyon »

(i) Le F.-. Martin Nadaud, député et questeur de la Chambre des Députés, en février iHyS. Journ. de la Mac. Univ., 1875, page 207.

(2) l.e F.-. Cabossel, membre de la Cornmission d'Etudes de la Loge « Le Lien des Peuples » de Paris Répiibl. maç., 6 novembre

(3) Déclaration faite aux Francs-Maçons français le 2 juin 1888 par les Loges de Paris « r,a République démocratique ", « L'Amitié » et « les Droits de l'Homme » et publiée par le Bulletin de la Grande Loge Syrnb. Ecossaise, vol. IX, page i35.

d'Orléans, a ohienu un triomphe enthousiaste le 24 novembre 1886 en déclarant hautement :

*^ « Nos ennemis nous accusent d'être des destructeurs et des révolutionnaires. »

« Et ils ont raison. »

« Tant qu'il y aura des gens qui se gorgent et d'autres qui meurent de faim, nous serons des destructeurs, nous serons des révolutionnaires. »

« Tant qu'il y aura un sacerdoce qui amusera les nations avec des espérances fallacieuses pour leur faire supporter la tyrannie des rois, des financiers et des exploiteurs, nous serons destructeurs, nous serons des révolutionnaires. »

« Tant que les Sociétés seront couvertes de l'ombre du moyen âge, de ses institutions et de ses idées, nous serons destructeurs, nous serons desrévolutionnaires(i).))

Révolution? Destruction de l'ordre social ! Et contre qui la faire et comment la réaliser?

/, « Aujourd'hui quatre classes oppriment le peuple : l'épée, la robe, la bourse et la soutane. »

« Ces quatre classes forment toute la bourgeoisie qui ne vit que du peuple, de ses productions et de son travail. »

« La bourgeoisie triomphante de la corporation et dominant la commune, a ravi au peuple toute propriété, toute liberté, toute égalité. »

« En vain, pour être gouverné, le peuple donne son sang, sa sueur, son or et ses droits à des dirigeants effrontés et hypocrites qui le ballottent sans cesse de l'anarchie au despotisme, qui le font tourner sans cesse dans un cercle infernal. »

« Que le peuple se souvienne de 1789, de 1848 et de 1871 ! Qu'il s'organise, et il sera prêt, qu'il soit uni, fédéré, et il sera fort (2). »

La Franc-Maçonnerie française veut donc la fédération du peuple français pour la destruction de l'ordre social

fi) Jo'rrnal. de la A/aç. Uiu'v. Année 18*^7. page i5. (2) Le F/. Fleitry, membre du Conseil de l'Ordre et Inspecteur pénitentiaire. Revendications sociales, 78 et 4

et pour la « républicanisation de la Propriété ». Mais elle veut cette anarchie sociale avec ses Loges comme cadres, et avec ses Frères dirigeants comme chefs :

/^ « Persuadons bien les ouvriers, en leur ouvrant aussi largement que possible les portes de nos temples, que la République, non pas telle que nous lavons, mais telle que nous voulons l'avoir, est un terrain où tout ce que les prolétaires peuvent réclamer pour améliorer leur condition, est sûr d'être obtenu par remploi résolu des volontés ouvrières [i). »

En présence de ces faits officiels, avérés, prouvés et indiscutables, il semblerait que la Franc-Maçonnerie française dût être mise hors la loi par la France.

Et si tel n'est malheureusement pas le cas, c'est à l'ignorance presque absolue des faits que nous venons de consigner, dans laquelle les Frères dirigeants entretiennent soigneusement la masse delà nation et la grande majorité des Francs-Maçons, qu'est due cette impunité, si fatale à la France et à la société tout entière.

En voilà la preuve éclatante.

Du 7 au 17 juillet 1889, la Franc-Maçonnerie française a réuni la Franc-Maçonnerie Universelle dans un Congrès International.

Le F.' .Francolin,un des chefs incontestés de la Franc- Maçonnerie, a été chargé de prononcer, le 17 juillet 1889, le discours de clôture de ce Congrès, et il a déclaré :

/, « Les Loges des départements ont pour mission de faire naître le mouvement en avant, de l'exciter, de l'entretenir. »

« Les Loges de Paris ont à le modérer (2). »

Et tous les Francs-Maçons présents et absents ont dû (( livrer à leurs méditations » l'œuvre « importante et nécessaire » de la Loge « Théléme » de Paris, intitulée :

(1) Le F.'. Desmons, député et membre du Conseil de l'ordre, le 18 Févr. 1884, dans la Loge " Justice et Vérité » de St-Quentin. Journ. de la Mac. Univer. 1884, page i5o.

(2) Compte rendu off. du Congrès, page 45.

UÉCl. A RATION DES DROITS DE l'hOMME ET DU CITOYEN EN l8^(j.

« Art. I. Les hommes naissent et demeurent libres, égaux en droits et soumis aux lois fatales d'une universelle solidarité.

Art. ?. Les droits de l'homme sont fondés sur la nature même des choses, antérieurs et supérieurs aux lois positives, imprescriptibles et inaliénables.

Art. 3. Ils sont placés sous la protection de tous. Le gouvernement est institué pour en garantir la Jouissance à chaque citoyen.

Art. 4. La garantie sociale repose essentiellement sur la souveraineté du peuple.

Art. 5. La souveraineté réside dans l'universalité des citoyens, elle est une et indivisible, imprescriptible et inaliénable.

La République est le régime qui consacre et sauvegarde cette inaliénabiiité.

Art. 6. Le principe de la souveraineté du peuple suppose le droit à l'existence qui est le premier des droits de l'homme. La société doit garantir à tous les citoyens l'exercice de ce droit, soit en leur procurant du travail, soit en assurant les moyens d'existence à ceux qui sont hors d'état de travailler.

Art. 7. Nulle contribution ne peut être établie que pour l'utilité générale,

Art. 8. Le droit de manifester sa pensée et ses opinions, soit par la voie de la presse, soit de toute autre manière, le droit de s'assembler paisiblement ne peuvent être interdits.

Art. g. Nul ne peut être inquiété dans l'exercice de sa religion, tant que ies cérémonies cultuelles auxquelles il prend part ne troublent pas l'ordre public.

Nul ne peut être contraint de contribuer aux dépenses d'une religion.

Art. 10. L'instruction est le besoin de tous. Elle doit être mise à la portée de tous les citoyens d'une façon gratuite, laique, et obligatoire.

Art. 1 1 . Les fonctions publiques sont essentiellement temporaires.

Art. 12. La propriété ne peut être que la faculté pour

tout citoyen de jouir et de disposer du fruit de son travail et de son industrie (i). »

Et, à la suite de ce Congrès International a eu lieu le Grand Convent de 1889 qui a été clôturé le 20 Juillet 1889 par un discours officiel du F.'. Albert Pétrot, avocat à la cour d'appel, conseiller général et conseiller municipal de Paris, où ce Frère s'est écrié :

*^ « Au nom de l'avenir dont la sauvegarde est dans nos mains, n'hésitez pas, cela est nécessaire, à réagir contre ce double courant également fatal : la satisfaction oisive, inactive et le dégoût, l'abandon, la défection. »

« Union, oui, union, mes Frères ! Mais non pas sur l'incertain, sur l'équivoque. Union dans le travail, sur le terrain de l'œuvre maçonnique à accomplir ! »

« Et, comme la définition la plus exacte et la plus conçue à la fois de l'œuvre maçonnique est que :

« Sous peine d'être stérile, la révolution doit être complète,

« Action, Action, Action pour la République et la Franc-Maçonnerie, qui en est inséparable (2) ! ;>

La Franc-Maçonnerie française fait donc en France une politique de révolution radicale, de destruction de l'ordre social par l'égalité.

L'anarchie, voilà l'ÉGALITÉ franc-maçonnique !

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