C. Imposition
D'abord l'imposition des instituteurs Francs-Maçons: *^ (( Les instituteurs doivent être nommés par les Communes et payés par l'Etat.
» Ils ne peuvent être privés de leur grade ni de leur place, ni de leur traitement que par mesure disciplinaire appliquée, après débats contradictoires, par le Ministre de l'Instruction publique sur l'avis conforme du Conseil Supérieur de l'Instruction publique.
» Les locaux scolaires ne peuvent être atîectés à l'enseignement d'une religion quelconque (3). »
Ensuite l'imposition de l'enseignement de ces instituteurs :
/^ (( lo Obligation pour le père et la mère veuve de conduire de force ses enfants à l'école. »
« 2° Suppression de toute instruction religieuse. »
« 3° Inscription du nom des parents en défaut sur un tableau exposé publiquement devant la maison commune. »
{\) Déclaration officielle du Suprême Conseil de Belgique du f) mai 1875. Bulletin du Suprême Conseil, n" 18, page 27.
(2) Le F.". Henri Berge, Grand-Maître national, membre de la Chambre dts Représentants, le 6 mai 1880. Bulletin du Suprême Conseil, n" 23. page 26.
(3) Résolution officiellement adoptée par la Franc-Maçonnerie belge en 1887. Bulletin du Grand Orient, XV, page 63.
« 4° Condamnation des parents à une amende de cent francs au maximum et en cas d'insolvabilité à des travaux forcés de un à trente Jours au profit delà commune ou à un emprisonnement de un à quinze jours. »
« 5° Comme dernier moyen, enlèvement de r enfant à la direction paternelle .. . »
Ce texte est dû aux travaux du chapitre de \ Union des Flandres, de Gand, dont le président était en i888 le F.", comte Oswald de Kerckove de Denterghem, ancien gouverneur du Hainaut et membre de la Chambre des Représentants, qui s'écriait à ce sujet le 20 janvier 1877:
* ^ « Nous travaillerons activement à faire prospérer l'esprit maçonnique et à combattre tous les préjugés et toutes les superstitions que l'on prétend aujourd'hui de nouveau nous imposer. »
« Nous nous engageons à ne déposer la hache que lorsque la raison sera débarrassée des broussailles dont on l'entoure et victorieusement réhabilitée dans le monde entier 11). »
Après M. le Gouverneur, écoutons M. le Ministre de l'Instruction publique :
'^ « L'instruction, ce levier de l'esprit humain, est l'une des préoccupations constantes delà Franc-Maçonnerie, qui travaille au dehors de ses Loges à obtenir sur ce point et par tous les moyens d'exécution possibles, des résultats pratiques. »
« La Franc-Maçonnerie croit qu'un bon enseignement laïque est le plus puissant moj^en de libéraliseriez populations et que le prêtre doit disparaître de l'école. »
« La Franc-Maçonnerie déclare que l'instruction obligatoire n'est autre chose qu'une conscription de tous les enfants sous la bannière delà civilisation, conscription qui est bien plus juste que le tiz'age au sort, parce qu'elle est féconde, productive et générale. »
« La Franc-Maçonnerie enseigne que l'obligation de l'instruction n'est que la raison d'utilité publique domi-
(ij Bulletin du Suprême Conseil, n" 20, page 21,
nant, comme dans les expropriations, les intérêts et même les droits de l'individu, Là le droit du propriétaire, ici la prétendue liberté du père (i). »
M. le gouverneur du Hainaut dut à son « règlement d'imposition » de l'enseignement franc-maçonnique, son élévation au grade suprême.
Et le jour de sa réception au 33'^ degré, le Grand Orateur du Suprême Conseil, le F.*. Henri Pappaert, avocat et greffier au tribunal d'Alost, s'écriait :
/. (( Francs-Maçons, nous devons, à cette heure oîi la Belgique fait la triste expérience d'une politique réactionnaire, instruire sans relâche le peuple et lorsque nos principes auront pénétré toutes les couches sociales, la réaction aura vécu (2). »
Et le Grand Maître National du Grand Orient de Belgique, le F.". HenriBergé, professeur à l'Université et membre de la Chambre des Représentants, se faisait l'écho de ce vœu et de cette menace en déclarant pompeusement, que :
*^ « Malheur à nous, si le parti qui nous gouverne à l'heure actuelle parvient au moyen des lois réactionnaires qu'il a édictées, à atrophier un Jour l'intelligence de la Nation (3) ! »
Leô Francs-Maçons belges font de cette imposition une question internationale, car, lors de la Fête officielle donnée le 24 février 1884 par le Grand Orient de Belgique, pour consacrer l'union et l'établissement de relations fraternelles entre le Grand Orient néerlandais et le Grand Orient belge, le Frère Wiersma, deuxième Grand Surveillant delà Grande Loge néerlandaise, fit la déclaration suivante :
/,« Nous, fils de la Néerlandedu Nord, nous portons hommage aux réformes que vous avez réalisées en entreprenant contre l'ultramontanisme la lutte en faveur de l'enseignement la'ic. »
(i) Dcclarûiioii du F.-. Pierre Van Hiimbeeck, au Corgrls Maçonnio'ie d'Anvers, le 25 décembre 1864. (2) Btilhtin du Suprême Conseil, r\° 28. page 67. (:■!; Bulletin du Suprême Con<eil, r.o 28, page 71.
« Bien que ce ne soit pas sans peine et sans efforts que nous ayons introduit chez nous l'enseignement neutre, nous n'avons pas encore été mis dans la nécessité de mener ce combat rude, vexant, individuel que vous avez eu à soutenir, et que vous soutenez encore à l'heure actuelle. »
« Dans le cours de ce siècle, nous ^n'avons pas encore gémi comme vous, sous le joug de l'Église. Mais si cette lutte devenait une nécessité pour nous, si les ennemis de la lumière conquéraient jamais la majorité dans les chambres délibérantes de notre pays, la Franc-Maçonnerie néerlandaise se transporterait avec ensemble aux avant-postes pour reprendre le terrain perdu et les plus nobles d'entre nous encourageraient leurs Frères à li lutte contre l'obscurantisme en leur montrant l'exemple donné par vous (i). »
Et qu'ils ont précise' cette note internationale dans le Banquet officiel donné le 24 février 1884 par le Grand Orient de Belgique au Grand Orient de Hollande, où le Frère Jotlrand, en portant la santé des Maçons néerlandais, a fait les déclarations ci-après :
/^ « Imitant votre exemple. Frères néerlandais, nous sommes parvenus à construire pour notre Déesse commune, pour la Liberté de conscience, une citadelle et en même temps un Temple, une acropole comme celle où Athènes abritait jadis la statue de Minerve. C'est l'école neutre, l'école laïque. »
(( Mais chez vous comme chez nous, cette forteresse si péniblement élevée, est assiégée, et les divisions des libéraux menacent de la faire tomber entre les mains de l'ennemi. Unissons-nous pour la défendre (2)! »
Et le Frère L/e/?/ncA:, Grand Orateur du GrandOrient néerlandais, a répondu par les déclarations suivantes :
/^ « Vous avez, en Belgique, accepté ouvertement la lutte contre la domination sacerdotale et l'oppression de
(1) Bulletin du Grand Orient de Belgique, X et XI, pages 81 et 82.
(2) Bulletin du Grand Orient de Belgique, X et XI, page io3.
la conscience. Ne reculez point. Dans cette lutte vous pouvez compter sur nous (1). »
Pourtant, voici dans toute sa vérité l'enseignement en Belgique tel que le veulent les Maçons :
/. « Depuis quinze ans la Belgique a senti, peut-être autant par instinct que par raison, la nécessité, l'urgence même d'un développement rationnel de l'esprit des masses. Son premier effort, la loi scolaire de 1879, a moins échoué qu'on ne le dit. Il a porté un coup fatal à l'autorité que le prêtre avait usurpée dans l'école. Il a aussi multiplié les écoles, et, dans une certaine mesure, il a touché à l'erreur de la méthode en introduisant des tendances plus scientifiques.
» Et aujourd'hui l'opinion publique a été amenée entin à l'idée de propager l'enseignement professionnel, d'organiser des cours d'apprentissage, de répandre des notions pratiques et de faire de ces enseignements la base même de l'éducation des masses.
» Chose étrange ! les cléricaux rivalisent avec les libéraux afin de satisfaire ce qu'ils jugent être un vœu de l'opinion publique et cependant, les cléricaux, en agissant ainsi, travaillent inconsciemment contre leur propre cause.
» Le jour oij les lois naturelles seront connues des masses, où l'enseignement, d'abstrait qu'il est, sera devenu concret, où la méthode synthétic[ue et idéaliste aura fait place à l'analvse et à l'observation du réel, où la masse du peuple aura trouvé dans l'école un enseignement complet, adapté à sa force intellectuelle et à ses véritables besoins de culture, ce jour-là le rôle des Eglises sera fini.
» La tutelle qu'elles ont exercée sur le monde n'aura plus déraison d'être, parce que l'Humanité aura trouvé en elle-même, et sans le secours d'une puissance surnaturelle, les règles de justice et de moralité qui lui voilent encore l'ignorance et le mysticisme (2). »
(i) Bulletin du Grand Orient de Belgique, X et XI, page 108. (2) Le F.-, de Vergnies, le 24 février 1888. Bulletin du Suprême Conseil, r.o 3) , pages 78 et 79.
Forcer le peuple belge à recevoir un enseignement sans Dieu et sans morale, voilà le but véritable et secret de l'action que la Franc-Maçonnerie belge exerce sur l'enseignement en Belgique.