Dans les cœurs
/, « Ce que la Franc-Maçonnerie combat dans les religions, c'est leur intolérance, ce sont leurs dents et leurs griffes de bêles fauves ; si elles s'en dépouillaient, nous pourrions vivre en paix avec elles, comme nous laisserions errer en liberté les lions et les tigres s'ils voulaient bien cesser de mordre et de déchirer (2). »
« Il y a une tendance, de la part de certaines Loges, à prendre position vis à vis de la religion. »
« Elles refusent de tirer la batterie sourde en mémoire
(1) Bulletin du Grand Orient de Belgique, I, page 10 1.
(2) Le F •. Gustave Jottrand, avocat et 33"», le 10 mars lî Bulletin du Suprême Conseil, n° 24, page 26.
des maçons dont les funérailles ont eu lieu avec le concours d'un culte. »
« Elles refusent de recevoir dans la Loge, à cause de leur mariage, les Frères qui se sont soumis à des cérémonies religieuses. »
« Elles refusent d'admettre à l'adoption les enfants qui pratiquent un culte ou qui font la première communion (i). »
*^ « La Franc-Maçonnerie ne suit pas les traditions du passé. Elle marche dans des voies nouvelles. »
« Et comme les religions jettent aujourd'hui le discrédit sur ceux qui n'appartiennent pas à leur secte, il est juste que les Francs-Maçons trouvent dans la Franc- Maçonnerie une compensation à l'estime que leur irreligion peut leur avoir fait perdre au dehors; il est juste que la Franc-Maçonnerie récompense les Maçons qui font acte d'énergie en mettant leur conduite dans la vie profane en conformité avec leurs idées maçonniques. »
« La Franc-Maçonnerie est tenue d'encourager la rupture avec toutes les religions et de décorer ceux qui se trouvent au premier rang sur le champ de bataille (2). »
Et le jour même où le F.*. Charbo, professeur à l'universilé et Grand Orateur du Grand Orient, faisait l'appel si pressant à l'intolérance la plus absolue que l'on vient de lire; le même jour, le 19 février 1887, comme pour mieux bafouer l'opinion publique, le Grand Orient de Belgique a déclaré à l'unanimité que :
,\ « Considérant qu aucune Loge n'a contrevenu aux principes de la tolérance proclamés par l'article I des statuts de l'Ordre, le Grand Orient décide de laisser à chaque Loge l'appréciation de ce qui est le plus favorable au développement du sentiment maçonnique (3). »
La haine contre l'Église catholique est donc avouée.
La voici proclamée !
(1) Le F.'. Henri Taverne, directeur du Mont-de-Piété et Grand Secrétaire du Grand Orient de Belgique, le ig février 1887. Bulletin du Grand Orient, XW, page 40.
(2) Bulletin du Grand Orient, XV, page 40.
(3) Bulletin du Grand Orient de Belgique, XV, page 41 .
Le 29 juin 1884,1e Grand Maître National, comte Goblet d'Alviella, a porté aux représentante des autorités maçonniques étrangères présents au banquet annuel du Grand Orient de Belgique, le toast suivant :
/. (( Vous savez, illusires Frères, que la Maçonnerie belge est une Maçonnerie d'avant-garde dans la lutte que notre Ordre soutient partout contre les prétentions de la théocratie romaine. »
« Et ce n'est pas au lendemain des dernières calomnies papales que vous nous reprocherez, dans ce pauvre pays livré à l'oppression cléricale, de relever le gant jeté par les serviteurs du Vatican à tout ce que nous aimons et à tout ce que nous recherchons. »
« Car si nous voulons la guerre, et une guerre à mort contre celte Église qui prétend à la domination universelle des corps et des âmes, c'est pour arriver au triomphe de nos principes qui sont aussi les vôtres (i). »
Mais cela ne sutïit pas aux Francs-Maçons belges qui tiennent à la p?^oclamer hautement, solennellement :
*^ « La Franc-Maçonnerie est la véritable ennemie de la religion catholique et elle a pour mission de s'occuper des questions politiques et sociales. »
« Et quand les hommes des ténèbres répandent l'ignorance, la superstition et le fanatisme, et mènent les populations à l'abrutissement et à la décrépitude, nous avons la mission de planter le drapeau du libre examen, de répandre l'instruction, d'éclairer et de protéger toutes les victimes de leur funeste influence. »
« Et à cette mission nous ne faillirons pas (2). »
En se promettant leur triomphe prochain ;
,\ « A la fois traditionnelle et progressive, locale et cosmopolite, la Franc-Maçonnerie, tout en se donnant pour but essentiel le triomphe de la liberté et de la raison, possède une plénitude d'organisation qu) la met en état de rivaliser avec sa grande ennemie : l'Église de Rome, et qui fait d'elle le complément naturel, je dirai même nécessaire du parti libéral. »
(1) Bulletin du Grand Orient de Belgique, X et XI, page 5i.
(2) Le F.'. Henri Berge, Grand Maître national, le 23 avril iS/S. Bulletin du Grand Orient, II, page 1 13.
« Et si les conquêtes individuelles réalisées par la libre pensée n'ont pas encore arraché définitivement nos classes éclairées aujoug' de la superstition, c'est que nos libéraux ont poursuivi un idéal négatif, au lieu de venir chercher dans nos ateliers notre système de doctrines positives sur nos droits, nos devoirs, nos rapports et nos doctrines (i). »
Il y a mieux. Les Francs-Maçons belges se font un litre de gloire de cette guerre et de cette haine, car le Grand Maître National, le Frère Goblet,a. fait à Anvers la déclaration suivante le 21 octobre i883 :
/^« Ce sont les Francs-Maçons belges qui les premiers ont pu soutenir la lutte contre la théocratie, cet ennemi naturel de la Franc-Maçonnerie. Ils l'ont acceptée, cette lutte, et ils l'ont ardemment combattue, bien avant que l'Illustre Frère Gambetta prononçât ces mots devenus célèbres : Le Cléricalisme, voilà l'ennemi ! »
« La Maçonnerie belge sait que le Cléricalisme est le véritable et le principal ennemi de tout progrès, de tout affranchissement physique et intellectuel de l'homme. Et c'est en comprenant la position spéciale de lutte faite aux Maçons belges dans un pays inféodé à l'ultramontanisme que tous les Orients élrangers ont noué des rapports d'amitié avec le Grand Orient de Belgique (2). »
Haine à mort, et guerre sans quartier ; voilà l'action de la Franc-Maçonnerie belge dans sa campagne de haine contre l'Eglise catholique.