‹ L'ennui: étude psychologiqueChapitre 24 sur 60 · Pages détachées · texte numérisé non relu

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nelle, des idées tirées de notre fonds; du moins, des intermèdes de moindre santé, suivis de reprises vitales énergiques, dessinent des contrastes saisissants d'ombre et de lumière sur le chemin plat où nous avançons en automates.

Les jeunes gens, en leurs années de force inaltérable, éprouvent obscurément cet ennui à fond de sommeil provenant d'une santé arrêtée au beau fixe, comparable à ce spleen de TOrient qui tombe d'un ciel monochrome, toujours bleu; dans leurs divertissements peu mesurés, absurdes, bons à faire craquer leurs organes qu'ils expérimentent, dans leurs excès à se détruire, il y a la recherche d'un inconnu physiologique, un essai d'aborder sur une terra incognita où ils se réveilleront transformés. Les louches pénétrations de la maladie envahissante introduisent un intérêt de tragédie dans l'âge mûr qui se sent menacé ; mais la cénesthésie monocorde de la jeunesse fait sensation d'ennui dans l'âme incolore et ensommeillée du jeune homme qui ne sait comment prendre conscience de lui-même.

Terminons ces exposés en remarquant que l'ennui par monotonie est le plus physiologique de tous les ennuis, opposable, en cela, à l'ennui par épuisement qui entre déjà dans la pathologie ; il est le premier en date dans l'existence et, intimement mêlé à la vie de tous les jours»

personne ne Tignore, ne l'évite ; il est connu des enfants qui demandent sans cesse des jouets neufs, et des animaux qui font fôte à ceux qui les amusent ; il n'est pas d'heure où il ne nous travaille, n'influe sur nos résolutions, nous conseillant les fugues inconsidérées, les palinodies inexplicables, les sauts dans l'inconnu; nous obligéant, quand il nous pique, de changer, un peu vite et sçms bonnes raisons, de logement, de café, d'amis, d'amour, de chapeaux ou de cravates.

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