‹ L'ennui, ou Le Comte Derfort, comédie-vaudeville en deux actesChapitre 14 sur 23 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

ÂRUNDEL , ROBIN , avec un habit très riches mais ayant consente le reste de son premier costume.

ROBIN

Comment, M. Arundel, c'est moi qui est le seigneur?

ARUNDEL

Oui , mon garçon, et tu Vas toujours etc.

ROIÎIN.

Comment, je le suis , et de naissance... voilà le plus drôle... Je vous demande comment mon père qui était paysan, a t-il eu Tespril de faire un seigneur ?

-ARUNDEL

Rien de plus aise' à t'expliquera mais si tu en doutes...

ROBIN

Du tout, du tout, mon Dieu, je vous crois sur parole; vous l'avez dit , ça suffit , ce n'est pas moi qui voudrais y regarder r-jprès vous; mais voyez queu revirement... Il nV a pas trois heures que j'étais à arroser les laitues de Monseigneur, et maintenant je vas les manger pour mou propre comole.

ARUNDEL

Ça te fait donc plaisir?

ROEÏN.

Parbleu !... il n'y a qu'une chose qui me fait de la peine , c'est de ne pas l'avoir su ce matin avant mon déjeuner, çi aurait fait une fameuse différence.

ARUNDEL

Tu n'as donc pas mange?

R0i3IN.

Au contraire , c est que je nren suis donné,., et qu'il faut que j'attende à ce soir pour avoir derappélit... Qu'est ce que je m'en vais faire jusque-là ?

ARUNDEI^

He bien, promene-toi.

ROBIN

Le beau plaisir , rae promener dans mes jardins , je les connais comme mes poclics, je les ai .':s,scz ratisses.

ARUNDEL

Va clans la bibliollièque , prends un livre,

ROBIN

Faut d'abord que j'apprenne , et je n'ai jamais eu de goût.

Tant pis.

ROB[N

Tant mieus, parce que si j'aunais à lire, je donnerais dans U lecture, et je-n^ peux la souffrir.

ARUNDEL

Monte à clievar.

ROBIN

Et si je tombais^ moi, qui ne v.âs qu'à âne; la santé d'un seigneur est autrement piëcicuse que ctllc d'un jardinier , je ne peux pas comme ça l'exposer.

ARUNDEL

He bien, va voir tes vassaux... Ne disais-tu pas ce matin que si tu étais puissant , tu serais juste, affable, généreux.

ROBIN

Oli I ça. , c'est vrai.

Air : Du nouveau seigneur.

De mes droits en mailre équitable Déjà je me suis informé, 3'ai seul ici rdroit d'êire aimable, J'ai rdioit d'élre tonjours aimé^ J'ons aussi le droit de tout prendre, Enfin jusques au collecteur Que j'ai le droit de faire pendre :

Ah ! le joli droit du seigneur 1

Et je vais commencer par en user; son affaire est bonne.

ARUNDEL

J'en suis fâche, mais c'est impossible; ici y on est oblige de juger les gens avant de les condamner.

Au moius , si j'avais là quelqu'un de mes gens , nous jouerions une partie.

ARUNDEL

Fi donc! ça ne se peut pas... et la dignité de seigneur et \e décorum.

ROBIN

Çi ne 5e peut pas, çi ne se peut pas.., alors, qu'est-ce que Je peux donc, apprenez-le moi ?

ARUNDEL

Très volontiers.

Air : On dit qu^en mariage.

Boire la nuit enticre, S'<^veil!er à midi ; Bailler dans sa bergère Auprès de milady ^ Briguer dans les commune* L'honneur dêlrenon.mé, vSe montrer aux tribunes, En descendre assommé; Vodà quels sont d^abord.

Les devoirs d'im mib^rd.

Par le Morning Chronlclc Banimer sagailé.

Arroser chaque ariicle D^une tasse de ihé; Pour que l'on vous renomme , Acheter du crédit, Ainsi que de l'esprit, Et se croire un grand homme , Quand le journal Ta dit.

Enfin mon cher...

Devant ses dulcinées , ]5oxer, fier cc^muie un roc.

Placer mile guinées Sur la tête d'un coq 5 Toute la matinée Courir à New-Market, Et finir la journée D'un coup de pistolet; A'oilà quels «ont encor Les plaisirs d'un milord-

ROBN.

Ali! que c'est ennuyeux de s'amuser comme ja.

SCEP^iE II.

Les Mêracs, MARIE , tout cssovjjlée.

ROBIN

C'est mam'zellc Marie.

MARIE

Ail ! Robin...

ARUNDEL

Vous voilà, ma chère enfant... Eh bien! Arthur ?...

MARIE

Ah I mon Dieu ! si vous saviez ce qu'il a fait pour moi.

Air : Kers le temple de V hymen.

Un indigne ravisseur M'entraînait malgré mes larmes; Quand j'entends le bruit des armes Et la voix de Monseigneur...

Binon Foutrage et s'avance.

Mais soudain milord s'élance , Et malgré sa résistance I-iC désarme...

m. ROBIN.

Cr* Oh! sur ma foi,

/ De c'récit j'ai l'ame émue ,

Et je veux qu'il continue A s' battre toujours pour moi. (

ARUNDEL , vivement.

11 s'est battu ! ça va bien... et il n'est pas blesse?^

MARIE

Non , Dieu merci.

ARUNDEL

Tant mieux, tant mieux... Cependant un petit coup d'epe'e, ça n'aurait pas mal fait^ mais il faut se contenter de ce qu'on a.

ROBIN

II s'est battu ! comment diable a-l-il fait son compte , lui qui dormait toujours?

ARUWDEL.

Et qu'est devenu noire fou de Baronnet?

MARIE

M. Birton?... il s'est en aile d'un côté, Monseigneur a repris au galop la route de Falkirk, et moi je suis revenue avec M, Màcarty dans la calèche de Milord.

ROBIN

Dans ma calèche , c'est très bien.

ARUNDEL, réfléchissant.

M. Macarty, ce riche manufacturier que j'ai vu ici tantôt... si j'allais... je ne le connais pas , mais c'est égal.

Air : Epoux imprudent , fils reheîle^

II est , dit-on , plein d'hoTineur , de franchise ;

Jamais n'obligeant à demi ^

Que même ardeur nous rlectrise ,

lit conjurons pour sauver un ami.

Puisque l'on voit , dès qu'il faut nous surprendre ^

De l'accord parmi les méchants ,

Dans leurs complots , d'honnêtes gens

Au premier mot doivent s'entendre.

Il sort.

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