MARIE, ROBIN
ROBIN
Allons, allons, v'ià un combat qui me fait honneur; il n'y a qu'une chose qui cloche: Mam'zelle , vous dites toujours Monseigneur, milord Arthur, et à moi, Robin tout court; f vous l'passe, parce que nous sommes seuls , mais en compagnie faudra vous observer.
MARIE
Comment, Robin , il serait possible !... ce qu'on vient de me dire serait vrai ; c'est toi qui es le seigneur ?
ROBIN
Dam', quelle question !... est-ce que vous ne voyez pas l'habit brodé ?
MARIE
Et Lord Arthur.
ROBIN
N'est plus rien dans le château , Mam'zelle ; tout est à moi , sa fortune, ses honneurs, ses de'cor allons...
MARIE
Ses décorations I... comment , tu oserais porter ?...
ROBIN
Eh bien! ses blessures donc, ses blessures qu'il a reçues ea Portugal, si ça ne me comptait pas , ça serait joli.
Air : Va , d'une science inutile. \
Tout c'qu'il a faitd'puis qu'il est Tmaltre , Doit me profiter , c'est mon bien.
MARIE
Pour l'remplaccr, il faudrait êtrt Doué d'un mérite égal au sien.
QuVoiis avez donc la lêt' rétive! Esprit, mérite , et cœtera...
C'est moi qircn ai puisque j'arrive, II n'en a plus puisqu'il s'en va.
MARIE
Aliî mon Dieu, mon Dieu, je ne pourrai jamais m'habituer à ne pas l'appeler Monseigneur.
ROBirf.
Comment, Mam'zclle...
MARIE
J'en suis fâehee, Robin, mais je ne peux pas changer mes affeclions du jour au lendemain, et oublier ainsi celui qui fut noire Lieiifaileur.
ROBIN, en colère.
He bien , v'Ià c'qne j'n'entends pas , Mam'zclle; il n'y a que moi d'jmiître ici; il ny a que moid'airaab!e, de respectable, et si l'on ïn'iiât mettre en colère, je saurai bien vous prouver aussi que je suis votre bienfaiteur... c'est que je chasserui tout le monde, moi.
MARIE
Ab! voiià Milord; oui, c'est lui... Robin, Robin, mais lève-toi doiic, c'est Miiord.
ROBIN, selei^ant.
Là, jVous y prends encore... certainement jVas me lever, mais tous n'pouviez pas dire ; Monseigneur, lève-toi donc.