‹ L'ennui, ou Le Comte Derfort, comédie-vaudeville en deux actesChapitre 2 sur 23 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

BIRTON , étendu sur une chaise et lisant un journal ^ MAC\RÏY ROBIN.

MACARTY , s\isseyani dans une bergère.

Ça m'est e^al, j'.itlendrai; voilà trois fois que je viens pour pariera lord àilhur, cl je lui parlerai.

ROBIN , entrant.

C'est une horreur! une infamie.

BXRTON.

Qu'est-ce que c'est donc qu'un tapaç;^ comme celui-là? Robin ^ vous voiihz donc réveiller tout le monde au château?

ROBIN

Comment, Monseigneur dort encore à une heure de l'aprèsmidi! Dieu de Dieu! qu'on est heunux d'eue gr.ind Seigneur et de n'avoir pas ie temps de se lever plus lot.... moi qui Veux lui parler.

MACARTY, brusquement.

Et moi aussi, et vous vojezqne j'attends.

ROBJN.

Vous qui êtes un étranger, c'est bon; mais moi, son frère de lait et son jardinier, j'devrais passer avant tout.

BIRTON.

Que veux-tu?

J'viens lui demander justice; tenez, M. Birton, vous qui êtes son ami , iraaginez-vous que le collecteur , le percepteur.... je ne sais pas lequel , ont dresse procès-verbil pour un lapin que j'avais tire dans Fparc, et ils m'ont pris mon fusil sous prétexta que c'était la troisième fois qu'on me pardonnait; j'vous demande si ce n'est pas un abus.

BIRTON.

C'est bienfait, pourquoi vas-tu tirer sur les lapins de ton maître?

ROBIN

Mais dam% puisqu'il n'en tue pas.

BIRTON.

Qu'est-ce que cela fait?

ROBIN

Alors, qui est-ce qui les tuera?

Air : Tenez , moi je suis un bon homme.

V'ià justement pourquoi j'enrage;

Qu'il nous laisse au moins ce soin-là , *. "Vous savez bien que c'est Fusage ,

\. Et qu'ici bas le ciel plaça

L'collecteur pour être intraitable ,

Les vassaux pour être grugés ,

Les grands seigneurs pour être à table,

Et les lapins pour êtr' mangés.

C'est leur état... mais , voyez- vous , M. le Comte se promenant dans son parc? T'uez,v'là comme il va à la chasse.. .(/Z met ses mains dans ses -poches,) et puis quand il a fait un tour d'allée ^ il rentre au château , s'étend dans une bergère et s'occupe à se démonter la mâchoire. Corbleu ! qu'v'là un seigneur qui a une vio agriable!... Quand je vois ça, ça me met dans des fureurs de n'être que jardinier.

BIRTON.

Hé bien , ne faudrait-il pas aussi que tu fusses seigneur !

ROBIN

Dam'! tout comme un autre.

BIRTON.

Allons, allons, va travailler.

ROBIN

Travailler, travailler , ils n'ont que ça à vous dire, rien que ce mot-là... ça me fait mal... Dites donc, M. Birton , vous vous chargerez de mon affaire?

BIRTON.

C'est bon, c'est bon, on va s'en occuper sur-le-champ.

MACARTY, à Robin qui s* en va.

Ah ça , mon cLer , je vous en prie , lâchez de savoir si voire maître se réveillera aujourd'hui.

ROBIN , imitant Birton, C'est bon , c'est bon, on va s'en occuper sur-le-champ.

Il sort,

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