‹ L'enrayement de la tuberculose bovine [microforme]Chapitre 4 sur 4 · CH · texte numérisé non relu

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Notre connaissance de la tuberculose, de l'épreuve à la tuberculine et de leurs bizarreries, a continuellement été erronée et incomplète; indubitablement elle l'est encore aujourd'hui. Devant les nombreuses erreurs législatives qui par suite de ce manque de connaissances exactes ont été commises dans le passé, il fcut admettre que la prudence est recommandable, et qu'avant d'adopter définitivement un programme officiel qui engagerait de si gros intérêts dans un pays vaste comme le Canada, il est raisonnable de notre part de “regarder avant de sauter”, et de nous précautionner autant que possible pour ne pas avoir à reculer plus ou moins honteusement d’une posi tion déjà prise.

Bcaucoup de nos confrères dans le monde médical et parmi les vétérinaires, dont le zèle excède la discrétion, plaident l'épreuve obligatuire et la destruction de tous les animaux qui réagissent. Crtte mesure, à première vue, peut paraître aux yeux de ceux qui manquent d’expérier.ce et qui peut-être ne sont pas responsables, une solution très simple du problème. 11 n'est pas besoin d'une longue démonstration pour prouver à un auditoire de cctte nature que cette solution est loin d'être la bonne. Les vétérinaires praticiens savent bien, sans considérer la triste expérience de ces districts qui, au début, avaient été assez légers pour l’adopter, quelles difficultés ils rencontrc-aient à la mettre en pratique. Ils n'ignorent pas non plus que, même dans les circonstances ordinaires, en dépit du grand gaspillage économique qu’elle occasionnerait, ses résultats ne sont en rien aussi satisfaisants que ses avocats voudraient nous le fuire croire.

La plupart d’entre nous peuvent se rappeler l'époque où la majorité des vétérinaires qui, entre parenthèses, auraient pu en savoir davantage, croyaient que lorsque la tuberculination avait été effectuée sur un troupeau, que les animaux sensibles à ses effets avaient été abattus et les étables désinfectées, tout danger était écarté, et le propriétaire pouvait être laissé libre de continuer ses affaires à sa guise.

Les personnes intelligentes, bien entendu, ont compris dès le commencement que, dans l’ordre des choses, il doit exister une période d’incubation entre l’époque de l’infection et le moment où l'animal affecté réagirait à la tuberculine. Cette période a ét4 définie en 1899 et 1900 à la suite d'essais contemporains mais absolument isolés, tentés par le “ Tuberculin Committee of the. Royal Agricultural Society ”, d'Angleterre, et par les docteurs Nocard et Rossignol sous les auspices de la Société de médecine vétérinaire pratique de France. Les résultats ont été pratiquement les mêmes des deux côtés et prouvaient que la période d'incubation, tout en dépendant quelque peu du mode et du degré d'infection, varie de huit à cinquante jours.

Ce fait, qui affecte non seulement le troupeau initial mais encore tous les animaux que l’on y ajoute ou que l'on remplace, est par lui-même un obstacle très sérieux à la réussite d’une mesure rendant obligatoire l'épreuve et la destruction des sujets réagissants, même si l’on donnait une compensation généreuse. Ajoutez à cela l'action irrégulière de la tuberculine, spécialement aux deuxième, troisième et quatrième épreuves sur les mêmes bêtes, et les nombreux stratagèmes très ingénieux que les éleveurs, surtout ceux de races pures, emploient pour en détruire l'effet, et vous en aurez assez pour exclure de notre <hamp d’action pratique cette mesure contre la tuberculose. Dans un groupe circonserit et peu important elle pourra être utile si tous les éleveurs, ou du moins la majorité comprennent la nécessité de vaincre le tubercu-

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Entrons davantage dans les détails: Prenons un troupeau de soigné à l'étable dans les conditions ordinaires; l'é 25 têtes réagissent, On les tue avec celles, lesquelles l'examen clinique a révélé la présence

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199 têtes par exemple, preuve de la tuberculine a éié faite: trop atteintes pour réagir, mais chez e de la maladie; les étables sont aussi désinfectées. 11 n'y a pas si longtemps, comme je l'ai déjà dit, que les vétérinaires prétendaient qu’un tel troupeau pouvait être considéré comme sain, et n'avait plus rien à craindre si toutes les bêtes ajoutées étaient éprouvées avant d'être lächées au milieu des autres. Bien entendu ceci cest loin d'être exact,

Premièrement, la seconde épreuve trois m'is plus tard, (suivant la violence de l'infection chez tel vu tel animal, ce qui est un point important, conditions d'hygiène), révélern peut-être cinq, dix ens nonveaux,

Quand on aura tué ces bêtes, et redésinfecté les étables, lo troupeau ne sera pas plus garanti de la contagion, Ces dix bé‘es malades ont vécu en contact journalier avec les 65 autres ct il est bien probable que trois mois après on trouvera de nouveaux malades,

et aussi suivant les

Mais ce n'est pas tout; ici vient l'une des considérations des plus importantes, surtout dans les cas douteux: l'incertitude de l'action de la tuberculine dans les épreuves répétées. En dépit de l'importante et précieuse découverte du professeur Vallé, laquelle d'ailleurs ne s'applique nullement à tous les ras, je dirai qu'il y a pas mal de chances pour que les troisième et quairième épreuves ne produisent aucune réaction chez certains animaux plus ou moins contaminés. Catte accoutumance progressive à la tuberculine est un des obstacles les plus sérieux, et constitue une autre ditficulté à tournrr. Admettons pourtant qu'après un laps de temps plus ou moins long ct à la suite d'épreuves répétées avec tous les soins désirables, le troupeau soit déclaré sain,

Nous avons maintenant à considérer la question de l'augmentation du troupoau et du remplacement des bêtes, ce qui, au noint de vue pratique, est presque toujours pour l'éleveur d'une importance capitale. Il ne suffit pas de faire éprouver les nouveaux animaux avant de les mettre à l'étable avec les autres, Nous sommes encore arrêtés par cette période d'incubation qui s'applique à ces épreuves aussi bien qu'à celles dont J'ai parlé. Les nouveaux arrivants doivent être isolés non seulement du troupeau primitif, mais les uns des autres, et soumis à une seconde épreuve à l'expiration des trois premiers mois, au moins (Ce n'est qu'alors qu'ils pourront être mêélés au troupeau.

Deux autres points demandent 1ei notre attention. Jusqu'ici nous n'avons parlé que d'épreuves consciencieuses, faites sur le bétail d'un éleveur honnête, et par un vétérinaire capable, intelligent et expérimenté, Il nous reste maintenant à considérer quelques-unes des méthodes employées par les propriétaires malhonnêtes et sans principes pour rendre l'épreuve nulle, et aller à l’encontre du but visé.

Quoique l’ancienne méthode qui consiste à habituer l'animal à la tubereuline par

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un dosage progressif soit encore pratiquée sur beaucoup de troupeaux, elle a perdu une grande partie de sa valeur depuis la découverte du professeur Vallé, et maintenant, d’une façon générale, elle ne peut servir que lorsque le vétérinaire s’y prête par complaisance ou par ignorance. Les éleveurs et fermiers astucieux l’ont avantageusement remplacée par une méthode qui consiste à administrer un de ces antipyrétiques modernes mélangé pour plus de sûreté à d'autres médicaments, soit aux bêtes que l’on sait tuberculeuses, soit à celles chez qui la température s'élève sous l'influence de la tuberculine.

Ce plan est beau dans sa simplicité :—

On prend les températures tranquillement, une demi-heure ou une heure avant la visite du vétérinaire, et le fébrifuge mélangé avec un peu de sucre et dissimulé dans une poignée de farine est administré à la bête qui le lape sans bruit ni difficulté.

Il n'y a ni potion à faire prendre, ni maniement, ni excitations, la température s'abaisse, et si, souvent, elle est irrégulière, elle ne manifeste cependant aucune élévation sensible et surtout on évite la courbe de la tubereuline.

Ceci m’amèné au second des deux points sur lesquels j'attirerai votre attention: le jugement du vétérinaire qui a fait l’épreuve.

Si malgré ses imperfections, j'ai grande confiance en les propr.cus diagnostiques de la tuberculine je dois avouer que j’éprouve quelques soupçons au sujet de l’exac:itude des rapports plus ou moins, je dirais, incolores, fournis par les vétérinaires; à moins cependant que je sache que celui qui l’a signé est honnîte, consciencieux, intelligent et expérimenté. Trop de gens g'imaginant que tout est ho: cte: “ cartes sur table”, se fient entièrement aux indications de leur thermomètre; ils s’exposent ainsi à être trompés par des éleveurs malhonnêtes et sans scrupules. Je pourrais entrer dans bien des détails et faire rire en narrant quelques-uns des ingénieux artifices imaginés pour éloigner le vétérinaire du troupeau entre les heures de température afin de laisser le champ libre au manipulateur; mais le temps me manqurrait.

Un fait cependant mérite d’être noté: c'est que, dans la très grande majorité des cas, nous remarquons en plus de l'élévation de la température une réaction clinique distincte dont les manifestations les plus apparentes peuvent être et ne sont souvent que passagères, tandis que les autres persistent au moins 24 heures après l'injection. Parmi les signes temporaires que l'on remarque généralement G à 12 heures après l'injection nous voyons, dans les cas strieux, des frissons souvent accompagnés d’une raidour des poils, d'un mouvemen’ fébrile général et fréquemment de la diarrhée. Dans les cas moins définis la queue, les cuisses, les flancs et les reins sont froids, il y a une excitation subaiguë et un malaise général. Même quand ces symptômes ont disparu l’animal reste debout plus ou moins engourdi, il perd l'appétit, sa rumination est interrompue ct, chez les vaches laitières, le rendement du lait diminue.

Mon avis est qu'il faut apporter une attention et une observation très minutieuses dans la surveillance des bêtes soumises à l'épreuve; même avee tous les soins désirables, il peut se produire des erreurs. Effectuée légèrement l'épreuve à la tubereuline peut perdre toute sa valeur.

Les vétérinaires les plus anciens ici peuvent se rappeler que #ntérieurement à la découverte de la tubereuline professeurs et praticiens apnortaient une très grande attention au diagnostic clinique de la tuberculose. Cette bonne habitude s’est perdue presque entièrement dans ces dernières années : les jeunes dans la pratique se fient entière-

ment à la tuberculine pour découvrir la maladie. Cet état de choses est regrettable et on devrait y remédier en cultivant devant les cas de la tuberculose cette faculté de laborieuse observation qui seule peut amener au diagnostic exact de la plupart des maladies auxquelles les animaux sont sujets.

Je pourrais peut-être expliquer que les remarques précédentes sur la nécessité de l'exactitude et des soins à apporter à l’inoculation de la tuberculine, ont pour objet d'affirmer l’idée qu’on ne devrait employer à ce travail très délicat en lui-même que des vétérinaires adroits et spécialement préparés, ce qui ne serait pas une petite difficulté si l’on en venait à une mesure générale d'épreuves obligatoires,

Il y a encore beaucoup à dire contre l'épreuve et l’abatage obligatoires. Beaucoup d'animaux qui réagissent en effet ne sont que légèrement atteints et si quand il s’agit d'animaux de boucherie en bon état, leur destruction peut n’occasionner qu’une perte économique insignifiante, il n’en est pas ainsi pour les animaux coûteux, de race, ou même le bétail commun maigre. Il est vrai que la compensation chez ces derniers est plus facile à régler qu’avec les premiers, mais cependant la perte économique est relative, les bêtes de Sang pourraient, laissées à Ja vie, produire une descendance de prix et saine, pourvu que les précautions nécessaires soient prises; d’un autre côté les bêtes communes et maigres pourraient être engraissées et la viande livrée à la consommation domestique, après une soigneuse inspection,

Pour ces raisons je suis persuadé que la méthode d’épreuve et d'abatage obligatoires est impraticable, au moins sur une vaste échelle,

Revenons à la méthode de l'épreuve libre, ou effectuée sur la demande de certains éleveurs, telle qu’elle est pratiquée dans certaines parties des Etats-Unis et dans plusieurs contrées européennes, je ferai remarquer qu'elle est sujette, non seulement à la plupart des inconvénients signalés contre la mesure obligatoire, mais encore à de nouveaux obstacles. Le plus sérieux est qu’en traitant seulement les troupeaux de telle ou telle région volontairement soumise aux autorités, les progrès dans la voie de destruction de la tuberculose seront forcément très lents et très incertains. Le professeur Bang admet lui-même qu’à la suite d'expériences répétées et souvent nulles, nos confrères danois, plus d'une fois, ont perdu patience, et découragés et fatigués de bien faire, sont tombés dans l'indifférence.

Ce point est à considérer d'autant plus que les derniers à demander l'épreuve sont généralement les éleveurs de bétail de race, dont les troupeaux sont les principaux agents de contagion, Dans ces conditions l’inefficacité absolue de l'épreuve volontaire se trouve clairement démontrée. L’éleveur est obligé, de temps à autre, de renouveler le sang de son troupeau; s’il n’est pas lié corps et âme avec les autorités dans leurs efforts pour assainir son troupeau, s’il ne prend pas en conséquence toutes les précautions nécessaires et de chaque irsstant, la réinfection de son bétail n’est plus qu’une question de temps, aussi longt mps que la maladie existe dans le pays,

À ce sujet j'ai lu avec beaucoup d'intérêt le plan proposé par le docteur Niven, officier de santé à Manchester, et appuyé par M. Brittlebank, vétérinaire en chef de cette ville, et le professeur Delapine. Ce plan comporte la formation de districts sains en extirpant d’abord la tuberculose de certaines fermes #t en étendant graduellement les opérations de façon à couvrir des districts de petite étendue au début mais qui progressivement s’agrandiraient à mesure que les éleveurs en comprendraient les avantages.

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Il y a plusieurs points dans ce système, comme par exemple l'emploi de fonds pub'ic: au choix de localit's spécir'e: à l’exelus'on d’autres contribuables, la construction de bâtiments sanitaires, grâce à une pression exercée sur les propriétaires de terre, qui me semblent difficilement applicables en Amérique. Cependant, je le crois plus logique, et il me paraît devoir donner à la longue de meilleurs résultats que la méthode qui consiste à soumettre au hasard à l'épreuve tel ou tel troupeau d’un pays très vaste, où il semble difficile, sinon impossible, d'exercer une survvillance et de conserver un contrôle sérieux, sans une véritable armée d’inspecteurs vétérinaires, parfaitement exercés et absolument consciencieux, qui n'auraient pas d’autres intérêts que celui de leur devoir vis-à-vis des troupeaux dont ils auraient la surveillance. Je pourrais dire ici que l'emploi de praticiens locaux pour ce travail a été plusieurs fois essayé, et dans la majorité des cas, le résultat n’a été ni utile ni heureux.

Je n’ai rien à dire contre le système Bang lui-même: je suis et j'ai toujours été un de «es admirateurs et défen<eurs. Je ne puis cependant pas croire, après trente ans d'expérience dans l'art vétérinaire, et avec la connaissance acquise pendant ce temps des conditions dans lesquelles se trouve placée la ferme ordinaire de l'Amérique du Nord, qu'il soit possible de l’appliquer avec succès sur notre continent.

Sans doute, si tous nos éleveurs étaient intelligents, bien avisés, animés du désir de vaincre la tuberculose dans leurs troupeaux et étaient prêts à se donner des peines infinies, le système Bang de même que celui de Ostertag pourraient être adoptés avec l'espoir de donner un heureux résultat. Mais dans les conditions où nous sommes, si nous voulons traiter la tuberc ilose bovine avec efficacité, nous devons adopter une méthode bien définie de contrôle légal, et la question se résume à savoir, si justement ce contrôle peut être basé sur l'épreuve par la tuberculine.

Pour l'instant, j'incline à conseiller une combinaison du système Bang avec celui d'Ostertag et du vétérinaire en chef de Manchester, en ajoutant cependant une surveillance des troupeaux contsminés, plus étroite qu’il n’a été recommandé par eux, si du moins je comprends bien leur méthode.

Tous les cas cliniques ou évidents de tuberculose qui peuvent être découverts devraient être détruits, et tous les adultes suspects du troupeau traités comme s'ils étaient malades, et bien entendu marqués et isolés en conséquence. Tout le lait de ces troupeaux devrait être pasteurisé, soit qu’on le destine à la consommation humaine, soit aux animaux La progéniture devrait être effectivement séparée de: adultes, régulièrement soumise à la tuberculination et isolée jusqu’à ce que tout danger de contagion ait été éloigné des étables soit par la destruction ou le remplacement des ascendants contaminés. Tous les animaux ajoutés au troupeau sain devraient. bien entendu, être soumis à l'épreuve de la tuberculine au moment de leur achat, et éprouvés de nouveau après trois mois de complet isolement.

J'admets que cette mesure pourrait donner lieu à beaucoup des objections que j'a! opposées aux deux premiers plans, mais elle me paraît obvier à la perte économique énorme ct à la violente opposition populaire que rencontrerait la méthode de l'abatagt obligatoire, et promettre en outre, si elle était systématiquement appliquée avec soin et patience, des résultats infiniment meilleurs que la mesure qui consisterait à éprou ver ça et là les troupeaux des quelques propriétaires qui voudraient bien se soumettre

volontairement à l’action des autorités.

La présence d'un ou de plusieurs cas de tuberculose dans tn troupeau, guffrait à justifier une intervention officielle, et en rendant la déclaration de la tuberculose

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obligatoire par les propriétaires et les vétérinaires, comme pour les autres maladies contagieuses, on pourrait obtenir dans la plupart des cas des renseignements sûrs d’après lesquels cette intervention pourrait être décidée.

Comme le faisait très justement remarquer l'éditeur du Lancet dans sa critique de l’intéressante brochure du decteur Overland, de Norvège, le fameux appel du docteur Koch en 1901 a produit après tout un heureux résultat, en ce sens qu'il a stimulé les recherches ct les études peut-être suffisamment Pour compenser l'hésitation et les retards qu’il a certainement causés dans les recherches pratiques, Cet appel a eu pour résultat de nous faire connaître, ou je devrais peut-être dire de nous procurer, les preuves concluantes et satisfaisantes de bien des choses que nous savions avant mais que nous pouvions difficilement affirmer, en ce qui concerne la trangmissibilité de la tuberculose bovine à l’homme et vice versa.

Cette considération m’amène à la vaccination des animaux, sujet sur lequel je n'ai maintenant rien à dire si ce n’est que les résultats publiés sur les essais d’inoculation du vaccin bovin sont, au point de vue pratique, bien incertains et singulièrement déconcertants. L’immunité obtenue dans les cas les plus favorables semble être de peu de durée, et en admettant que l’on puisse en tirer quelque avantage, celui-ci, à mon avis, ne compenscrait pas le danger qu’elle fait courir de propager la maladie,

Lorsque l’on emploie des cultures du type humain Je danger me paraît être, si possible, encore plus sérieux. Weber et Tirze, qui opèrent sous la direction du comité Impérial de la Santé, en Allemagne, rapportent suivant ThéobalJ Smith, que Ja mamelle d’une vache que l’on avait inoculée avec des cultures humaines, a fourni pendant 15 mois du lait contenant des bacilles de la tuberculose humaine,

Hâtons-nous donc lentement sur.un terrain aussi dangereux, et soyons sûrs de notre position avant d'émettre des axiomes dont la rétractation est si pénible plus tard.

Je viens de soumettre brièvement et d’une façon bien incomplète mes vues sur les différentes méthodes recommandées par les experts pour le contrôle de la tuberculose bovine. Si elles peuvent paraître quelque peu pessimistes aux yeux de certains, elles sont du moins sincères et soigneusement pesées en comprenant dans Ja balance Ja responsabilité que les vétérinaires ont endossée vis-à-vis de l'humanité, responsabilité aussi importante que les intérêts dont ils ont la garde, Nous pouvons dogmatiser, mais cela ne nous empêche pas d’être encore dans une période de tâtonnements et devant ces problèmes, comme sur d’antres questions de même nature, ce sont ceux qui ont creusé le plus profond dont les fondements sont les moins sûrs.

En attendant, comme je crains que nous n'ayons encore à le faire longtemps, la découverte d’une méthode scientifique, certaine et satisfaisante pour traiter la tuberculose bovine, entreprenons, en hommes pratiques, une campagne énergique pour l'éducation de nos éleveurs et du public en général. La tuberculose bovine sera vaincue le jour où nos propriétaires, individuellement, auront compris qu’il est matériellement

plus avantageux d'élever des troupeaux sains que de perdre de l'argent et des vivres à nourrir des troupeaux atteints par la maladie.

Dans cette campagne d'éducation il ÿ a un premier point sur lequel les vétérinaires se sont montrés jusqu'ici dans bien des cas d’une négligence coupable. S'il existe un point sur lequel ils sint aujourd'hui en retard, c’est bien en négligeant d'insister À tout moment et chaque fois que l'occasi ‘en présente, sur l'importonce

nt péhonscrtsérens Antennes

d'aérer à fond les logements des bestiaux. Cependant, si nous considérons les enseignements de la médecine, et les merveilleux résultats cequis par le traitement en plein air qui non seulement prévient la tuberculose ma: encore en guérit les cas même avancés, sans parler de l’enrayement qui a lieu journellement dans les premières phases de la maladie, nous avouerons qu’il n’y a rien de plus humiliant pour nous que de laisser chaque année la contagion s'étendre à des milliers d'animaux précieux à cause des conditions défectueuses d'aération dans lesquelles les 'éleveurs persistent à maintenir leurs troupeaux.

La vérité de cette assertion qui, à première vue, peut paraître un peu légère, ne manque pas cependant de preuves. Dans les contrées du nord, où le bétail est généralement enfermé à l’étable, dont la bonne aération est une exception et non une règle, nous trouvons presque invariablement des cas très nombreux de tuberculose bovine. Dans les climats plus tempérés au contraire, où les animaux peuvent vivre au grand air, et comme exemple nous citerons le bétail d'Hereford en Angleterre, nous rencontrons rarement un cas de cette maladie. La tuberculose est inconnue sur la prairie lorsqu'elle n'y a pas été apportée par un de ces animaux nés et dorlotés à létable. Encore ce sujet guérira-t-il probablement si la maladie n’est pas trop avancée et s’il peut supporter le premier hiver.

Pour me prononcer nettement, je dirai que les éleveurs de bétail développent la tuberculose dans leurs troupeaux par la négligence qu’ils apportent dans l'aération beaucoup plus rapidement qu’il ne sera jamais possible de la détruire par l'emploi sans méthode de la tuberceuline et par la destruction du bétail atteint.

On me pardonnera si, à ce sujet, je me rapporte brièvement à une série d’expériences que j'ai faites pendant ces trois dernières années. Un troupeau de 43 têtes comprenant 21 vaches laitières dont 28 avaient réagi à la tuberculine, et dont les 15 autres paraissaient être saines, fut gardé en plein air depuis l’automne de 1905.

Par cette expérience essentiellement pratique, je poursuivais un triple but :—

M'assurer d’abord de l’effet de ce traitement en plein air sur les animaux Contaminés; préciser jusqu’à quel point un troupeau sain maintenu au grand air en contact avec le bétail contaminé, est susceptible de contagion; enfin, fixer le pourcentage jes jeunes veaux sains produits par des vaches malades, mais gardées sans aucune précaution, en plein air. Cette expérience n'est pas encore terminée et ses résultats n’ont gone pas encore été compilés exactement de façon à étre publiés. Je puis dire cependant que sur les 23 animaux réagissant un seul est mort de tuberculose générale pendant les trois dernières années écoulées depuis le commencement de cette expérience. Un autre atteint de la tuberculose de la mamelle a dû être tué.

Quant aux animaux gains laissés en contact avec les malades, mangeant au même râtelier, broutant la même herbe, buvant aux mêmes abreuvoirs pas un seul n’a été contaminé quoiqu’on ait, à plusieurs reprises, mêlé au troupeau des animaux atteints de tuberculose générale aiguë.

Les résultats de l'élevage des veaux rappellent un peu Yhistoire de cet Irlandais— il doit vous en souvenir—qui, en tuant ses pores, constata que ceux-ci ne pesaient pas le poids auquel il s'attendait. Mais, disait-il:. “ Je n'avais jamais pensé qu’ils l’atteindraient”.

Qur les veaux produits et élevés par des vaches ayant réagi à la tuberculine 75 pour 100 n’ont jusqu'ici jamais réagi et 25 pour 190 ont réagi à des âges variant

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culine ariant

depuis 4 mois à un an: un autre est mort de tuberculose géi.frale à six semaines. Ce cas était probablement congénital.

Les résultats obtenus par les différentes é

j ; as après essants, et, mériteront, lorsqu'ils seront tude soigneuse de ceux qui croient fermee agent diagnostic.

dont pas eu d'étable mais seulement des et à l'exception cependant de quelques sujets plus faibles, ils ont été nourris seulement de foin pendant les trois hivers où ils sont restés en observation.

Il faut maintenant mentionner que par suite d’une erreur de jugement d’un gardien trop zélé, pendant le premier hiver, nos veaux ont commencé à arriver en décembre 1906; le premier naquit par 29 degrés au-dessous de zéro, les autres suivirent à intervalles quelquefois très rapprochés jusqu’au milieu de mars 1907; malgré cela, parents ct progéniture prospérèrent en plein air. .

Ces résultats sont très intéressants en présence de la tendance que l’on a aujourd’hui à croire que la maladie s’introduit presque toujours par l'appareil digestif. Si les expériences dont j'ai parlé ci-dessus prouvent que les jeunes animaux peuvent être et sont souvent infectés par l’appareil digestif, je suis aussi persuadé que pour les adultes, les voies respiratoires jouent un grand rôle dans l'infection de la tuberculose. Je me sens satisfait et je crois sincèrement que les praticiens conviendront avec moi que si les animaux sains avaient été gardés pendant cette série d’expériences dans une étable ordinaire, mal aérée, avec leurs Compagnons malades, ils n'auraient pas échappé comme ils l’ont fait.

Les sommités médicales nous prescrivent aujourd’hui de renoncer à nos maisons modernes trop chaudes et malsaines, pour nous rapprocher de toutes les manières possitles “plus près de la nature” é

pour ls ani-

maux domestiques sont trop évi La nature a pourvu nos animaux de tous les moyens de s contre les conditions normales cliirrationnelles dans lesquelles ils sont

bien intentionnés, mais ignorants et

Je suis ici, cependant, pour apprendre et non pour enseigner. Le problème du contrôle de la tuberculcse bovine est certainement le plus sérieux de ceux qui intéressent l’art vétérinaire d’aujourd’hui, et si les efforts de cette section du Congrès International aboutissent à sa solution, je serai de ceux qui lui en resteront à jamais reconnaissants,

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