PRÉFACE
parts l’hommage est venu à la mémoire de Paul Henry; d’innombrables lettres ont été adressées à sa famille, par des officiers généraux de la marine, des camarades d’école, des compagnons de la campagne de Chine, de simples matelots qui aimaient leur chef, des prêtres qui l’ont connu, des religieuses qu’il a défendues et sauvées; son nom a été cité, avec de rares éloges, dans les rapports officiels de notre ministre de Chine et du commandant Darcy; on l’a donné à un bateau employé au service du corps expéditionnaire entre Takou et le Peï-Ho; la promotion du Borda dont faisait partie le jeune officier, les chefs et les camarades qu’il eut à bord du D' E ntre caste aux , ont fait élever par souscription, sur la terre de Bretagne, un monument à l’enseigne Henry; un évêque missionnaire, à peine sorti d’une ville où il a failli périr, pressé d’y retourner par l’appel de tous les malheureux laissés derrière lui, est venu apporter son témoignage aux parents de son défenseur et leur remettre le drapeau de la cathédrale assiégée. C’est de toutes façons et de tous côtés que la louange s’est élevée, pour affirmer que les âmes ont été émues, en face de tant de jeunesse, de bravoure, de malheur et d’honneur.
Pour moi, j’ai tout de suite pensé, dès que j’ai connu la mort de Paul Henry, qu’il fallait qu’un jour le récit fût publié de cette trop courte vie. J’ai senti que, si peu que mon effort dût ajouter à une gloire déjà acquise, il y avait^ à le tenter, une sorte de devoir.