CONCLUSIONS
Nous avons l’honneur de proposer au i'*' Congrès dentaire international de Paris, comme sanction de la présente communication, les conclusions suivantes destinées à être adressées aux Gouvernements et aux sociétés scientifiques à même de s’occuper de l’exercice ou de l’enseignement de l’art dentaire :
1® L’Ecole professionnelle, dite Ecole dentaire, constitue actuellement le meilleur procédé d’enseignement dé notre art.
2" Elle remplace avantageusement l’ancien procédé, encore en usage dans certains pays, le stage chez le praticien, ou apprentissage, qui doit être considéré comme tout à fait insuffisant.
3° L’apprentissage ou stage chez le praticien ne peut être utile que comme préparation à l’entrée à l’Ecole. Dans ce cas, il peut être fixé à deux ou trois ans et consacré exclusivement à l’étude, au laboratoire, de la prothèse, afin de développer l’habileté manuelle de l’élève.
4" L’Ecole dentaire doit, dans sa constitution et son programme, s’inspirer du principe que, pour être apte à remplir sa fonction, le déntiste doit posséder ;
1° Une instruction préliminaire et des aptitudes spéciales ;
2° Une instruction professionnelle d’après un programme d’enseignement spécial à cette profession.
Instruction préliminaire. — Programme.
5“ Le programme de l’instruction préliminaire doit être assez étendu pour permettre à l’étudiant de comprendre et de s’assimiler facilement l’enseignement spécial, mais il ne doit pas l’empêcher de commencer de bonne heure l’étude pratique de la prothèse dentaire.
par laquelle il est bon de débuter dans la profession pour acquérir et développer l’habileté manuelle si nécessaire à sa pratique.
En conséquence, l’instruction préparatoire doit être celle que l’on peut acquérir en suivant dans les conditions ordinaires jusqu’à seize ans, par exemple, les cours d’un collège ou d’un lycée, et comprendre :
La connaissance de la langue nationale, de l’arithmétique, de la géométrie, de l’algèbre, de l’histoire, de la géographie, des notions de physique, de chimie, de mécanique, d’histoire naturelle, un peu de dessin et quelques notions pratiques du travail des métaux. La connaissance du grec et du latin n’est pas nécessaire et peut être avantageusement remplacée par celle d’une ou de deux langues vivantes les plus répandues, le français, l’anglais ou rallemand par exemple.
hxstruction professionnelle. — Programme.
6“ Le programme de l’instruction professionnelle doit consister en :
1° Un enseignement pratique comprenant des exercices graduels et quotidiens, de 2 « 3 heures sur ;
1° La dentisterie opératoire (enseignement clinique) :
Traitement des différentes affections dentaires (conservations, extractions, etc.)
Restauration.des destructions partielles ou totales des dents (obturations, auriflcations, etc.)
2° La prothèse dentaire (enseignement de laboratoire) :
Restauration partielle ou totale du système dentaire.
(Appareils prothétiques do dents artificielles, de redressements, etc.)
2“ Un enseignement théorique comprenant des conférences de 1 h. à 2 h. par semaine pour chaque cours, sur :
1“ Les sciences accessoires (l'^® année):
Physique.
Mécanique.
Chimie.
Histoire naturelle..
Eléments d’anatomie et de physiologie.
2“ Les sciences médicales (2° année) ;
Anatomie (dissection).
Physiologie.
Pathologie.
Thérapeutique et matière médicale.
3“ Les sciences appliquées (3° année) :
Anatomie et Physiologie dentaires (humaines et'comparée.) Histologie dentaire.
Pathologie spéciale : 1» Maladies de la bouche ; 2» Aftections dentaires.
Thérapeutique spéciale : 1“ Traitement et obturations ; 2» Anesthésie.
Prothèse dentaire.
Jurisprudence et déontologie professionnelles.
Durée des études
7“ L’étude de ce programme demande, pour être faite avec fruit, un minimum de trois années.
Qualification
8“ 11 serait souhaitable que la qualification conférée à la fin des études fût semblable dans toutes les Ecoles dentaires du monde.
Conditions de création et de direction des écoles dentaires.
9“ Il y a avantage pour les progrès de l’odontologie en général, et de son enseignement en particulier, à ce que la création des écoles dentaires, ou au moins leur direction, soit laissée à l’initiative privée des associations professionnelles ou groupes corporatifs de dentistes, et non de personnalités isolées. L’Etat doit se contenter d’exercer sa surveillance, son contrôle, ou de donner son patronage ou sa subvention.
Châteaurou
IX,Typographie et Stéréotypie A. MAJESTÉ
OffATEAUROUX. — TYP. ET STÉRÉOTYP. A. MAJESTE.