EXAMENS PRATIQUES * EXAMENS THÉORIQUES
l*r Rigorosum.
Anatomie.. Anatomie.
Physiologie. Physiologie.
Chimie.
Physique.
2* Rigorosum.
Anatomie pathologique.
a) Examen do préparation.
b) Sur le cadavre.
Clinique interne.
Pathologie générale.
Thérapeutique.
Anatomie pathologique (histologie pathologique).
Pharmacologie (pharmaco-dynamique; toxicologie ; art do formuler)
3° Rigorosum.
. ) Examen dos malades.
Chirurgie, j Médecine opératoire.
Ophtalmologie(exam.des malades).
Obstétrique (au lit du malade sur le cadavre ou sur le mannequin).
Pathologie interne (pathologie spéciale;
et thérap. des maladies internes).
Pathologie externe (pathologie spéciale et thérap. des maladies externes).
Ophtalmologie.
Obstétrique.
Médecine légale.
La somme à verser pour le premier rigorosum est de 55 florins (1 10 fr.), pour le deuxième, CO florins (120 fr.), pour le troisième, 65 florins (130 fr.). En Allemagne, on verse 260 marcs (312 fr. 50) pour l’examen d’Etat. Le doyen (président du jury) et le commissaire du gouvernement touchent 5 florins pour leur assistance aux épreuves pratiques, et 5 pour leur assistance aux épreuves théoriques de chaque rigorosum; chaque examinateur touche aussi 5 florins par examen pratique ou théorique ; le reste de la consignation est dépose à la caisse de l'Université (Kanzlcifond).
Les études sont couronnées par la « promotion», qui se fait sous la présidence du recteur, en présence du doyen des professeurs (et aussi, à Prague, du doyen des docteurs), par 1 intermédiaire d’un professeur ordinaire, « promoteur ». La taxe
de la promotion au doctorat est de 60 florins (-120 fr 1 • 45 fin rms reviennent au recteur, 5 au doyen et 5 au promoteuî-
Ileilkundc; 'VéZtTZ
C“ÏÏ1S8rTunt’ sonl rcmpl“éa >» Æ&ffi p,-ose„,»,. ttsnan.1' “ «
comme auditeur régulier fi S ï ' • q" lI, a suivi’
Horer), les cours ma|istraûx ( M e d i c i n i sol m Va rl c su n^enl 'nin " dant au moins quatre semestre vl \ v 0llesungen), pen-
aux exercices de' disseSCndm, * deu^'s^s,™ *?£* comp? té7u,£roSnu; ‘Jf jUSl"lei' 110 «"‘“o ««i’H a £
Les rigorosen se passont ordinairement 4 ln r , mais il est permis à IVturiinni i a cm?nt a la fin des etudes,
des examens, dont ils se coninne! S,° Prcsenter a quelques-uns d'études; après la deuxième année i Mut°“bordf f 7 rigorosum, qui porto sur l'anatomie et la physfoîei'e "X “
dans notre sj^tème^a'nçais f?™?™6 <•« autrement que séances d'u.ï 4 l’une des
de physiologie; il avait lion r”1'- C aît. 1,examen théoriquo
ciale; rigorosen-Lal L^iuVv eZ'îT^’ ^ Unc sallc >pé-
Faculté (Prof. Kundrat) d’un on 1 comPos^ du doyen de la (Regierungs-commissâr)’ du m.nr mmissaire du gouvernement physiologie. Les candidats in urBrueke, professeur de cravate blanche), furent an’nelrq '“bre de fiuatre (redingote et fesseur Brücke inte^eS seu1’ !e P">examen d’un quart d’heurn •’ !r deb candldats passait un question générale aue dév t Professeur posait d’abord une d mterrogltioï uZen e °K ^ ?andidat’ Puis «ne série n’avaient aucune part effective à' ^ g0uvernemeP*
jurys ^ doyen préside tous les
signation lui revient • elle remvï ^ ^ lorte part de la nonjour. Quand le nombre de, II f US de 50 n°rins par par le pro-doyen (Prodecan) ouTuTdes ^ Ü 6St remPlacé Le commissaire du eo„VPn„ de. assesseurs (Vertreter). decine, il peut faire paftiede la Fn' être docteur en «lémcnccment de
celle-ci, par ie ministre de l’instruction publique, d’accord avec le ministre de l’intérieur. Il est là pour surveiller, dans l’intérêt public (im ôffentlichon Interesse), chacun des trois rigorosum; il a le droit de poser des questions au candidat (il n’en use jamais). — De plus, au deuxième et au troisième rigorosen, au jury ordinaire est adjoint un coexaminateur, désigné aussi parle gouvernement, dans les memes conditions que le commissaire. Mais ce coexaminateur est un examinateur véritable, « il a les droits et les tlcvoirs des autres juges »; au deuxième rigorosum, il fait passer au candidat un second examen théorique de pathologie interne; au troisième rigororum, un second examen théorique de chirurgie. C’est une sorte de contrôle officiel exercé par le représentant du gouvernement, et qui termine la série des examens passés devant les professeurs ordinaires.
En somme, chaque partie théorique ou pratique doit être passée devant le professeur ordinaire correspondant; ajoutons que plusieurs de ces examens ont lieu dans une seule journée, deux des membres du jury (le doyen et le commissaire du gouvernement) restent les mêmes et les professeurs se succèdent. Ce système est à peu près identique en Allemagne; et cette dernière prérogative complète la situation spéciale du professeur allemand. — Si le professeur est empêché, ou si le nombre des candidats l'exige, il est suppléé par le professeur extraordinaire affecté à la mémo branche d’enseignement, ou, encore, par le professeur ordinaire, qui fait un cours sur l’objet de l’examen, ou dont la spécialité s’en rapproche le plus.
Tel est le système général en vigueur; arrivons aux examens cliniques qui présentent un intérêt tout particulier.
Ils ont lieu à l’amphithéâtre de la clinique, le matin généralement, et en présence d’un public toujours nombreux. Le professeur fait venir uno série de malades de la policlinique ou des salles, et les fait examiner successivement par les candidats; chaque candidat examine ainsi deux, quelquefois trois malades, mais il doit suivre tout le cours de l’examen, et répondro aux questions qui lui sont posées à l’occasion des autres cas présentés. Le professeur insiste sur le diagnostic différentiel et le traitement; quelquefois même il fait faire au candidat une intervention opératoire do minime importance. C’est la première partie de l’examen pratique de chirurgie.
La deuxième se passe à la salle d’opérations cadavériques. Elle porte sur la médecine opératoire, et relève toujours du même professeur do clinique chirurgicale ; elle suit presque toujours immédiatement la première épreuve. Généralement
demande une ligature et une opération, amputation, trachéotomie, résection du maxillaire, ténotomie, etc. Le candidat avant de prendre le bistouri, doit exposer la technique do l’opé-
ho ai uema.rque q,U’après lcs amputations, on avait soin de faire rechercher et lier les artères du lambeau.
our compléter l'histoire do l’enseignement chirurgical dans dTcine'opératoireCman^CS' “ •» "><•
Enseignement de la Médecine Opératoire.
L enseignement de la médecine opératoire est organisé en I cmagno et en Autriche, tout autrement qu’en France C’est
em do' kLÎ, °""i.quc qui cl. chargé en mémo
temps do la chirurgie opératoire; nous allons voir comment
LOIS"3 qU6 °S conditio,ls il ^acquitte dé cos, nouvelles fonc-
cinonopéStoirf-aüUnen^ClUlté C?mp- ° U° Professcui' do médecine ope atone . il possédé un Institut h part: lo plus souvent
meme, U n esc pas chirurgien d’hôpital. Ainsi in est- du
professeur Tauber, à Varsovie: enlace de l’Institut Anato
troivo^riUÜ-iîU‘TinC’7ès d° 1,]lùpilal do l’Enfant-Jésus, se trouvole pavillon de medecine opératoire; il comprend une
, 0 - opérations pour les élèves, le cabinet du professeur et
çelu, de assistant. H. Tauber y fait par semaine d'cuTcotu-s do
ceïlc “ontanner™, 10 e"SU“° los r<SPétiuOM par les élèves ;
ouvert ef fonS °“r “ lour’ 0,1 50rl° <!«• l'institut reste ouvert et lonctionno durant toute l’année. M Tauber m
g'raphiq'ue) et ’f"* <•"** d'anatomie topo?
fesseur dé'cltatoüe possède ? 'lm : à Viei,"e- o^me P™logique une X * \ ’ dans le sous-so1 de l’Institut patho •
ratoires et où se passent^ °U S° f°nt 163 démonstralions opélement un cours fhiver if °Xamcns Pratiques- Il y a généra-
professeur ex^raordi’naii^auj1 cst°chs „Vi ' à P^“, c'est le professeur Güssenbaur f->n 1 • ?lar°c du cours 1 hiver, et le
ssenbaur ait ll“'meme celui du semestre d’été.
Les séances se tiennent vers la lin de la journée, de 5 à 7 heures généralement, rarement tous les jours, ordinairement tiois fois par semaine; il faut ajouter que i’absence de cadavres y introduit quelquefois un peu d’irrégularité. Pendant les deux premiers mois, le cours est théorique : le professeur fait l’exposé des différentes opérations, et les répète lui-même, en expliquant leurs différentes manœuvres, devant les élèves ; lo reste du temps est consacré aux répétitions faites par les .élèves eux-mêmes. Voila comment sont organisés les exercices pratiques. Les élèves ne sont pas répartis en groupes, ayant chacun leur cadavre, qu’ils conservent plusieurs jours : à chaque séance, il existe un nombre variable de cadavres ou de fragments de cadavres, qui doivent être utilisés. Une liste des opérations est dressée : nous avons remarqué, à part les ligatures, les amputations et les résections, la trachéotomie, le cathétérisme, la taille, la résection des nerfs maxillaires, la ténotomie du tendon d’Achille, le bec-de-lièvre, etc. A chaque élève le professeur assigne l’opération qu’il aura à faire. Ils arrivent ainsi à remplir une fois le programme opératoire.
Dans un grand nombre d’Universités, le professeur surveille lui-même les répétitions, après avoir fait lui-même le cours théorique ; ainsi en est-il à Prague, à Breslau, à Berlin, à Kœnigsberg, à Bâle. A Kœnigsberg, le premier assistant (le plus ancien) est spécialement chargé d’aider et de suppléer le professeur dans l’enseignement opératoire. — Les professeurs de chirurgie s’acquittent avec la plus grande ponctualité de ces fonctions, nous avons vu, dans une Université allemande, un professeur et un professeur extraordinaire surveiller tous deux un cours de répétitions opératoires, auquel, par le manque de cadavres, six élèves seulement prenaient part, et y consacrer plus d’une heure et demie. Ce sont toujours les assistants de la clinique chirurgicale qui servent d’aides de médecine opératoire.
Dans les très grandes Universités, les professeurs se déchargent de ces fonctions sur leurs assistants: ainsi en est-il à Vienne. Les deux assistants du professeur Albert, et ceux du professeur Billroth, font leurs cours opératoires pendant toute l’année, trois fois par semaine, alternativement. Chaque cours dure six semaines ; il comprend 25 élèves ; chaque élève paie 16 florins (32 fr.), s’il est étudiant; 22 florins (-14 fr.) s’il est docteur. Les deux ou trois premières leçons sont consacrées à l’exposé théorique des opérations, dont l’assistant pratique luimême quelques-unes : les autres se passent en répétitions sur le cadavre. L’organisation est du reste identique à celle que nous avons signalée plus haut.
, Àinsi> 11 Vienne, 1 enseignement de In médecine opératoire demeuie exclusivement confie aux soins des assistants • deux professeurs extraordinaires sont spécialement attachés à l’enseignement opératoire mais le programme universitaire ne pente jamais de cours théorique ou pratique fait par l’un d’eux A Pesth, le docteur Prognoff, assistant du professeur vovacs, est aussi chargé de la médecine opératoire^ à Halle
Ie U' «i aussi en
meme temps a la tete du cours opératoire.
Dans cette organisation, il est un point spécial sur lequel nous devons insister : c’est l’institution des cours de médecine opératoire « atypique » (atypische Operationen). On désigne ainsi les operations autres que les ligatures, les amputations ou les
sections ’ °Peratl0n3 cIin constituent le fond même de la chi rurgie, et qui sont en réalité d’une pratique beaucoup plus fiequente que les autres. J’ai assisté à l’un do ces^urs d operations atypiques, fait par M. le DrMaydl, privat docent de chirurgie et ancien assistant du professeur Albert • c’était al Institut pathologique, dans l’amphithéâtre du p rofeS u Hoffmann : le cours dura plus de deux heures ; le professeur qui cil était arrive aux operations abdominales, commença d u’
des w lu. » pÆ;
neSrr0‘0Sle,g?3lr0“hnphi?lB|'Iro>h)--GaalroStoraie (Vw.
chez nous et du ST organise comme il l’a été
giens français V.UX renüm opératoire des chirur-
giens irançais est toujours très vivant en Europe.
Instituts Anatomiques.
lui-.„«me, comme "éSTuSérinsHtÙ^ if r’e JfL°rmoei î® fo/s^ea
salles de dissection, les musées, les laboratoires et les amphithéâtres où se font tous les cours d’anatomie ; assez souvent, à Prague, par exemple, le professeur a ses appartements dans une dépendance même de l’établissement et les prosecteurs y demeurent presque toujours.
L’Histologie s’enseigne à part, dans quelques Universités ; à Halle, l’institut anatomique comprend deux étages : au rezde-chaussée se trouvent le musée, dont nous aurons à parler plus loin, et les salles de dissection ; au premier, l’aile gauche du bâtiment est consacrée encore à l’anatomie et dans l’aile droite est installée la section histologique, à la tête de laquelle se trouve le professeur Eberth ; une salle où se font les exercices pratiques, pour les élèves, un cabinet pour l’assistant, une salle de bactériologie, enfin le cabinet du professeur, en constituent les principales divisions. A Prague, une moitié du premier étage de l’institut anatomique est aussi réservée à l’histologie (professeur Mayer). — Mais le plus souvent c’est à l’anatomieou à laphysiologic que l’enseignement histologique est annexé ; à Berlin , nous trouverons dans l’Institut de M. Waldeycr , des salles spéciales , réservées aux travaux microscopiques ; à Leipzig (professeurs His et Braune), les salles de dissection servent en été de laboratoires d’histologie: elles sont suffisamment éclairées pour se prêter à ce double usage. — C’est le professeur Heidenhain, à Breslau, qui réunit à la fois dans son enseignement la physiologie et l’histologie : ses laboratoires sont situés dans l’enceinte du même édifice que la Frauen-Klinik (professeur Fritsch).
Comme types des Instituts anatomiques, qui tous ont été ordonnés d’après la même méthode et dans le même esprit, nous choisirons ceux de Vienne, de Prague et de Berlin.
L’Institut anatomique de Vienne a été décrit en mars dernier, dans un article du Bulletin Médical, par M. le Dr Kirmisson. Ouvert depuis un an et demi, et d’aspect monumental, il est divisé en deux étages, réservés à chacun des deux professeurs d’anatomie (professeurs Toldt et Zuckerkandl) ; chaque section se compose de deux salles de dissection, des cabinets du professeur et du prosecteur, d’un amphithéâtre de cours (Ilorsaal) et des salles d’études pour les élèves (Studirungs’saal) ; à l’étage supérieur, un très beau musée, qui vient à peine d’être terminé; dans le sous-sol, le dépôt des cadavres, les salles d’injection, etc. Un ascenseur commun permet d’élever directement les cadavres dans les salles de dissection. Elles sont toutes éclairées à la lumière électrique, et ainsi les travaux souvent se prolongent en hiver après la tombée du jour.
A Prague, sous une forme moins grandiose, nous trouvons
aussi une installation très nnfim,» an. -
fM«. l'ampliithéàtro « Un» complète.. A rentrée,
“»8>o droit à son extrémité le iT!d°r ‘IUi 50 ““de à
Rf!),.e'y ouvre, formé ïo doux o u , dU ?.r°fesseu'- <P™f. éclairées, La partie coudée du « £ , ,p‘,e“8’ '"«ment entre les salles de dissection ,ii, ° , , crt d intermédiaire ra toi res et l’amphithéâtre, àgîuïh“ nî0-1? ? ,os Iab°™. dissection, et dans chacune d’elles 1 ? e deux ««Hes de
disposées transversalement ot ’q atl° tab,es de six élèves, deux autres tables plus pertes non fg’ST Ies hêtres *00 étudiants y dissèaSen no! ??UX élèves seulement e ^rant de P hiver A 4u ch?68 8u«»fBiyM ’ da“*
dans une large pièce, entourée dft u°'! pénetre d’abord sert de cabinet do travail o„v 1 ■ blcs et do vitrines, qui
élèves plus âgés ; à côté! une anno^nour ' ^ °f à quelqucs tion, etc. Puis vient l’an nhm, P “ les masses d'injec-
Piece, aussi spacieuse et aussi élevée6 T l0ln’ Uîle seconde
oab.net de l’un des prose^urs à o’est le
I autre prosecteur, et tout près Ventrée dn G’- e cabinet do
ces cabinets sont pourvus nonsentt . ™US6e ’ J’ajoute que
men s nécessaires aux recherches î!? de tous les instruaass. do microscopes, et que ^ par snifl f T pratique« mais anatomie, dans son sensL plus forge 1,1î°UteS( es branches de . u" des, Prosecteurs, M. ie docteur £!!?“ y etr° étud>ées :
recherches d’embryologie une ennv g° ^ex’ se livrait à des
son laboratoire, et d’autre nJ , Se etait installée dans
II voulut bien’ nous montrer toute" P*tite pièce annexe viscérales, récemment prÆes ^ r,^ 5érie de corrosions du rez-de-chaussée, dans lémioln 1 ,y a deux musées; celui a 1 anatomie humaine : il Se comnol? l ons entrer, est consacré «-ont les vitrines contiennent „n P°S° d? deux grandes salles de Bochdalek et de Henkp co> o quelques pièces de Hyrtl' ***«. *<*« dï,S Sr. ’ d'anatomie^, une rare collection dérochera et rV de.PrePai'ations récentes; o-des à la main, dus au p^îf68 interaes Cultes
de développement du crâne demi?, m ë ’ .Une série de Pièces
fiques 1 tous les os du fœtus et fio SJ’PI ®miers temps embryo- -ale, avec lespoints d’ossifieaii’n 6 enfant’ en section vertiralC001’ Pour serv ra x rmPei?Sen r°U"e’ et conservés !‘f,f qiie «o trouve le mus?e ^nstrations. C’est au premier al.1 6 réservée aux garçon, ri’ d aaatomie comparée; puis une
2a7„n‘ ]es °3' A”' ™*-de -ohÏÏ S***™ |Diener). « où se
~r ou nnatitut’
Dans son rapport sur les hautes études pratiques dans les Universités allemandes (en 1869), M. Würtz a publié une description et donné les plans de l’Institut anatomique de Berlin, dont la fondation remonte à 1860. — Situé dans le parc de l’Institut vétérinaire, il est formé d’un rez-de-chaussée, d’un premier étage et d’un sous-sol. C’est au rez-de-chaussée quo se trouvent les salles de dissection, au nombro de trois, assez petites d’ailleurs, et dont l’éclairage par des croisées semble un peu insuffisant, comme le remarquait M. Würtz ; elles occupent l’aile gauche, avec les locaux destinés à la médecine opératoire, et d’autres à l’enseignement de l’anatomie artistique; dans l’aile droite, d’abord une grande salle pour les travaux spéciaux, la préparation de thèses, etc., les laboratoires de microscopie et les cabinets des prosecteurs ; au rezde-chaussée sont encore plusieurs salles d’examens. — L’amphithéâtre des cours occupe la partie centrale du premier étage. Nous ne saurions mieux faire que de transcrire la description de M. Würtz, qui reste entièrement exacte aujourd’hui : « Son élévation est de 12 mètres; son plafond est en bois et forme un dôme, divisé en cassettes, et couvert de riches pein tures décoratives, dans le style roman. Quatre escaliers intérieurs et deux escaliers extérieurs en fer donnent accès â sept rangs de bancs à dossier et pupitre, qui s’élèvent en hémicycle, autour de l’espace où est placée la table de démonstration. Celle-ci est construite en fer, elle est mobile autour d’un axe central, elle est portée par des pieds garnis de roulettes, et peut glisser dans le sens horizontal, sur les rails d’une voie ferrée. » Derrière l’hémicycle, un cabinet où sont groupés les squelettes et les pièces démonstratives d’un usage constant. — Le long corridor qui borde l’amphithéâtre s’ouvre , à gauche dans un musée, très vaste, qui est à l’heure actuelle, en voie de reconstruction ; à droite, le laboratoire du professeur d’anatomie, et, comme annexes, une bibliothèque et une autre salle qui renferme quelques collections particulières, et entr’autres, ces grandes coupes par congélation, dont la technique est si familière au professeur Waldeyer. Au premier étage encore, les deux prosecteurs ont leurs appartements. — - Le °sous-sol contient la salle de dépôt des cadavres, une glacière, la salle d’injection, pourvue de cuves en tôle, où les cadavres sont chauffés au bain avant d’être injectés — et aussi un appareil à congélation, formé d’une grande cuve verticale, en zinc, qui est encaissée d’environ un mètre dans le sol et le dépasse aussi d’un mètre: on y plonge le cadavre entier, debout; on en remplit le fond avec de la paille, et la glace est empilée par-dessus : on obtient ainsi, au bout de deux ou trois
jours, uno congélation . .
entier est éclairé aujourd'hui ’àTali0^"8 >?UÔ rrnstitut tout j C’est le même plan fonclamenHi1^ 61cctri^o. dans les autres instituts d’anatomio^rk °t tr°UV® aPP!iquë t>ons, même dans celles qui datenTdeVo^T °' lltea Ies installaa Icna par exemple, où l’école d’on B °ngtemPs (àBrcslau, couvent), on a obéi’ à cette idée auZT'l^0 un “««en doit pas etre seulement une écolo do anatomiquo no
laboratoire et un foyer d’études soi !s®octlon< ma's aussi un
successivement: 1- l’enseignement et les' 'éi <Etudions (1°nc
offerts aux élèves; 2° J(f Jr n‘ v élements d’étude
AP?arifeSâcenC° * d° «4^^’
élèves dissent tou «Tlîfo,? ^ P"®** '**
heures et demie par jour on JB 1 J acinci mois durant, deux
mandes, ils dissèquent .succeBsi^nJB^B leS universi^s allc-
dri raais ils peuvent disséquer ^nlimTonP,?dant une durée moinsont repartis en groupes de 4 £ à 8 ■ a ° emps chaque jour, lis livre un cadavre, et, dans les .V - chaoun des groupes on
c cvient fort restreint, h B res I au nv °S °U nombro des sujets P us stricte économie. Ainsi lL éE-o ^f/0’ 00 en uso avec la de, et sousladireotion d’undémonstrB etucl'ent d’abord ensem- “ °,des v'scères et chaque viscère en n n tüP°"raPhiogéné-
disseèrSe Cn huit h'agments : un sufet ^Tl PUÎS le Cadavrc ssections. Dans les autres écoles Ji« ? SIX seniai»es aux
“r rab,e ,uo «-
P*>3 continue elle a lieu !) '^"V"1108 da ^Usaeotion nest Moins éloignés. Il n0U8 f ‘ . pa"0lles. » Intervalles plus on
tti •“ “ P*'e.Jl uneS" iCi U" '«ri
doit faire examiner sa nrénnv.r aC aPphcation ; tout élève
«si r S
PC? m ,:i s. : îtssn’
*ss.^r*
cuvent contenir qU0 64 à k CS deux salles n’en
il en reçoit seulement 150 à ‘200, pour 230 élèves qui prennent part aux dissections; et partout en Allemagne, ce nombre reste relativement moindre qu’à Paris. Les sujets proviennent: a des hôpitaux: ce sont les eorpsnon réclamés comme à Paris. Mais l'œuvre des sépultures compte en Allemagne de nombreuses associations (Begrœbniss-Verein) ' qui réduisent d’autant le contingent hospitalier; — P) des prisons (travaux forcés) : il est écrit dans les lois prussiennes que le forçat récidiviste doit servir, après sa mort , aux dissections. • — Et les sujets peuvent Venir, non seulement de villes d’université, mais aussi des provinces : pour Breslau, par exemple, ils sont envoyés de toute la province de Silésie (Gœrlitz, etc.). — Quand un prisonnier meurt, le directeur de la prison télégraphie à l’institut, d’où l’on expédie aussitôt un cercueil spécial : le sujet est ainsi amené par le chemin de fer. — lien est de même pour les sujets non réclamés des hôpitaux de province, les suicidés, etc. : le maire (obermeister) télégraphie à l’école d’anatomie, et, par le même procédé, le transport se fait.
Les salles de dissection demeurent toute la journée ouvertes, de huit heures du matin à six heures du soir, même en hiver ; grâce à un éclairage bien installé (l’éclairage électrique à Vienne, à Berlin, etc.), les travaux peuvent être prolongés longtemps, jusque dans la soirée. L’élève n’est donc nullement astreint à une durée de présence déterminée : il jouit, à ce point de vue, d’une liberté et d’une initiative très grandes. 11 suit de là, naturellement, que la surveillance ne saurait être établie sur le même pied qu’à l’Ecole pratique de Paris ; pourtant, toute la journée, l’étudiant trouve à qui s’adresser: le professeur lui-même, les prosecteurs et les aides so succèdent . tour à tour dans les salles. A Berlin, M. le professeur Waldeyer institue chaque année, en dehors du personnel officiel de ! l’institut, un certain nombre de moniteurs, pris parmi les ! étudiants les plus instruits (7 ou 8 ordinairement), et qui rem- j plissent à peu près les fonctions de nos aides d anatomie. j On ne saurait nier qu’il y ait avantage à laisser ainsi à I l’élève libre accès aux salles de dissection, et a lui permettre j de combiner lui même ses heures do travail pratique avec les j cours qu’il désire suivre. Mais un autre caractère plus heureux I encore de l’organisation anatomique, et bien propre a faciliter a le travail personnel de l’élève, c’est ce fait, qu’il trouve grou- 1 pés à l’Institut anatomique, tous les éléments de l’étude de J l’anatomie; qu’il y trouve, à part les salles de dissec- ■ tion, les salles de lecture et les bibliothèques, les salles J d’étude et de pièces sèches ou conservées, les musées, enfin et* surtout les cours, tous les cours.
Presque tous les instituts sont pourvus d’une bihlmfh' pour les élevés, bibliothèque qui renferme iJÏ , b bl.o heque, mie, allemands ou étrangers et un , „ T lra,ltés d«'iatonaux. Mais ce qu’il faut remarquer surtout” "Tr® c,e..J0lIrdes salles d’étudo (studirun^s-saali ’ nni lnstallation
tout, maisspécialemontà Vienne- miVo w IT pr®Squo Pai'-
la journée aux élèves on vZlt i 03 touto 1 ann6o> et toute d’ostéologio, et surtout des préparations ^ piècCS
vees dans de grandes cuves pliine‘S d’afcooT^W C°nSC‘" aux eloves qui vont snhir i > 000 ■ c est permettre
« - sur i» ziz rsi' zziî: s*: M p,eu "c
lion se rencontrent dans tous les mn« ; f,cuves cle conservait elles rendent le? plus Z nT ^ anatomi^ùl-étran-
perte d’un grand nombre do pièces démon % °r üvitant la conservo souvont des frao-mpni J n,. cm°nstratives ; on y
presque entiers, qui offrent quelque anomabè °U dCS cadavres 810,1 générale des viscères pal- exemple o è’ U"? i,lvci'cuves d’alcool que sont nlorm-ée* 1 ! ’ * 1 aussi dans ces
gélation, si démonstrative^ X auss? LT* T»08 ^ co»" a Leipziz, ou du prof. Waldeycr à i), ’i °? du P''of- Prauno, déborder que d’une mince couche ï '"/ ° 11lc>uide no d°'t fermeture, par un couvercle do verre d^^6 ^ lT° ; la tique. A Saint-Pétersbourg nmio ’ doit ctro trüs hermédruber, des pièces conservées ainsi ^ui^inTais mUSé® d°
de nnsS^mMoXt6^ rtr°r{
laboratoires, lo musée est bien ni ‘ °S de dlssecll'on et des i.r et devenir
eleves Do plus, il est en quelque sorte î- ° Utl ,té Pour ,Cs scur d anatomie et de son 2e iaPanaS® du profes-
objets successifs de scs études i maitro Y rassemble les fierté scientifique : il fa ^ ™ une par, de sa
hossek, à Peslh ; de Teichmain t n® °S musées dc Len- Saint-Pctersbourg. Lo musée ri« r Aacov,e’ de Griiber, à grandes salles, dont les collections ont éïén ^ f°rmé do deux jenouvelées depuis quelques année*- -, Presque entièremen t lottes et de pièces ostéolociques blanchit Une,série de sque- Pe.ch.nann, ce sont surtouUes 2 P3r Ia méthode de lymphatiques qui représenter, M" ,J.e,ons vasculaires et les toutes pièces pVts aVec la de Ce
est Préconisée par le prof. Teichmann r ’nject!on specale qui beaucoup plua vaste encore - H î Ife,nTnisee de Gruber est
vaü leurs du siècle. Appelé à Saint-Pétersbourg par Piro-off qu. venait do fonder la chaire d'anatomie à l’A, r ’
» rS
cahieis ou 1 anatomiste notait chaque jour ses constata
l:Z»Ts iw,awn°‘ ■ " y a lk “ f<«i >~CZT.
Gruber ne parlait pas couramment le russe - il enseignait dans une langue à lui où l’allemand et le russe se mêlaient au latin, ce qui n otait rien au succès de son enseignement T o
““T “ comr° ,de tr0is salles Pfi'>»iP»les et d^untT annexe historique : dans la première salle, une riche collection de cianes et d anomalies crâniennes; dans les deux autres les corrosions de Hyrtl, le chef-d'œuvre du genre, offertes par le «land anatomiste viennois à Gruber, son élève; des préparations vasculaires, de nombreuses anomalies musculaires dont Giuber faisait son étude de prédilection; il existe même deux ou trois pièces dues a des étudiants, du temps de Pigoroff
Hp î1Stf0VqTUe aPPartiennent les curieuses collections de Gi uishank et de Leuwenhoek, et quelques masques en plâtre celui do 1 empereur Nicolas, etc. P ’
En effet, les musées d’anatomie sont ordinairement répartis en plusieurs sections: 4° Section historique, souvent fort intéressante, nous layons déjà vu; à Halle, c'est une riche collecion de crânes et de pièces tératologiques, le musée de Meckel • a lena, 1 on garde encore une série de squelettes de petits animaux préparés par Gœthe, alors que le poète naturaliste ébauchait sa théorie de ln vertèbre. Chaque institut conserve ainsi les souvenirs de sa lignée scientifique. 2° Section d'anatomie humaine : nous signalerons le nombre des pièces conservées dans l’alcool et la mésestime croissante où tombent les pièces sèches, peintes et vernies, sauf pour certains points spéciaux, et aussi les coupes transversales des membres injectés et du tronc, coupes par congélation, fort démonstratives. Rappelons encore les pièces schématiques en cire, et surtout la série des embryons de Mis ; il existe à Vienne,’ au Josephinum, tout un musée ainsi composé de modèles en cii e. A Laie, a 1 Institut du prof. Kollmann, nous avons vu des moules en plâtre de plusieurs régions, colorés, et qui doivent être fort utiles pour les démonstrations. 3° Section d'anatomie comparée et d’anthropologie, très importante, souvent, comme a Iéna, où elle a été rassemblée par Oken et Gegenbaur, a Breslau, etc. 4° Section de tératologie : cello do
Breglau encore, pour le nombre et la rareté des pièces humarnes, nous semble hors de pair.
Los musées complètent l’ensemble des éléments d’étude por-
S°rineii^que leevet,’ouvo & l’Institut anatomique. Arrivons a 1 enseignement proprement dit : H
Nous l’avons dit plus haut, on enseigne beaucoup plus en
omagne que chez nous, et nous ne saurions en fournir de
natomiT fGJ°rapl°’ ?ue .ce 9ui se passe à un grand institut d’a-
qu s”v font onl ?Mlin' Voici le Programme des cours
qui s y lont en oo moment (1).
Anatomie humaine. - Prof. Waldeyer : neuf cours d’une heure par semaine (cours payants : privatim).
Néologie - Prof. Waldeyer : un cours de deux heures par semaine (cours public : offentlich).
«ÏÏmÜST - ^ ,,e"lwls ■ «“*™ p»
~ Proi ■■ » Par -
J}nn?lS0ie et syndesmol°9Ù de l’Iwmme. - prof. Hartmann : deux cours par semaine (privatim).
Théorie de Darwin (Darwin’s Lehre), - prof Hartmann . un cours par semaine, avec démonstrations (cours publTc) '
«tfw i dpJ7£i mimaux’ et en i>“n- <*«
(cours public). f' F t80h : un 00ur8 Par semaine
pa^ semaine (prirotim^6* ver^r^8, ~ prof. Fritsch ;4 cours pHvatim)^16" ~ D' Rabl-Riickhardt : un cours de deux heures
monstrations!— D? ?£nïa ^deu^cou8168 Cellul{iS> avec dé'
, . . „ naa . doux cours par semaine (privatim)
Anatom^ fuie du système nerveux central — D>' H Vir ’ chow : un cours de deux heures (privatim) * VlP"
^tcMement trajet des fi»™
° . un cours par semaine (privatim).
mandes; au cours magistraux, aux Vorlesùngen, assiste cons tamment la presque totalité des étudiants inscrits. 1 tel cours' so donnent, dans le grand amphithéâtre (Auditorium) de l’Institut dauties, dans des salles de cours plus petites ou même dans les laboratoires et les salles de dissection. — La leçon est toujours essentiellement pratique; il est un peu suranné de re présenter le professeur allemand lisant un cahier de cours toujours le meme je ne sais ce qui se passe aux Facultés de’droit ou de théologie, mais ce qu’il y a de certain, c’est que dans es 1 acuités de medecine, tous les cours, et ceux d’anatomie et de physiologie, comme les cours de clinique, ont une allure très vivante et une forme toujours démonstrative l e professeur présente une série de pièces fraîches ou conservées il explique des planches ou il dessine lui-même au tableau À Lerl.n, dans le corridor qui précède l’amphithéâtre, sont installées a hauteur d homme, une suite de vitrines, où l'on rassemble, avant chaque leçon, les pièces qui ont trait à l’objet du cours : les etudiants sont libres ainsi de les examiner à loisir De ces cours quelques-uns sont publics, la plupart sont prives, c est a-d.re payants : un petit nombre sont particuliers (pi ivatissime), et n admettent que quelques élèves plus instruits ou meme des médecins. Il faut signaler l’heureuse institution d un cours d anatomie topographique, spécialement réservé aux etudiants qui viennent de terminer leur temps d’assistance aux cliniques (deux ans). C’est un excellent moyen de leur faire revoir 1 anatomie appliquée, qu’ils sont alors en mesure de comprendie. A 1 Institut anatomique se passent aussi les examens pratiques. En Allemagne, l’étudiant est astreint à fviire une préparation d anatomie. systématique ou topographie que, mais il a de plus a présenter une dissection de nerfs, et à exposer par écrit (geschriebene Erklârung), la région qu’il a préparée. Il est de quelque intérêt de transcrire l’article du Règlement universitaire Autrichien, qui concerne l’examen pratique d anatomie: « Le candidat devra faire preuve : 1° de connaissances ostéologiques; il devra décrire et nommer sur le •squelette ou sur le cadavre, les différents segments osseux ; reconnaître des os ou des fragments d’os, indiquer 1 âge et le sexe de l’individu auquel ils appartenaient; enfin montrer qu il connaît à fond la structure et le mécanisme des articulations ; 2° de connaissances d’anatomie topographique : il fera, en présence de l’examinateur, sur le cadavre, la préparation d’une région, et l’ouverture d’une cavité viscérale, pour en démontrer les differentes {parties disséquées. Il aura en même temps à décrire le trajet et la situation de vaisseaux et do nerfs isolés, et à les découvrir par le plus court chemin (auf Ivurzem
Wege a'uf zu suclien) Cf^sontles découvertes, telles qu’on
les demande depuis plusieurs années, chez nous,' aux examens pratiques d’anatomie, t L’examinateur peut poserau candidat des questions d histologie, ou lui fairo préparer ou décrire des pièces microscopiques. »
Nous abordons la question si importante du personnel. Il existe une hiérarchie du [personnel anatomique, qui forme un seul corps comme l’Institut lui-même forme un seul tout • mais cette hiérarchie laisse à chacun do ses membres une laige part d indépendance dans sa splièro. Chef unique et responsable, le professeur ordinaire réunit sous sa haute direction renseignement théorique et pratique. Dans les grandes Universités, on trouve doux professeurs ordinaires d’anatomie : a Berlin, le professeur Waldeyer, enseigne l’anatomie humaine; le professour Ilertwig. l’anatomie comparée et l’embryologie ; a Vienne, 1 Institut anatomique est divisé en deux moitiés, pour les professeurs Toldt et Zuckerkandl. Le personnel se compose : des professeurs extraordinaires — des prosecteurs — des aides ou démonstrateurs. Les professeurs extraordinaires, dont le grade est analoguo à celui do nos agrégés, sont en nombre toujours très restreint : il y en a doux à Berlin (professeurs Fntsoh et Hartmann); quelquefois le professeur extraordinaire conserve le titre et les fonctions de pro- = nous citerons M. Karl Bardeleben, le Directeur de 1 Anatomischer Anzeigcr, qui, depuis quinze ans, est attaché a titre de prosecteur et de professeur extraordinaire àl’insti tut anatomique d'Iéna. Le professe,,,- extraord Z e (L g f i d anatomie), prend une part effective et continue à l’onse^nement de 'anatomie, pendant les deux semestres, il est chargé d un ou de plusieurs cours, il dirige des exercices pratiques
î’t p!"StltfUt anatom‘qui ses élèves et son laboratoire.
Les 1 i osecteurs portent encore le titre d’Assistants du di-o
âtooStoï™ • °ÎTeP*,"n^ ; à PragUe’ 2 et 2
assistant'pcîl’c est’un démonstrateur))’ °'S * « -
ils sont cïargés’de'vei lier ^nu v” d isse’ n°“.nide? d'“"atomio ; parer les pièces du cours eto A ? d,M élèvea- d<! Vré' toujours réservé - de V ca i:,1,Jt de travail leur est
donnent uno série do fenêtres des amPllltheatre, et où
ne ue lenetres, des tables, pourvues de micros-
copes et de réactifs, sont installés" pour les démonstrateurs. Ils sont en'général, nommés pour un an, mais avec la faculté d’être prolongés; ils conservent généralement plusieurs années leurs fonctions, qui sont un acheminement au prcsectorat- il est évident qu'un grand nombre d’entr’eux n’obtiennent jamais ce titre, et ne le briguent même pas : ils cherchent seulement dans leurs fonctions de démonstrateurs, un élément d’études pratiques : quelques-uns deviennent, plus tard, assistants de chirurgie.
La situation du prosecteur est tout autre. Choisi parle professeur, comme les assistants des Cliniques, et nommé sans limite déterminée, il est entré dès lors réellement dans la carrière anatomique, et libre de la poursuivre, sans se voir interdire brusquement, au bout de quelques années, son laboratoire et ses moyens de travail. Bientôt privat-docent, il sera plus tard prosecteur dans une école plus importante, ou professeur extraordinaire ; ii suivra ainsi, au gré des vacances successives et suivant la notoriété qu’il se sera faite, les différentes étapes de la hiérarchie universitaire ; je citerai, un seul exemple, celui du professseur Born, de Breslau, qui a bien voulu me prodiguer ses explications : après des études faites à Breslau et à Berlin, où il était démonstrateur, le Dr Born écrivit une thèse d’anatomie, dont il fit hommage au professeur Iieidenhain ; il obtint une plaee de prosecteur à l’Institut anatomique de Breslau, il y est devenu professeur extraordinaire, il y est depuis treize ans, il était candidat à la chaire de professeur ordinaire, dans une autre Université.
Ce qui permet une spécialisation aussi hâtive et aussi tranchée, c’est précisément le système universitaire en vigueur, qui crée au prosecteur des moyens d’existence largement assurés, et qu’il peut lui-même développer encore. Il est un premier fait, peu connu, semble-t-il ; le traitement officiel est plus élevé qu’en France: celui des prosecteurs varie de 2,700à 3,900 marcs (3,375 fr. à 4,875 fr.) ; presque toujours ils ont leur appartement à l’Institut anatomique. A ces ressources fixes s’ajoutent celles de leurs cours payés, qui, surtout dans les grands centres, deviennent extrêmement fructueuses. Qu’il nous suffise de dire que le professeur Waldeyer, à Berlin, se fait annuellement un revenu de 80,000 marks ; on comprendra ce que peut être, toutes proportions gardées, la situation du personnel secondaire. En résumé, ce qui semble bien étrange en France, l’anatomiste allemand peut vivre et s’enrichir de l’enseignement de l’anatomie.
Quant aux moyens de travail, ils sont vraiment hors do comparaison. Chaque prosecteur possède, à l’Institut anato-
miquo, un vaste cabinet do travail : bien éclairé, bien chauffé cecabinot renferme dos vitrines, une bibliothèque, plusieurs microscopes, et tout l’arsenal nécessaire à l'étude de toutes les branches de l’anatomie. Le prosecteur est là, chez lui, dans son laboratoire particulier ; il y passe les heures que renseignement lui laisse libres, il y admet quelques élèves spéciaux, il y organise ses recherches personnelles. Lebudgetdo l’Institut ahmento largement tous ces laboratoires y lo professeur directeur de I Institut, est intéressé personnellement aux travaux de ses aides ot au renom de son écolo ; à être plus original enseignement ne saurait souffrir. - Il faut reconnaître, en toute franchise, qu’a Paris, dans uno écolo pratique qui date de quelques années à peine, los conditions sont tout autres • de très beaux pavillons, un nombre de cadavres toujours supérieur a la moyenne do ceux des écoles allemandes, dos répétitions très nombreuses; tels sont les avantages inappréciables que trouvent les elèves à l’écolo pratique de Paris, et qu’ils ne sauraient trouver nulle part, à un tel degré do développement Mais le personnel enseignant est moins favorisé ; quant aux
"}?yens ,d° travail> 11 «’oxisto qu’un seul prosecteur, au sens c lemand du mot, c est lo chef des travaux anatomiques.
o est a sa large et prévoyante organisation, que la carrière anatomique, en Allemagne, doit d’être recherchée à l’égal des
,C CSt à eU° quc ranatomie allemande doit tout son essor Cet essor, à quoi servirait-il de le nier ? L’anatomische Gesellschaft, qui se recrute parmi les anatomistes
e.i maTcw’ •COmptf6 aujoU1'd’hui 2! 1 membres; à Wurtzbourg, stü 77 iniier ae tenaitun Congrès d’anatomistes, qui réunisti membres, et il suffit do parcourir cette longue liste pour constater que la plupart d’entr’eux ont une haute noL
îàit d’auïei qUG’ f0ndé° SUI' leurB travaux personnels. S’il falm Preuves, nous pourrions énumérer le nombre des
maPnTd^ ' ques et des traités qui paraissent en Alle-
tomié 1 g anS’ °U 6nC0re celui des Journaux d’ana-
gieifanltomi’iLf3 °Ublier qU6 notre ^rande école de chirur- WePPnt 1 . ’.,au, commencement du siècle, a rayonné sur
mands s’avoue/en n ^ PaS dentendre des maîtres allefeaigne I ;mCmeS eleVes de VelPeau ou de Malmaft™ lustre™10 itS rpte’.a^0urd'hui encore, des français et il suffit a"atomie chirurgicale est un genre tout vogue fouissent à vJ™*’ P°UrS Cn ^vaincre, de quelle phique tous rlna ' ,L iaaoCI> nos livres d anatomie topogra-
M-1C WaMeyer “0U8 ’ qu voudrait avoir parmi ses prosecteurs ou
ses démonstrateurs, d’anciens aides ou d’anciens assistants de chirurgie; que sans doute, avec cette préparation, ils sauraient concevoir autrement 1 anatomie et 1 enseigner plus pratiquement. Rompre le lien qui unit en France l’anatomie à la chirurgie serait enlever à l’une et à l’autre un de ses traits d’originalité. Mais, il 4aut bien l’avouer, tel qu’il est organisé, l'enseignement anatomique n’est pas et ne peut pas être* à lui seul, une carrière. Comment pourrait-il rivaliser, à armes égales, avec la science allemande ?
La spécialisation anatomique ne saurait aller sans un remaniement complet de l’organisation. Qu’il nous soit permis d’émettre une hypothèse : Si l’on institue jamais en France, comme le voudraient plusieurs de nos maîtres, de véritables assistants de chirurgie issus de l’Internat, la séparation du personnel anatomique et chirurgical sera dès lors une nécessité : le prosectorat deviendra un titre et une fonction exclusivement anatomiques. Si dès lors l’état actuel persistait, l’Ecole pratique ne tarderait pas à être désertée; et, à moins de rayer l’anatomie du programme universitaire, on devra créer la carrière anatomique qui manque. Réduire le nombre des prosecteurs en accroissant leur part d’enseignement, leur initiative personnelle, et leurs moyens de travail ; leur fournir par un traitement officiel plus élevé, et surtout par l’institution de l’enseignement rpayé, des ressources suffisantes à leur créer une indépendance et susceptibles de s’accroître par l’activité individuelle; les nommer sans limites ou pour une très longue durée ; leur assurer, par les mutations établies entre Facultés et la création d’une carrière anatomique française, et non plus seulement parisienne, lyonnaise, etc... un avenir plus large et plus certain': tels sont le3 éléments qui permettraient seuls d’avoir des prosecteurs anatomistes, voués définitivement à la .carrière anatomique, comme les assistants de chirurgie le seraient à la carrière chirurgicale. Les aides d’anatomie se recruteraient toujours parmi les internes de chirurgie : n’ayant pas encore le rôle et la pratique étendue des assistants, ils combineraient sans peine leur doubles fonctions, l’antisepsie pourrait s’en accommoder sous la réserve d’une propreté soigneuse, et ne voit-on pas, dans toutes les cliniques étrangères, professeur do chirurgie et Assistants passer journellement plusieurs heures à l’Institut anatomique, pour leur cours opératoire ? Enfin, ce serait toujours parmi les internes, aides d’anatomie, que seraient choisis les Assistants de chirurgie; à cette condition, le recrutement du personnel de l’Ecole pratique, loin de souffrir, serait mieux assuré; les jeunes chirurgiens recevraient toujours cette édu-
cation anatomique et opératoire qui est comme la marque do la chirurgie française, et renseignement anatomique lui-même ne perdrait rien de son ca" ictère pratique. On créerait ainsi un véritable Institut anatomique, école d’anatomistes et de chirurgiens, qui, dans ses larges proportions, n’aurait pas d’égal. Peut-être le jour n’est-il pas loin, où une telle hypothèse deviendra une nécessité urgente.
Autres Instituts.
Nous avons cherché à donner une idée précise dos Instituts de chirurgie et d’anatomio : la description sommaire do quelques autres Instituts nous montrera partout la même cou ception fondamentale.
La clinique gynécologique (Fraiicn-Klinik) constitue un des plus grandioses instituts de Berlin. Elle est dirigée par le professeur Oldshausen, le successeur de Schrœder. 'Elle comprend deux étages; un ascenseur conduit les malades au second étage, où se trouve l’amphithéâtre ; elle renfermo non seulement le service des accouchements, mais encore le service gynécologique et celui des laparotomies. A la salle d'accouchements, au pied de chaque lit, un pupitre et une chaiso sont destinés à 1 élève, qui est désigné pour suivre le travail et prendre l’observation. Une liste de précautions minutieuses dont l’exécution est rigoureusement surveillée, est affichée à 1 entrée de la salle d’accouchements et est distribuée à chacun des « pratiquants ». — Au rez-de-chaussée, plusieurs petites salles, bien isolées, dans une des ailes de l’établissement, sont reservees aux malades fébriles ; au second, il existe do même une salle a part pour les inopérables, cancers utérins, etc. Uno sérié de chambres reçoivent les autres malades ; la salle de laparotomies, fort simple, absolument vide hors des jours d operation, est soigneusement fermée. Nous avons assisté à une dos cliniques du professeur Oldshausen; l’amphithéâtre, Juen éclairé de face, est pourvu d’un assez large hémicycle, avec le lit à spéculum, au centre ; les élèves avaient été d’abord rassembles dans une salle du rez-de-chaussée, et l’un des assistants avait désigné deux d’entre eux sur le registre de clinique, pour les examens gynécologiques. Ils furent appelés à examiner publiquement plusieurs malades, répondant aux dl/ pi;ofess\eur et “tiquant les résultats de la iP‘h P, . .. du touchet\ M. Oldshausen reprenait lui-même
a iuestioniniîqUC ? 61°mCnts du diagnostic, et, élargissant la question, il vint a faire, en prenant pour base un des cas
présentes, une leçon complète sur l’hématocèle rétro -utérine •
il cita à plusieurs reprises Nélaton, Voisin, Bernutz et Goupil, etc.
A Berlin encore, un autre Institut, d’un genre tout autre et tout recent, nous fournira un nouvel exemple de la richesse des moyens matériels qui sont mis à la disposition du haut enseignement : je veux parler de l’Institut Zoologique et du Muséum fiir Naturkunde qui en est voisin. Ouvert depuis quelques mois, l’institut zoologique est pourvu de tous les éléments de recherche scientifique : le directeur, le professeur Schultze,est loge dans une dépendance de l’Institut; le personnel se compose de deux professeurs extraordinaires, et de deux assistants, qui ont chacun leur laboratoire; les assistants y ont aussi leur appartement. Eclairés à la lumière électrique, l’amphithéâtre et les salles de travail pour les élèves sont grandes et fort bien aménagées; dans le sous-sol, un aquarium d’eau douce et un autre d eau de mer ; à l’étage le plus élevé, une étuve, Warmes Zimmer, à toiture de verre, où sont disposées des cages de verre en forme de lits, à fond constitué par une série de tubes enroulés où circulera l’eau chaude. Le muséum d histoire naturelle (fiir naturkunde) est encore en construction, nous devons à la courtoisie de M. le professeur Môbius d avoir pu en visiter les collections encore en voie de classement; il y aura deux séries de collections ; au rez-de-chaussée, le musée public (Schausammlung) ; au premier, une section essentiellement scientifique (Wissentschaftliche Sammlung), réservee aux recherches, et ou les vitrines seront ouvertes aux travailleurs ; ces grandes salles, dont l’accès journalier leur sera si facile, deviendront pour eux d’une utilité inappréciable. Les vitrines sont construites avec le plus grand soin; chaque porte s’emboîte par une lame verticale qui part de son montant dans une rainure aussi verticale de la paroi opposée de la vitrine ; le fond de la rainuro sera rempli de coton, et l’accès de l’air et des germes ainsi totalement défendu ; le fond des vitrines est en jaune clair, ce qui permet auv objets de ressortir et de se détacher mieux dans leurs détails; enfin, près de chaque groupe d animaux seront placés un catalogue de leurs espèces, et une carte du globe, teintée aux régions de leur habitat; le même classement et les mêmes détails existent, du reste, au magnifique musée d’histoire naturelle do Dresde.
Je ne saurais refaire ici la description de l’Institut de Physiologie du professeur Dubois-Reymond. L’Institut se partage en quatre divisions ou services (abtheilungen) : i° physiogie proprement dite; 2° physique physiologique; 3° histoogie et anatomie comparée; 4° chimie; il en résulte quatre
segments isolés et complets. Le professeur Dnbois-Reymond enseigne toute la physiologie dans le cours d’une année • en hiver .1 fait, par semaine, trois leçons de deux heures et deux de une heure; en été, deux leçons de deux heures et une de une heure; c'est la physiologie des muscles et des nerfs et la physiologie générale (Stoffwechsel), qui est réservée pour le
dW0nn,?-SemeStru Lcs leç0ns Sont toui°urs accompagnées d expériences ; 1 enseignement do la physiologie pratique est
organise de la façon suivante : à côté de Lamphitheatre se tiouve une longue salle, et, à une do ses extrémités, derrière une grille a hauteur d’homme, une table d’expériences, qui par derrière, communiqué avec un laboratoire ; les élèves sé rassemblent dans cette salle de démonstration pratique et par groupe de quinze, ils viennent surcessivement entourer K rampe et assister à l’expérience. On la répète plusieurs fois et il dov.ent possible, par ce procédé, de la faire voir « do à t0.ns le® pistants. Il est évident qu’un petit P AC r seulement de faits physiologiques se prêtent à ces démonstrations successives; mais bien observés, ils sont incontestablement d un bénéfice plus réel, que de nombreuses expériences entrevues de très loin. La section d’histologie dnigoepar le professeur Fritsch et lo docteur Benda, est surtout frequentee par des élèves plus avancés, qui préparent des travaux, des thèses, etc. - C’est à la section de eldmie que se font les travaux pratiques pour les étudiants : ils suivent les
Faeul tfrr d!.nn8tltut de Chimie- ^ dépend do la mî’fl'In ma,S ila ne font d’exercices pratiques
dechm B PAyS,° °giqU6’ dépendant de la Faculté de médecine. Il en est de meme pour la physique. Il semble v avoir
a cette organisation un réel avantage, dans le caractère n!n s
imprimé \ ces «Sta f “!
zôtiôllZ J deZT a' "USS‘ *“ cours d" ‘'Institut de
inscrire p ‘ur y trfvS! mi"S Un pelit - f°»‘
A l’Institut du professeur Heidenhain, les élèves
ont exerces a la pratique histologique pendant deux semestres • pen ant le premier ils font des cVupes^t des tZ™Z3, pet . . second. ds abordent des préparations plus difficiles Ils assistent aux expériences physiologiques, mais ils n y ™
Wt Pian eux:memes- «auf des cas exceptionnels A Halle nstitut du professeur Bernstein est aussi richement doté dé
son Institut serait reprendre une histoire que nous avons déjà
faite plusieurs fois: tous ces instituts répondent au même type et révèlent le même esprit.
Nous ne saurions pourtant passer sous silence l’Institut anthropologique de Pesth, dirigé par le professeur von Térek. Il fait partie de cette série d’instituts (physique, chimie, physiologie, zoologie, hygiène), établie sur le Museumring. Très peu d’élèves y travaillent, mais son installation et ses collections fournissent au professeur et à ses assistants d’amples ressources. Il renferme 6.000 crânes et 600 squelettes; un cabinet d’appareils, fort richement ilote, complète l’installation. Elève et grand admirateur de Broca, le professeur von Térek conserve devant son bureau de travail la photographie de notre illustre anthropologiste.
Ainsi, l’ordonnance est la même partout : des moyens do travail extrêmement développés, le professeur chef souverain de son institut et chaque membre du personnel enseignant n’en ayant qu'une plus large part d’initiative personnelle. Cette initiative devient la condition même du travail et de la production scientifiques.
Caractères principaux de l'enseignement allemand.
S’il nous est permis de résumer en quelques traits les conclusions qui se dégagent de cette étude, nous rapporterons à trois chefs les caractères d’originalité de l’enseignement allemand : 1° L’enseignement, et en particulier l’enseignement médical est, à lui seul, une carrière; 2° Il y a décentralisation au sein de chaque Université ; 3° Il y a décentralisation entre les Universités.
Fournir à la carrière de l’enseignement assez de ressources pour qu’elle puisse devenir, à elle seule, une profession suffisante ; en ouvrir largement l’accès, créer un large champ à l’initiative individuelle, et mettre les grades et l’avancement au seul prix de la production personnelle; ce sont là d’excellentes conditions pour assurer à chaque branche de la science un recrutement de travailleurs spécialisés et directement intéressés à ses progrès. Telle est l’idée maîtresse ; ce qu’elle devient dans la pratique, nous allons le voir.
Ce serait une erreur de croire que les ressources de l’enseignement payé soient les seules du corps enseignant. Les traitements officiels en Allemagne sont tous plus élevés qu’en France; c’est un fait que signalait M. le Dr Raphaël Blanchard et que nous avons retrouvé partout. Voici quelques chiffres: les assistants ont un traitement de 12 à 1.500 marcs (1.500 fr. à
fesse u rg français ; il y a toujours, pour les professeurs de?* nom un supplément de traitement, fort difficile à connaît™" que les Universités leur assurent en les « appelant? S *
de pZ,bûrLL“ SSiSÏÏ: Zl (ll50° ,r-': *
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Facultés, s’ajoute le^Ùe^Dllid’ïrpradui* dTlé 1° "03 ment payé. Les assistants ont leurs cours de dtJZ T®"?' medecine opératoire, etc., et nous av“"vu ce ou’?," à d°
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L™ ,Xwrn,"r?si,.T8eexe!”pi<'1 ,m «•'”« «s
plus souvent, se paiera, pour un sëméstre^'Ô m'all Tî le tau.x est à peu près identique en Suisse (5 fr ??CS domadaire, de 20 à 2e) fr , UISSe (5 lr- Par heure heb-
cours par emaineî à £rP“ t TT™’ ^ qUatre he-^ de
coup plus élevé : ils coûtent?! ,\ I? S° dent. à Un tarif faeau-
(70 fr.), quelquefois plus. D’après ceT^onn 35 marC3
concevoir que le traitement i CQ\ donneest d est aisé de triple. Un U £,*£"“ '1°™ ,le‘ Ie tr°“b = doublé ou mémo
mand consacre une aussi Urne p“t de",o “ ,professeur “'legnement, et comment on voir rie? f • d temps a 1>enseilement trois ou quatre heures S j'1"'U,'Sl<”ls Pas«r journelet deux heures de l lprès-mfdi 1,1 m*l,ne6 à le“f Clinique,
lui pe de se
nelles et à l’enseignement. Voilà pourquoi il se fait tant de cours aux Universités allemandes.
Ici nous abordons une autre face de l’enseignement allemand, la liberté dont il jouit, conçue dans un sens, est aussi large que possible. Être Privat-Docent, telle est la seule condition requise pour avoir le droit d’enseigner; et cette « venia docendi » s’obtient à la suite d’épreuves qui n’ont nullement le caractère d’un concours, et que tout travailleur peut affronter. Les Universités allemandes ne craignent pas d’accroitre le nombre de leurs privat-docenlen ; c’est accroître du même coup l’émulation et rehausser le niveau de l’enseignement. Aussi le chiffre du personnel enseignant et le nombre des cours sontils comparativement très supérieurs dans les Universités allemandes. Voici, pour quelques universités, un relevé qui le démontre nettement.
Il faut'ajouter qu’un certain nombre de professeurs, de professeurs extraordinaires ou de privat-docenten font plusieurs cours, ce qui accroît d’autant le nombre total; le relevé des cours qui se font, cet hiver, à la Faculté de médecine de Berlin, donne les chilfres suivants : Histoire de la médecine 2; Anatomie 16; Physiologie U ; Anatomie pathologique 4 ^Médecine 42; Thérapeutique 5; Chirurgie et maladies cutanées 23 ; Ophthalmologie 12 ; Otiâtrie 4 ; Maladies des femmes 15; Médecine légale et hygiène 9 ; Dents 6; Cliniques internes 3 ; Cli-
niques chirurgicales 2; Clinique infantile 1 ; Cliniques gynécologiques 2 ; Clinique ophthalmologie 1 ; Clinique ôtiatriquo 1 • Clinique nerveuse; Clinique de syphilis 1; Clinique des maladies du nez du pharynx et du larynx 1; soit, en comptant les c iniques, 162 cours, et de plus, 6 j autres cours exclusivement pratiques.
Non seulement le privat-docent a le droit de faire un cours mais il y trouve un double intérêt ; c’est sur son enseignement.' sur ses succès, sur les travaux scientifiques dont ces cours seront objet et la révélation, que les Universités le choisiront poui remplir telle place do professeur extraordinaire ou ordinaire; et ainsi, se.3 cours deviendront à la fois pour lui un moyen d existence et un élément d’avenir.
Ce qui est vrai pour le privat-docent, est vrai aussi pour le professeur extraordinaire , pour le professeur ordinaire luimeme. A tous les degrés de l’échelle universitaire, le même procédé do recrutement existo : le choix, basé sur les travaux personnels. Le concours, tel qu’il est établi chez nous, n’existe sous aucune forme.
I /îfnni! m0t de CA0ix soul6ve toujours qnelques répugnances. Le danger, qui est bien réel, il serait inutile de le nier, est, en
J , ' A°?|UrYn Pnde partio par le reste do l’organisation universitaire, et cela, grâce à la décentralisation.
La décentralisation, dans tous ses modes, est l’esprit même de enseignement allemand : elle existe au sein de chaque Université, elle existe entre les universités, elle est, semble-t-il la plus solide assise do leurs succès. En donnant à chaaué
S^oersonnelA ™t0™mie PrcscIU0 entière, un institut séparé, bilifé pffp t- qU *1 c 10lslt’ 011 llli crée aussi une responsa- \ 6t réelle; sa situation n’en devient unp ' hauite et P US enviable- La Faculté est transformée
associésSedàns ^Ah1?8 d’ensei?nement» centres autonomes, Tendants commun, mais qui fonctionnent indé-
deseeTen8dïor,:ÆT0if 1ï",nôme ses et ses ai-
ues est en droit d attendre beaucoup de son personnel ■ et
nafeux mîm P ' aU mi6UX leurs fo"ctions et de produire
parés“ë„"sê"grem^t,U^^èCle ^ ''M.i8tence <•* centres sébonne heure °et mÏÏle t la spécialisation se crée de
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touchons à la dernière caractéristique du système universitaire allemand, à la décentralisation des Universités.
En France, chaque Faculté de médecine forme une école fermée ; il y a une carrière chirurgicale à Paris, et une autre à Lyon, à Bordeaux, etc .. sans qu’il y ait possibilité d’échange ni de débouché ; chacune d’elles, dans toutes les branches de l’enseignement, doit se recruter elle-même perpétuellement. A l’étranger, 26 Universités de langue allemande s’ouvrent à chacune des carrières.
C’est un des traits qui frappent le plus dans le système allemand, que l’existence de ces centres universitaires, autonomes situés fréquemment dans de toutes petites villes, à Halle, à Iéna, par exemple, disséminés non seulement dans l’empire allemand, mais en Autriche, en Suisse, même en Russie (Dorpat) : entre ces Universités, il existe un lien, infiniment plus fort que la centralisation administrative, le lien d'un même enseignement et d’un personnel qui leur est commun. Il règne entre elles une sorte de hiérarchie d’importance ; l’avancement ne se fait plus sur place, il se fait de l’une à l’autre. Citer des exemples est presque inutile : le professeur Brücke, a été privat-docent à Kœnigsberg, professeur extraordinaire à Berlin, il est depuis quarante ans professeur de physiologie à Vienne; à l’Institut anatomique d’Iéna, nous avions vu le professeur Hertwig ; deux mois plus tard, nous le retrouvions professeur à Berlin, il a été remplacé à Iéna, par le professeur Fürbringer, d’Amsterdam. Ainsi se trouve constitué le puissant faisceau des Universités de langue allemande. Verrons-nous jamais une telle association des Universités de langue française ?
Il serait chimérique de croire qu’on puisse germaniser l’enseignement français, et, qu’en dépit de l’histoire, du caractère, de l’hérédité scientifique, on puisse implanter en masse tout un système universitaire. Il faut se garder avec autant de soin de l’engouement que du parti-pris; il ne faut pas oublier qu’en pareille matière, il existe des obstacles matériels et des difficultés insurmontables.
Ce n’est pas humilier la science française, c’est la servir que de reconnaître les lacunes de son organisation, et les entraves qui gênent son essor. Il y a deux points qui frappent surtout dans l’enseignement allemand ; 1° on enseigne beaucoup plus que chez nous ; les cours ne dépouillent jamis ije parle de la médecine) , leur caractère essentiellement pratique ; aux leçons magistrales, l’assistance est obligatoire pendant une cortaine période; et surtout, pour toutes branches de la science, pour chaque spécialité, l’étudiant trouve toujours à sa
portée plusieurs cours ou il peut, sous une direction étroite voir de près le malade et la technique : cours de percussion et d auscultation, cours de diagnostic, do pansements, de laryn^oogie d ophtalmologie, d’hygiène, do l’art de formuler eL.°— Le nombre restreint des auditeurs, à ces cours privés’ en est encore un avantage. On ne saurait le nier il existe 2,1,1 sérié de branches médicales que l’étudiant, à Paris quelque volonté quil en ait.se trouve dans l'impossibilité matérielle d apprendre. Et pourtant le Manuel et même le Traité ne vau dront jamais 1 enseignement oral, vivant et pratique - l’osorit français, dit-on, se prete mieux au travail solitaire, mais dans les sciences, dans la medooino moderne, faite toute entière d observations et d’expériences, il faut, pour apprendre en
un second — 2° Le personnel scientifique, celui oui travaille
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et accroître encore le niveau général do l’enseignement. Le mouvement d’autonomie, qui se révèle dans plusieurs Ecoles, à Lyon surtout, servira peut-être de point de départ à cette grande réforme universitaire ; transformer l’Université de France en un certain nombre d’Universités françaises, aussi indépendantes que les Universités allemandes, ouvertes comme elles, * appelant » leurs professeurs aussi librement qu’elles ; tel serait le premier pas à faire dans cette voie.
Mais la décentralisation des Universités ne saurait aller seule. Il faudrait élargir la liberté de l’enseignement, en lui donnant pour base une conception plus étendue et plus vraie. On se fait une idée erronée du système allemand, en supposant l'existence d’écoles rivales, soustraites à tout contrôle, en lutte avec les Ecoles de l’Etat; la concurrence n’existe qu’entre les Universités officielles, ou, au sein de chacune d’elles, entre les membres si nombreux de leur personnel. Car il faut comprendre encore dans ce personnel les privat-docenten. Le droit d'enseigner s’accorde aussi libéralement que possible, sous la seule réserve d’un contrôle officiel strictement suffisant à créer une garantie. Le privat-docent est libre de son enseignement, mais il est revêtu pourtant d’un caractère officiel. ce qui le distingue profondément du professeur libre, tel qu'il existe chez nous. Il est au premier degré de la hiérarchie universitaire; un lien, encore assez lâche pour lui laisser son indépendance, assez réel pour accroître d’autant son autorité, le rattache au corps enseignant. Le privat-docent n’existe à aucun titre dans le personnel des Facultés françaises; nos agrégés sont des professeurs extraordinaires. Ne gagnerait-on pas à créer, à côté des agrégés, qui auraient dès lors une part plus directe et plus continue à l’enseignement des agrégés libres (non pas au sens où le terme s’applique dans le système actuel), nommés en nombre plus considérable et à la suite d’épreuves bien plus accessibles, et qui seraient de véritables privat-docenten? Les agrégés seraient choisis parmi eux, suivant leurs travaux et le succès de leur enseignement : un tel mode de recrutement serait équitable et fécond, ce serait un concours sur titres, dans toute la force du terme, et où figureraient non seulement les titres écrits, mais le talent de professeur, la « valeur d’enseignement » de ceux à qui devrait être confiée une chaire officielle. Agrégés libres, les médecins et chirurgiens des hôpitaux auraient un intérêt direct à enseigner, et ainsi seraient mieux utilisées, au bénéfice des élèves, les immenses ressources d'instruction clinique que renferment les hôpitaux de Paris. La situation du professeur grandirait encore ; il serait à sa vraie place, à la tête de chaque ensei-
K?*]?* 1 fn y a uaa d aUtre m°yen de emplir les cadres tenre à 0 certaines branches spéciales, de leur faire une exis-
divhfinn ï i U" Personnel et un recrutement assuré. Cette division du travail est une des nécessités de la science mo-
erne; la Centralisation est désormais un moule trop étroit il
re'ahserrm.<Ï !^'~mem(^Iais un tel programme ne saurait’se i ealiser qu a deux conditions: 1» l’institution de l’enseigne ment payé ; 2° la reforme de l’organisation matérielle. ° ans, 1 étudiant en médecine paie environ 1 300 fr ins
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doit y transférer son ser“ce de I aZI^v^ FTir8cher- ^ présidé lui-même n 1 Allerheiligen Hospital, a
clinique magnilique, qui renferme^usqu'ilS aalSTopIl
rations. Nous avons eu le plaisir de retrouver à Berlin, M. Rydygier, et de visiter avec lui les services des professeurs Bcrgmann, Bardeleben et Küstner : le gouvernement autrichien lui avait alloué un crédit, en lui laissant le soin de toute l’installation de sa Clinique, des lits, des appareils, des instruments, etc., et il venait, à Berlin, étudier les détails pratiques de cette organisation. A Berlin. l’Institut anatomique a été fondé sur les indications deReichert, par l’architecte Cremer. En Russie, presque tous les grands établissements infantiles ont été confiés dès le début à un Médecin-Directeur, chargé d’en régler les plans, l’ordonnance matérielle et le fonctionnement scientifique. — Partout, en un mot, l'esprit de décentralisation, qui permet une meilleure utilisation des compétences individuelles et qui crée des responsabilités plus effectives, a été fécond en résultats. C’est lui qui renouvellerait jusque dans ses forces vives tout l’enseignement français.
PAiUS. — 1MP. V. GOUPY ET JOURDAN, RUE DK HENNES, 71
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