‹ L'enseignement de la langue française, ce qu'il est - ce qu'il devrait être dans l'Enseignement primaireChapitre 88 sur 104 · RAPPROCHER CE QUI EST DU MÊME ORDRE · texte numérisé non relu

RAPPROCHER CE QUI EST DU MÊME ORDRE

tifs indéfinis (!?). Et où verra-t-on le complément de : « j'irai aussi rapidement que je pourrai »? Peut-être dans les propositions comparatives. Quel est l'enfant qui est capable de grouper luimême ce qu'on a ainsi à plaisir dérobé à son observation?

Avant de quitter ce sujet, regardons encore comment se trouvent dispersés les divers moyens d'exprimer la cause. Dans cette phrase : « Ainsi ■mourut la fille cV Hamilcar pour avoir touché le manteau de Tanit » : la cause est exprimée par un infinitif précédé àe pour, préposition qui sera, peutêtre, signalée avec ce rapport à la leçon sur la préposition, encore n'est-ce pas bien sûr.

Dans : « Comme il était alcoolique, sa plaie na pas guéri», c'est une subordonnée cette fois qui renferme l'idée causale! Nouveau chapitre à feuilleter!

Dans : « Hélait alcoolique, il est mort d'une dégénérescence du foie », la cause est marquée par une proposition qui ouvre la phrase, nous ne la trouverons pas aux causales, parce qu'elle a la forme d'une principale.

Cet éparpillement, ces lacunes, ne montrent elles pas que, pour un enseignement rationnel, qui doit donner des résultats pratiques, il faut changer l'ordre traditionnel?

Nous avons présenté au public, dans la Méthode

Brunot-Bony, un spécimen de ce que pourrait être un ordre nouveau, en particulier dans le chapitre du III'' livre intitulé : Usage des compléments (mots et propositions). Les faits y sont classés d'après le» idées à rendre, non d'après la nature grammaticale des moyens d'expression. Et les idées sont rangées en catégories, de façon à former des groupes naturels.

Tout d'abord on examine les cas où l'idée est indéfinie, en considérant tout aussi bien des verbes sans objet précis : «je chasse », que des noms, pronoms, ou adjectifs, généralement seuls appelés indéfinis. Viennent ensuite les objets, les actes, indéterminés en quantité, et alors commence la détermination, par la quantité, naturellement. A « quelques » qui est vague, succèdent les adjectifs et noms de nombre, qui sont précis : cinq, mille, ou aucun, lequel n'est que l'adjectif numéral de zéro. On compare alors les quantités entre elles; on voit comment se traduisent dans le langage les opérations arithmétiques : addition, soustraction, division, ce que veulent dire outre que, et excepté que. Ainsi se termine une première section : la quantité.

Je ne puis exposer ici avec ce détail la suite du plan, qui fait étudier et connaître d'abord à l'enfant ces deux chapitres essentiels : détermination, qualification. Je ne voudrais donner qu'une idée

Page 1