‹ L'enseignement des lettres classiques d'Ausone à Alcuin. Introduction à l'histoire des écoles carolingiennesChapitre 10 sur 404 · Gratiarum actio · texte numérisé non relu

Gratiarum actio

louse !, de Narbonne *, de Poitiers 3, qui, ayant la chance de compter des Bordelais ou des parents d'Ausone au nombre de leurs maïtres, sont mentionnées par lui. Il nous signale encore des écoles à Angoulême *, à Saintes *, peut-être à Auch t.

L'école de Trèves nous est déjà mieux connue. Le rescrit de Gratien prévoit pour ses professeurs des traitements plus élevés que pour ceux des autres métropoles. Mais ne nous y trompons pas ; Trèves devait cette faveur beaucoup plus à sa qualité de résidence impériale qu'à la célébrité de ses maitres. Ausone, qui résida plusieurs années à Trèves, ne fait allusion dans ses œuvres qu’à deux professeurs de Trèves, deux obscurs grammairiens, Ursulus et Harmonius ?. Quand Valentinien chercha un précepteur pour son fils, 11 le choisit parmi les maitres de Bordeaux. C'était, il est vrai, avant 376, mais 1l est douteux que le rescrit de Gratien ait accru l'éclat des écoles de Trèves. Comme M. Jullian l'a remarqué avec justesse, Trèves élait surtout «une place d'armes*» ; les continuelles alertes ne favorisaient guère n1 le goût de l'étude, ni la formation d'une vie littéraire. On peut donc le supposer, l’Université de Trèves ne fut pas alors la plus prospère, et si elle n'a pas, dans l'histoire, la réputation de l'école bordelaise, ce n'est pas uniquement faute d'avoir produit un Ausone pour célébrer sa gloire.

Tout nous ramène donc à Bordeaux, l'absence de documents sur les autres écoles, comme la quasi-certitude que c'est là que l'étude des arts libéraux fut le plus florissante au 1v° siècle.

L'organisation de l'Auditorium ou Schola dans ces villes‘ est

1. Les rhéteurs ÆÆmilius Magnus Arborius (Prof. 17); Exuperius (id., 18); Sedalus {(id., 20).

2. Les rhéteurs Exuperius (Prof, 18); les fils de Sedatus (Prof. 20) ; le grammairien Marcellus {id., 19).

3. Le rhéteur Rufus (Epigr. 45-59) ; le grammairien Anastasius (Prof. 11).

&. Toetradins (Epist. XV, v. 22) ensecignait à Angoulème avant 383, puisque Ausone lui écrit après son retour dans l'Aquitaine (id., v. 11), et qu'il lui parle de son enseignement comme d'un fait passé.

5. On peutsupposer que le rhéteur Axius Paulus à qui Ausone adresse l'idylle 3 {Sch. p. 125} et les épitres 8 el suiv. enscignait à Saintes (Ep. 8, v. 3 et 12).

6. Staphvylius (Prof. 21). L'Histoire littéraire le fait professer à Auch dans les premières années du iv siècle ‘1, 2e partie, p. 11#). Il était, en tout cas, beaucoup plus àägé qu'Ausone.

7. Epist. XVII. Cette lettre a été écrite pendant la questure d'Ausone, c'est-àdireaprès 374. Sur Ürsulus et Harmonius, cf, Wiltheim, Luciliburgensta, p.117.

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