‹ L'enseignement des lettres classiques d'Ausone à Alcuin. Introduction à l'histoire des écoles carolingiennesChapitre 9 sur 404 · LES CENTRES D'ÉTUDES — LES MAÎTRES · texte numérisé non relu

LES CENTRES D'ÉTUDES — LES MAÎTRES

racines ! ». Il importerait, je crois, avant de porter un jugement, d'établir soigneusement la date des inscriptions, et de voir si elles ont été écrites à l’époque où l'école d’Autun était florissante. Il resterait d'ailleurs à démontrer que nous possédons la majeure partie des inscriptions de ce temps. Par contre, eût-on rencontré sur ces pierres une correction et une élégance toutes classiques, il serait loisible de supposer qu'elles ont été gravées par un lapicide habile à reproduire dans leur orthographe et dans leurs formules d'anciennes inscriptions. Les résultats donnés par cette sorte de document sur l’état de la langue à un moment déterminé risquent donc d'être trompeurs, et nous croyons devoir nous en tenir aux témoignages que nous énumérons au début.

Ïl nous est impossible de dresser la liste complète des centres où les arts libéraux étaient enseignés en Gaule à un moment donné. Les écoles sont des organismes délicats qui disparaissent aussi facilement qu'ils ont été créés. Pour qu'une école cesse d'exister, il suffit de la mort d'un maître célèbre ou de la suppression d’une subvention; et, dans la détresse du régime fiscal des provinces, les curies, on peut le supposer, furent souvent réduites à cette extrémité. La situation florissante d'une école à une époque n'autorise aucune affirmation pour le siècle suivant. Ainsi, au isiècle, il y avait eu des écoles célèbres à Marseille et à Autun. Existaient-elles encore à la fin du 1v°? Nous l’ignorons, et nous nous garderons d'affirmer avec l'Histoire littéraire? qu'entre 350 et- 400 les écoles d’'Autun étaient, à n'en pas douter, très florissantes, parce qu'elles avaient été illustrées autrefois par le rhéteur Eumène, mort en 311. De même Ausone, dans l'Action de Gräces, rappelle, à propos du rhéteur Titianus qui vécut au ul° siècle, l'existence des écoles municipales de Lyon et de Besançon*. Nous n'oserions, sans autre témoignage, soutenir que ces deux villes étaient encore, au siècle suivant, des centres de culture classique, tant les causes de désorganisation locale ont été nombreuses.

Par conséquent, dans ce quisuit, nous ne croyons pas devoir faire état des documents antérieurs au 1v° siècle ou même à la seconde moitié du 1v° siècle.

Nous avons quelques indications pour les écoles de Tou-

Page 1