Id., c'est la Tatinité presina
cryptographique mais non la culture classique. Les latinités constituaient un langage secret que les seuls initiés étaient en état de comprendre. L'objet de cet effort pour distinguer douze latinités était de « protéger les mystères !. »
L'Epitome de scinderatione fonorum *, inspirée par le même désir, nous révèle un procédé étrange, usité, paraît-il, au temps de Virgile. Il nen était pas l'inventeur. Dans les écoles d Italie, d'Afrique, partout enfin, dit Virgile *, on s’ingéniait à écrire les mots de telle façon, qu’à moins d’avoir une clef ou d'être très au courant des habitudes de l’école, on ne pût les comprendre. A quoi pouvait servir ce procédé étrange? Virgile nous le dit i. On l'employait : 1° pour exercer la sagacité des élèves, 2° pour orner et construire le discours, 3° pour que certains sujets mystérieux ne fussent pas à la portée de la foule.
Pour obtenir ce résultat, on emploie divers moyens ; on bouleverse l’ordre des mots et la phrase : mare oceanum sepe turbatur, classes quod longae simul navigant s'écrit : mare oceanum classes quod longae sepe turbatur simul navigant. Ou bien on découpe les mots en syllabes et on les jette éparses dans la phrase. En voyant : .ge. ves. ro. trum. quando. {um. a. fec. om. ni. libet. aevo., les initiés parviendront peut-être à lire : quandolibet vestrum gero omni aevo affectum. Galbungus allait encore plus loin, et Virgile cite de lui la phrase : primae partis procerae partes pleni pupis erant, qu'il écrivait : PPPP. PPP. RRR. RRR. LM. SSS. NN. TTT.C.IIII. AAAAA. O0. LEE. EEE *. Les procédés sont d'ailleurs innombrables t ; les maîtres, dont Virgile se recommande, se sont tous ingéniés à en grossir la liste; l’un figure le mot opto par un o ?, un autre écrit ur pour nominatur. Ailleurs naviyabere remplace navigare, ago. ego; il faut découvrir regnum sous ÿermen, is sous si, dono sous nodo et lego sous gelo $, etc... Ils répudient les procédés trop connus *. Les habiles (scindentes periti)
. Epist. VII, de praepositione, p.174, propter legenda mysteria. . Epit, XIII, p. 76.
. Id.,p. 80.
Id.. p. 76.
. Id,, p. 71.
. Id., p. 78. Per varias latinitatum mullifariasque differentias quis ambire Polueril, cum tam multae sint, ut nequeant numerari ? 1. Id., p. 71.