‹ L'enseignement des lettres classiques d'Ausone à Alcuin. Introduction à l'histoire des écoles carolingiennesChapitre 131 sur 404 · Epist. 22 {id., col · texte numérisé non relu

Epist. 22 {id., col

9. Epist. 21 (id., col. 386). Cf. sa défense, Epist. 84 (id., col. #81,

134 LES LETTRES.DANS L'ÉGLISE DE GAULE DU IV*° AU Vlil* SIÈCLE

même épitre, celle qu'il adresse à Damase, on trouve à la fois des motifs de rejeter « la poésie, la sagesse du monde, l'éloquence pompeuse des orateurs, cette nourriture des démons !», et le conseil de les étudier. Que faut-il croire? Saint Jérôme a grandi au milieu des « grammairiens, des rhéteurs, des philosophes ? », 1l a constaté la supériorité que lui assurait la connaissance des lettres, 11 sait, à l'occasion, trouver, dans les philosophes, des arguments pour expliquer l'Ecriture ‘; partagé entre les aspirations de l’ascétisme et les avantages de la culture intellectuelle, il hésite, mais tout considéré, il reconnaît la nécessité de se nourrir des lettres profanes. Pour saint Jérôme, l'idéal serait que les chrétiens les étudient dans leur enfance, et, qu'après en avoir tiré tout le profit possible pour leur culture générale, ils perdent le souvenir des éléments païens qui se sont introduits dans leur mémoire à.

Saint Augustin n'échappe pas à ces contradictions. Outre les allusions qu'on relève dans ses œuvres, il a exprimé deux fois sa pensée d'une manière explicite, dans le De Ordine et dans le traité de la Doctrine chrétienne. Dans le De Ordine, saint Augustin a tracé un plan d'éducation; il y fait une part aux méthodes des anciens, et justifie l'étude des arts libéraux dans une page célèbre, où il marque la nécessité de développer intégralement la raison f. Dans le même ouvrage, il recommande explicitement les disciplines libérales dont l'étude « mesurée et succincte » aide à atteindre à la vie heureuse 7. Le De Ordine a été souvent écarté, comme écrit à une époque où l’auteur était à peine chrétien $. Pourtant, dans ses Retractationes, saint Augustin, tout en atténuant les éloges qu'il avait autrefois accordés aux arts libéraux dans le De Ordine, ne les proscrit pas. Il se contente de reconnaître qu'on peut être saint en les ignorant, et qu'on peut les connaître sans être saint ?.

. Epist. 21 (id., col. 385).

. Job, praef. (M.28, col. 1082).

. Cela ressort nettement de l'Epist. 50 (M. 22, col. 543).

. Comm. in Osee, T, 4 (M. 25, col. 823).

. Sénèque exprimait une idée voisine quand il disait des arts libéraux (Epist. : « Non discere debemus ista, sed didicisse. ».

. De Ordine, I, 12 {M. 32, col. 1012),

. Id., 1, 28 [M 32, col. 988).

. Lalanne, Influence des Pères de l'Église sur l'éducation publique, p. 9%.

. Retract, 1, 3 (M. 32, col. 588).

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Le De doctrina christiana présente le même spectacle que la lettre de saint Jérôme à Magnus. Ce traité, ne l'oublions pas, nest pas destiné aux laïques. Saint Augustin expose la méthode qui permet de comprendre et d'expliquer l'Écriture !. Il contient donc, non les principes d'une éducation générale préparant à vivre dans le siècle, mais ceux de l'éducation chrétienne, conduisant, par l'intelligence de l'Écriture « à la connaissance et à l’amour de Dieu et du prochain ». Un plan d'études, tracé en vue d'un semblable objet, ne comportait pas, semble-t-il au premier abord, des emprunts aux lettres classiques. Et en effet, dans le quatrième livre, saint Augustin tente de démontrer qu'on n'a nul besoin des lettres profanes. Traitant de la prédication, il expose les devoirs de l'orateur chrétien ; il s'attache à prouver qu'on peut être éloquent, sans savoir Ja rhétorique, que, d'ailleurs, les Lettres sacrées présentent tous les modèles de style, et, qu'en les lisant avec attention, on peut se pénétrer de l'éloquence qui s'y trouve contenue ?. Il ressort, au contraire, des deuxième et troisième livres, que la connaissance des arts libéraux est nécessaire pour compréndre l'Écriture ; dans le quatrième même, après nous avoir avertis qu'on ne trouvera pas, dans son traité, les préceptes qu'il a appris et enseignés dans les écoles civiles *, saint Augustin reconnaît que les orateurs chrétiens doivent étudier la rhétorique #, étude qui ne pouvait être faite qu'a l'aide des traités techniques écrits pour les écoles profanes. Comme saint Jérôme, il souhaite que cette étude soit terminée de bonne heure à.

De ces hésitations, comme des opinions exposées par les autres Pères de l'Église, éclairées par les débats que l’usage des auteurs profanes dans l'enseignement chrétien a provoqués à toutes les époquesf,

. Prologue (M. 3#, col. 15).

. IV, 20 (M. 34, col. 107) et IT, 3 (M. 3#, col. 90). . IV, 1 (M.34, col. 89).

. Id,, 2 (M. 34, col. 89).

. I4., 3 (M. 34, col. 90).

6. Rappelons, pour ne citer que deux épisodes saillants de cette querelle, qui n'a jamais pris fin : au xvue siècle, le débat entre Mabillon {Traité des études monasliques (1691) et Réflexions sur la réponse de M. l'abbé de la Trappe au traité de études monastiques (1692), et l'abbé de Rancé (Réponse au traité des éludes monastiques (1692; les Ouvrages posthumes de Mabillon (Paris, 1724, 1, p. 365) contiennent de curieux détails sur ce débat; au xix® siècle, la querelle de l'abbé Gaume (Le ver rongeur des sociétés modernes où le Paganisme dans l'éducation TAS854, etc...) et de l'abbé Landriot Recherches historiques sur les écoles lilléraires du christia-

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