‹ L'enseignement des lettres classiques d'Ausone à Alcuin. Introduction à l'histoire des écoles carolingiennesChapitre 132 sur 404 · DE 7 CO ID · texte numérisé non relu

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on peut tirer une conclusion assez nette : c'est que tous étaient d'accord sur les dangers de la culture classique. Sur eux-mêmes et sur les autres, ils avaient constaté les effets produits par des peintures fabuleuses ou lascives, par la vision du polythéisme et par un contact prolongé de la philosophie païenne. En principe, ils ne pouvaient que déplorer une telle éducation. Ils l'eussent proscrite vraisemblablement, s'ils avaient été libres, soit de réformer tout l'enseignement romain, soit de constituer, sans le secours des auteurs profanes, un enseignement libéral d'une valeur égale à celui des écoles romaines. Mais, d’une part, au temps de saint Jérôme et de saint Augustin, les seules écoles existantes étaient les écoles civiles. L'éducation romaine était protégée par l'État comme par les mœurs. D'autre part, même s ils en avaient eu la liberté, comment les chrétiens auraient-ils constitué un enseignement, sans les lettres profanes ? La prière seule ne pouvait suppléer à la science !, non plus que la lecture des livres saints, bien que saint Augustin y eût trouvé les éléments d'une rhétorique et toutes les beautés de la poésie antique ?. L' intelligence de l'Écriture était un but auquel il fallait s'élever par des études préparatoires, faites en dehors (ertra) ?

Loin de prendre dans l’enseignement la place des auteurs profanes, l'étude même des textes sacrés exigeait qu'on les étudiât. Les chrétiens ne s’en seraient passés, que, s'ils avaient possédé de suite une littérature assez originale pour offrir de l'intérêt, assez riche pour présenter des modèles dans tous les genres, assez vaste pour contenir la substance de la pensée antique, et donner, sur chacun des arts libéraux, l'ensemble des connaissances dont la possession était nécessaire. Or, les chrétiens n'avaient pu, en quelques années, accomplir l’œuvre élaborée, au cours des siècles, par les Grecs et les Romains. Pendant longtemps, ils n'avaient pas eu de littérature; puis, leurs efforts avaient créé une littérature d'imitation, qui ne

nisme (1851). Le véritable esprit de l'Église en présence des nouveaux systèmes dans l'enseignement des lettres (1854), etc... Les arguments invoqués pour ou contre les études, pour ou contre l'usage des auteurs profanes, soit dans l'éducation monastique, soit dans l'éducation chrétienne, d'une manière générale, reproduisent, à peu de chose près, ceux des Pères de l'Église. Ajoutons que l'impartialité ne règne pas toujours dans ces polémiques, et qu’elles ne sont pas étrangères à l'interprétation hasardeuse ou erronée de certains des faits que nous étudierons.

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