Dial., Il (HT
6. CF. Vie de saint Victor, évêque du Mans (Acta SS., août, V, p. 146).
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148 LES LETTRES DANS L'ÉGLISE DFE GAULE DU 1V° AU VIl® SIÈCLE
croire que la culture classique ait été l'une de ses préoccupations. Son éducation semble avoir été rudimentaire. Lecoy de la Marche! s'est donné beaucoup de mal pour prouver, contre M. Boissier :, que le fondateur de Marmoutiers n'était pas un homme « de petite science ». La tâche est difficile. Il n'existe à ce sujet qu'un texte formel, et il conclut très nettement dans le sens de M. Boissier. Sulpice Sévère s'étonne * de rencontrer chez un homme illeltré comme le saint, une telle science, un tel esprit, une telle pureté de langage. Lecoy de la Marche suppose que le mot illiteratus a ici un sens particulier, et que Sulpice Sévère « se place au point de vue des rhéteurs d'Aquitaine qui se figuraient difficilement qu'on pût savoir quelque chose sans avoir passé par leurs écoles »; :] aurait seulement voulu dire que Martin n'était pas un rhéteur. L'étonnement de Sulpice Sévère, en ce cas, serait surprenant, et, pour l'unique fois où il aurait parlé des connaissances du saint, il aurait manqué de précision. Tout nous prouve que illiteratus a son sens propre, tout jusqu'au mépris afliché par Sulpice Sévère pour les lettres, à partir du moment où il subit l'influence de saint Martin. Un autre argument est fourni par le séjour de Martin à Poitiers auprès de saint Hilaire; mais, là encore, rien ne permet de penser qu’il ait appris autre chose que les sciences sacrées. Nous n'avons aucune preuve du contraire, malgré le goût marqué de saint Hilaire pour les lettres. A l'encontre de Lecoy de la Marche. nous ne croyons pas diminuer saint Martin en supposant, d'après la vraisemblance, qu'il n’a pas été pénétré par la culture littéraire. Sa méliance et son ignorance des œuvres antiques, — l'une 15Sue peut-être de l’autre, — ne rendent pas sa figure moins belle. Et Je moine simple et inculte qui ne demeure attaché au monde que pour y prècher l'Évangile, qui transforme les croyances religieuses de la Gaule, tient tête aux empereurs !, lutte contre les violences peu chrétiennes des évêques, nous paraît singulièrement grandi, quand on le voit agir par la seule force de sa foi, de ses vertus et de sa charité.
Mais saint Martin n'était pas seul à Tours ; sa sainteté avait attiré de tous les pays des hommes avides de se préparer, sous sà direction, à la vieéternelle. Parmi eux, il en était, comme saint Maurille,
. Saint Martin, p. 320. es . Fin du paganisme, I, p. 66.
. Sulp. Sév., Vita Mart., 2.
. Id., Dial., (HT, 11.