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qui avaient été instruits dans les lettres !. Leur présence ne signifie pas qu'ils aient enseigné les arts libéraux à Ligugé ou à Marmoutiers. Sulpice Sévère ne nous fournit-il pas par lui-même l'exemple d'un homme cultivé qui, sous l'influence de saint Martin, avait répudié les lettres ?
Pour le monastère de Lérins, fondé vers 410, nous n'avons pas plus de certitude. M. Alliez ? affirme que, dès la fondation, il s'y trouvait des écoles, mais il ajoute qu'on n'a pas de détails relatifs à cette question. Depuis, M. Lahargou a reproduit cette affirmation, mais sans l’appuyer sur un seul document ÿ, et c'est gratuitement qu'il transforme saint Honorat en un maître d'école. Le fait qu’on trouve à Lérins des hommes ayant reçu, à n'en pas douter, la culture classique, ne prouve ni qu'on la leur ait donnée dans ce monastère, ni que, durant leur séjour à Lérins, ils aient été chargés de la transmettre. Îl semble bien que, comme les grottes de Ligugé ou le monastère de saint Victor à Marseille, les îles de Lérins aient été d'abordun asile ouvert aux hommes qui se retiraient du siècle. Si, dès ce moment, ils’y trouvait des cathéchumènes i, ils étaient instruits dans la foi catholique et formés à la discipline monastique. C'est là ce qu'on venait y chercher, et c'est la raison des retraites qu'y faisaient les évêques *. Choisis en général dans les hautes classes de la société et instruits des lettres dans les écoles civiles, ils acquéraient dans les monastères ce qui leur manquait, la science théologique. En même temps, ils mettaient en pratique des conseils donnés par l'abbé Nestor ; ils rejetaient de leur mémoire les souvenirs profanes qui les hantaient ; 1ls purifiaient leur être intel-
l. Saint Maurille, ancien lecteur de saint Ambroise, avait appris à Milan les leltres sacrées et les arts libéraux {Vie faussement attribuée à Fortunat), 1 (Krusch, Auct. Ant., 1V,2, p. 8#). D'après un autre texte (Surius reproduit dans Migne, t. 88, col. 563), il n'aurait appris à Milan que les letires sacrées.