Id., chap. XXV (col
L'enseignement des leltres classiques 12
Œ ne) Cr
beaucoup par l’arithmétique, beaucoup par la musique, beaucoup par la géométrie, beaucoup par l'astronomie !. » La connaissance . de tous les arts libéraux est donc utile, et il ne faut pas la fur (non refugienda)?. L'expression est curieuse; elle nous instruit sur les sentiments que les lettres profanes inspiraient alors au clergé. Cassiodore se retranche derrière l'autorité des Pèresi, et il justifie l'étude des tropes, des règles, etc., en faisant remarquer qu'ils apparaissent dans les lettres sacrées, source de la sagesse commune et parfaite. Mais de suite 1l indique que les arts libéraux doivent servir pour unusage nouveau : après avoir été employés pour développer la subtilité, ils doivent être consacrés à la recherche de la vérité ® ; la science humaine n'est pas désirable par elle-même ; il faut la considérer non comme un but, mais comme un moyen, comme une voie qui nous mène à la sagesse î. C'est faute de l'avoir compris, que de grands philosophes ont connu les lettres séculières, sans atteindre à la source de la sagesse.
Retenons ce jugement si expressif en sa rudesse : en spécifiant formellement que, dansl'enseignement religieux, les lettres séculières n'étaient qu'un moyen, Cassiodore rompait, non avec le principe, mais avec les habitudes qui avaient régi les anciennes disciplines. I était d’ailleurs fidèle à la théorie des Pères de l'Église qui voulaient, nous l'avons vu, qu'on usât des lettres sans en jouir, et qu'on cessât de les cultiver , quand on en avait retiré tout le fruit.
Ici Cassiodore a prévu une objection. Si la sagesse est atteinte grâce aux sciences séculières, est-elke inaccessible à ceux qui ne les ont pas étudiées? Non, répond-il; comme les lettrés, les ignorants reçoivent de Dieu la sagesse. 11 la donne à qui il veutf. Et il entre dans des explications assez embarrassées ; on sent quil veut affirmer l'utilité de l'étude, sans décourager ceux qui, pour des raisons diverses, ne connaissent pas les lettres.