‹ L'enseignement des lettres classiques d'Ausone à Alcuin. Introduction à l'histoire des écoles carolingiennesChapitre 163 sur 404 · Id., chap. XXVIIT (col · texte numérisé non relu

Id., chap. XXVIIT (col

Il est encore une raison qui fait admettre à Cassiodore les lettres séculières et, en particulier, la grammaire, c’est le désir d’avoir des scribes capables de copier correctement les Écritures et de corriger les fautes qui s’y rencontrent !. La connaissance de la grammaire est une condition indispensable de ce travail, salutaire aux âmes et funeste au démon?. C’est ici surtout que nous allons entendre Cassiodore limiter l’action de la science séculière. À propos du travail des copistes, 1l se pose une question délicate. Quand ils reproduisent des lettres, des commentaires, les ouvrages des anciens, ils peuvent corriger sans crainte les fautes qu'ils découvrent, Mais l'Écriture, « l'autorité céleste », exige d'autres précautions 4. Si l’on doit s'appliquer à effacer des fautes qui ont été ajoutées par la main des hommes, il faut se garder de pousser trop loin ce travail critique et de toucher imprudemment à la pensée de Dieu. « Le Saint-Esprit, écrit-il, doit entendre dans toute sa pureté ce qu'il a donné. Il reconnaïîtra que nous lui sommes fidèles, si nous recueillons ses paroles, sans y rien ajouter de nous-mêmes. Comment voulons-nous être sauvés, si, autant qu'il est en nous, nous altérons le remède salutaire5. » Plus loin il souligne encore l'importance des corrections; il s'agit en effet « de l'intérêt des chrétiens, du trésor de l’église, de la lumière des âmesf. »

Par suite, il faut établir une distinction entre les corrections permises et celles qui ne le sont pas. D'une manière générale, le copiste aura le droit de corriger ce qui est purement une faute d’orthographe : b écrit pour v, v pour b, o pour v, n pour m7, ae pour e dans les adverbes8, l'aspiration là où il n'en faut pas et la réciproque, quod pour quot, quicquam pour quidquam 10. I] pourra rétablir la forme correcte, quand le scribe aura mis indifféremment l’accusatif ou l’ablatif avec les verbes de mouvement !1, ce

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