Id., 20 (V
7. Epist. V, 2 (Vogel 175); V, 10 (V. 226); VIIL, 4 (V. 370); Dict. 12 (V. 320}. Cf. Vogel, p. virr. L'usage des études pour les lettres sacrées est Pourtant indiqué (Carm. I, 6, Vog. 2).
de ces vertus, il recommande l'étude des arts libéraux, nécessaire pour mettre en valeur les dons divins, d'abord la grammaire, qui est comme la nourrice des autres disciplines, puis la rhétorique, mère de la poétique, de la dialectique, de l'arithmétique, la rhétorique qui donne les succès les plus grands, fait dun innocent un coupable et d'un coupable un innocent, qui donne enfin l'empire du monde f.
Cette pièce date de 511 ; c'était l’époque où Théodoric empruntait le talent de Cassiodore pour encourager officiellement l'étude des arts libéraux. Ennode, lui aussi, était entrainé par l'illusion qu'un empire romain renaissait, où les lettres étaient, comme autrefois, aimées et utilisées. Il en oubliait la mesure. Des pages, comme celles que nous venons de citer, où les vertus chrétiennes semblaient subordonnées aux arts libéraux, et recevaient d'eux une partie de leur beauté, où la rhétorique était vantée jusque dans les avantages odieux qu’elle procurait, où la gloire humaine était présentée comme le plus désirable des biens, pouvaient plaire à ceux qui regrettaient le passé ; aux yeux de chrétiens ardents, elles constituaient pour les lettres une mauvaise recommandation. Ne l’oublions pas, Ennode était prêtre, et, quand il écrivit la Paraenesis, il occupait ou allait occuper le siège épiscopal de Pavie. Comme le remarque Ebert « 1l dut cette promotion en grande partie à son talent oratoire ? ».
Ces idées ne lui étaient pas particulières. Sous l'influence des rois goths d'Italie, la vie romaine renaissait et l'élément profane regagnait sur l'idéal chrétien exprimé par le monachisme. Quelle irritation un pareil exemple ne put-il pas produire dans l'esprit des hommes qui n'avaient pas été atteints par ce changement. Nous avons vu l’humanisme d'Ausone expliquer en partie le dégoût des lettres dans le monachisme du 1v° siècle. Celui d'Ennode nat-il été pour rien dans le mouvement qui arrache au siècle un Benoît de Nursie ? Et, quand la vie ascétique se développait avec une nouvelle vigueur, attestée par la fondation des couvents de Subiaco et du Mont Cassin, et vingt ans plus tard, par celle des douze monastères édifiés par Grégoire, peut-on croire que le renouveau des lettres profanes, intimement liées à la vie romaine, à la vie païenne, ne réveillât pas de légitimes suspicions ? Ennode