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M. Zimmer le pense !, et il appuie sa thèse sur l'exemple de Pélage qui, d'après lui, serait né et aurait été instruit en Irlande. Il en trouve encore une preuve dans un passage de la Confessio, où saint Patrice s'adresse aux rhelorici Domini ignari?. M. Zimmer voit en eux des Irlandais qui, convertis à la fin du 1v° siècle, avaient été formés aux lettres *. Sisaint Patrice leur reprochait d'ignorer Dieu. c'est qu'il mettait peu de différence entre la tiédeur et l'incrédulité. Le Dieu qu'ils ne connaissaient pas, c'était celui que la contemplation révélait à l'ascète. Ces arguments n'ont pas une grande valeur. Il est presque avéré que Pélage n'était pas Irlandais, et surtout il est douteux quil n'ait pas reçu sur le continent la partie la plus solide de son éducation. D'autre part, l'explication que M. Zimmer donne des rhetorici mentionnés par la Confessio n'est qu'ingénieuse. 1l est vraisemblable que la mission de saint Patrice eut un caractère ascétique * et les rhetorici peuvent avoir désigné les chrétiens rebelles à la vie contemplative, mais ilne s'ensuit pas que ce soient les Irlandais convertis au 1v° siècle. On peut tout aussi bien croire que saint Patrice s'adressait à quelques-uns de ses compagnons venus de Bretagne et de Gaule, dont la culture était supérieure à la sienne. Le mot rhetoricus, dans la langue ecclésiastique de cette époque, sert à marquer, nous l'avons vu, celui qui use d'un langage recherché. Ces rhetorici ne pouvaient-ils pas être aussi des [rlandais, ayant développé, dans les écoles de leur pays ?, le goût de la redondance et de l'emphase, quelques-uns de ces bardes dont saint Patrice n'eut pas toujours à se louer ? Donc, s'il n’est pas impossible, à priori, que l'Eglise irlandaise ait reçu, à la fin du 1v* siècle, le dépôt des lettres classiques, rien ne prouve qu'en réalité elle les ait utilisées à ce moment. Le fait s'est-il produit au temps de saint Patrice? Non, répond M. Zimmer’, et c'est, pour lui, la preuve que les lettres avaient été introduites en Irlande, avant le v° siècle. [Test évident que saint Patrice n'apparait pas comme ayant person-
4. Nous ne faisons pas état de textes comme la vie de saint Declan, 2 (Ac/a SS., juillet, V, p. 596), et de saint Abban, 5 (Acta SS. Hib. ex cod. Salm., col. 509-510).
Conf. (Whitley Stokes, The trip. Life, II, p. 359). Kell. Kirche, p. 21#.
4. Cf. Zimmer, Æelt. Kirche, p. 215, et Goetlt. Nachr., 1895, p. 148.
5. L'existence de ces écoles est établie. Cf. d'Arbois de Jubainville, Introduclion à la littérature celtique, pp. #8, 16%. Joyce, À social hislory of ancient Irland, 1, p. 417.