‹ L'enseignement des lettres classiques d'Ausone à Alcuin. Introduction à l'histoire des écoles carolingiennesChapitre 198 sur 404 · Epist. {p · texte numérisé non relu

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4, Cette classification date d'une époque où la légende de saint Patrice était accréditée (Cf. Zimmer, Kelt. Kirche, p. 224).

et au v* siècle, bien qu'actuellement aucun document n’en fournisse une preuve analogue à celles que nous rencontrons pour le siècle suivant.

Les lettres en Bretagne au VI: siècle.

Après la mission de saint Germain d'Auxerre, en Bretagne, s'ouvre pour l'Église bretonne une nouvelle période. La conquête saxonne a commencé. Les régions, où le contact avait été le plus étroit entre les Bretons insulaires et les Gallo-Romains, sont successivement atteintes ; l’Église des Gaules est absorbée par le soin de convertir les Francs et les peuples ariens. Pendant plus d'un siècle, les Églises celtiques sont isolées des Églises continentales, et elles se développent avec leurs propres forces. Pendant cette période, un silence presque absolu se fait sur l'Eglise bretonne. Bède passe immédiatement de la mission de saint Germain à celle de saint Augustin de Canterbury. Et pourtant, dans cet intervalle, non seulement l'Église bretonne avait vécu, mais elle avait agi. Refoulée par les Anglo-Saxons dans le pays de Galles et dans la Cornouaille, elle y concentre ses forces ; le monachisme s’y développe ; et, à la faveur d’une accalmie, atteint au plus haut degré de prospérité que nous puissions noter dans son histoire. C'est précisément alors, que nous apercevons chezles Bretons la connaissance des lettres classiques, et relevons, dans les écrits du moine Gildas, des souvenirs et des citations d'auteurs profanes.

Nous n'entreprendrons pas de déterminer qui avait été l'initiateur du mouvement scolaire dont Gildas est le seul témoin. Les vies de saints, seuls documents qui puissent nous éclairer, sont de beaucoup postérieures à l'époque dont elles retracent l’histoire; leurs auteurs étaient aussi embarrassés que nous pour établir la filiation et la formation des saints. Une tradition purement légendaire fait de saint Cadoc l'organisateur des écoles. Après être demeurédouze ans auprès de Meuthius, avoir appris. sous sa direction, Donat, Priscien, et « les autres arts ! », il complète son instruction auprès du fameux rhéteur Bachan, venu d'Italie? Il passe en

1. Vita, 3 (Rees, Cambro-Brilish Saints, p. 28). 2. Id., 8 (id., p. 36).

Irlande, d'où il ramène un grand nombre de Bretons et d'Irlandars, entre autres Finnian !. Il fonde le monastère de Llan-Carvan où il a pour disciples Iltud et Gildas ?. D'après une autre tradition, le fondateur du monachisme breton, l'homme qui joua le plus grand rôle dans l'établissement des études classiques en Bretagne, fut saint [ltud*, qui fut non pas l'élève, mais le maître de saint Cadoc #. À entendre les hagiographes, Iltud avait étudié les arts libéraux ‘ ; il connaissait « la géométrie et la rhétorique, la grammaire et l’arithmétique, et, en outre, tous les arts de la philosophie 6 ». Possédant les lettres sacrées, 1l avait ainsi appris tout ce qu'il était possible de savoir, ÿY compris l'art de prédire l'avenir; et, dans le monastère de Llan f[ltud, qu'il avait fondé, Iltud s’efforça de transmettre la science aux disciples qui se pressaient autour de lui 7. Les plus illustres furent Samson, Paul Aurélien, Gildas et David, L'école d'Iltud était avant tout un centre d’études religieuses ?. Le saint étudiait, avec ceux de ses élèves qu'il distinguait!, l'Ancien et le Nouveau Testament et les Pères de l'Église 1, Mais, en outre, Iltud enseignait les sept arts !?.

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