‹ L'enseignement des lettres classiques d'Ausone à Alcuin. Introduction à l'histoire des écoles carolingiennesChapitre 202 sur 404 · Mommsen, Chron. Min., HI. p · texte numérisé non relu

Mommsen, Chron. Min., HI. p

relève chez Gildas des mots rares et barbares {; ce n'est pas qu'une grande partie de son vocabulaire ne soit empruntée à l'Écriture et aux Pères; mais la majeure partie peut-être appartient au latin desauteurs Droles : dans le latin ecclésiastique même, il a su choisir : chez lui, les hellénismes usuels dans la langue ecclésiastique, et si fréquents chez d'autres, sont relativement plus rares. Pour cette pureté relative du lanbage. on peut lui pardonner son style: elle nous oblige en tout cas, avec sa correction et la variété de ses tournures, avec ses connaissances historiques, à reconnaître qu ‘il avait étudié la grammaire et lu des auteurs. On a d'ailleurs relevé, dans cet ouvrage, des citations ou des souvenirs de Virgile qui ne permettent pas de mettre en doute ses lectures *; peut-être doit-il à l'influence des poètes le luxe d' épithètes dont parfois il abuse. En résumé, la culture de Gildas, si incomplète qu’elle soit, nous montre que, dans la première partie du vi® siècle, des moines bretons connaissaient les lettres classiques et aient les auteurs profanes. Ses écrits ne sont pas assez étendus pour que nous apercevions nettement le parti qu'ils en tiraient ?. Nous pouvons dire cependant que, pour Gildas et sans doute pour son maître Iltud, l'étude des lettres profanes était considérée comme l’auxiliaire de la science sacrée; elle avait pour but de préparer et d'étendre la culture religieuse. Le De excidio, en particulier la dernière partie ‘, atteste que l'érudition sacrée tenait la première place dans les préoccupations de Gildas.

Gildas parti et, avec lui, d'autres disciples d'Iltud, Paul Aurélien, Samson, [a culture classique disparait-elle de la Bretagne insulaire? Il est vraisemblable que non. Tout d'abord David de Menevie demeure dans le pays de Galles, et il joue dans l'Église bretonne un rôle prépondérant. En outre, le monachisme breton est de jour en jour plus étroitement uni au monachisme irlandais, chez qui va se déve-

4. Zimmer (Vennius vindicalus, p. 321) en signale un certain nombre : cavernicula IS 19), céreio ($ 1+), etc.

2. Mommsen été dans le De ercidio, 8 ‘p. 30) : « Gelido per ossa tremore currente », et Virgile, Aen., If, 120; 17 (p. 341 : « ast uno objectas sibi evincil gurgite moles »,et Virg., Aen., IL, 497 : « ...oppositasque evicit gurgite moles »: 25 ‘p. 40) :«ut dicitur : innumeris onerantes acthera votis», et Virg., Aen., IX, 2%. Il croit reconnaitre {p. 6) un souvenir de Juvénal (7, 120) dans epimenia contribui 23, p. 39, de Perse ou Martial dans catasta (23, p. 39, et 109, p. 84), de Claudien dans Tüthicus (19, p. 35).

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