‹ L'enseignement des lettres classiques d'Ausone à Alcuin. Introduction à l'histoire des écoles carolingiennesChapitre 204 sur 404 · Bède. His!. Eccl., II · texte numérisé non relu

Bède. His!. Eccl., II

2. L'abbaye de Clonard est fondée vers 520, par saint Finnian (+ 548), celle de Moville vers 540, par saint Finnian de Moville, celle de Glendalough vers 940, par saint Kevin, celle de Clonmacnois vers 541, par saint Ciaran (+548), celle de Clonenagh vers 5%8, par saint Fintan (4595), celle de Clonfert vers 597 (en 552 d'après Zimmer, Kelt.. Kirche, p. 224), par saint Brendan, celle de Bangor entre 551 et 559 (Cf. Zimmer, id., p. 22+; d'Arboisde Jubainville, Introduction, p. 371; Van Hecke, Acta SS., octobre, VII, p. 8621, Enfin saint Columba, après avoir fondé le monastère de Derry en 546, et de Durrow avant 560, fonde celui d'Iona en 563 (Cf. Zimmer, id., p. 224). Nous conservons l’orthographe habituelle de ce nom, tout en reconnaissant qu'il eùl mieux valu adopter d'abord la forme lova qui est la plus fréquente dans les textes.

3. Zimmer, Kelt. Kirche, p. 226. Healv, Insula Sanct$3, p. 366, donne ce nom à Comyall de Bangor.

+. Une tradition en donne trois mille à Finnian de Clonard.

$. Nous voyons par exemple Columba de Tirdaglas passer successivement par l'école de Colman, Vita, # (id., p. +46), puis par Clonard, Yifa, 4 ot 5 (i., col #46), saint Colman de Dromore par Noendrum et par Emily, Vita, 4 (id., col. 829). — Saint Brendan quitte saint EÉrc, Vita, 8 ‘col. 762; pour se rendre auprès de saint Jarlath, Vita, 6 {id., col. 562ï. Fintan étudie avee le prêtre Grella, Vita, 3 (id.,col. 393) ; autre Vie, 3{id., col. 489), puis avec Comgall,

228 LES LETTRES CLASSIQUES EN BRETAGNE ET EN iRLANDE — Î

On voudrait ici quelques textes précis, établissant ce quenséignaient Finnian à Clonard, Comgall à Bangor, Columba à Iona.

Faut-il essayer de suppléer à leur absence en s'inspirant des ten-

dances du monachisme irlandais, au vi* siècle, et desconditions dans lesquelles 1l se trouvait ? On recueille, dans les vies de saints, certains traits qui reviennent avec insistance, et qui sont confirmés par des documents sérieux, comme la vie de saint Columba par Adamnan. En les rassemblant, nous pouvons reconstituer, jusqu'à un certain point, l'idéal des moines irlandais. Étudier les lettres sacrées, trouver, dans l’exemple des saints, un encouragement à s'élever de sacrifice en sacrifice jusqu à [a sainteté !, connaître les règles et la discipline ecclésiastique ?, et apprendre ainsi le chemin de la vie”, tel était l'objet proposé à leur ardeur. Au premier rang de leurs occupations se trouve la lecture sacrée. On lit à Clonard ‘, on hit à

Bangor ÿ, on lit à [ona 6. Et la lecture, pour les Irlandais, cenest

pas seulement réciter les psaumes et les hymnes 7 ; cette étude forme un degré inférieur de l'éducation monastique. Les religieux doivent l'avoir franchi avant de se retirer dans les grandes abbayes. La lecture sacrée comprend l'interprétation de l’Écriture elle-même. Fautil croire, pour cette raison, que l'enseignement des lettres ait été, dès ce moment, organisé dans les centres importants ? Nous ne le savons pas. Comme le dit M. d’Arbois de Jubainville : « Nous ne connaissons bien l'enseignement classique donné dans les grandes écoles d'Irlande, qu'à partir du moment où ces écoles ont à peu près cessé d'exister, et où leurs derniers élèves ont à peu près émigré sur le conti-

d., # (col. 393), puis à Tona, id., 5 ‘col. 395) et Adamnan, Vifa Columbae, I, 2, etc. Les indications données par les hagiographes sur les relations des saints entre eux sont souvent suspectes, Dans le désir d'étendre jusqu'à leur héros le rayonnement de sainteté d'un Finnian ou d'un Columba, ils ont parfois rangé parmi leurs disciples des hommes qui ne les avaient pas approchés.

1. Vila Brendani, 6 (Acta SS. Hib. ex cod. Salm., col. 762). Cf. Vita Colman. Lann Ealensis, 2 (id., col. 416-417), etc.

2. Vita Fintani Achadliacensis, 4 (id., col. 39%), Cf. Vita Brendani, id., etc.

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