Vita Brendani, id
4. Vila Finniani, 19 (Acta SS. ITib. ex cod. Salm., col, 199-200).
5. Vita Fintani Dunblescensis, 5 ‘id., col. 227) ; plus tard pour Bangor on peut citer l'exemple de saint Columban.
6. Vita Columbae par Adamanan, 1, 1. Cf. Vita Fintani, 5 (Acta SS. Hib. er cod. Salm., col, 395.
7. Vila Columbae de Tirdaglas, *et 5 (Acta SS. Hib. ex cod. Salm., col. #46).
Ce mn
nent !. » [l nous est impossible de mesurer la science de Finnian ou de Comgall, et de marquer leur place dans l’histoire des lettres . classiques en Irlande. Mais, en constatant l'ardeur avec laquelle les moines irlandais se livrèrent alors à la lecture sacrée, nous serions porté à croire qu'ils subirent la nécessité d'étudier les lettres en vue de l'exégèse biblique.
Les motifs qui recommandaient cette conjecture, pour l'Eglise irlandaise du 1v° siècle, reparaissent ici, mais avec plus de force. Essayons de nous figurer les phases de ce mouvement. Les moines irlandais sont contraints d'étudier le latin, qui n’est pas leur langue maternelle. Tout au plus s'était-il constitué dans la société religieuse un usage latin, qui pouvait suffire à beaucoup, mais dont ne savaient se contenter ceux qui lisaient les Pères, voulaient comprendre l'Écriture, et ceux qui copiaient les manuscrits. Pour corriger les textes ?, les copistes # doivent apprendre l'orthographe, et nous les voyons recourir aux traités de grammaire. Le rudiment seul leur est d'abord nécessaire ; mais l’émulation créée par l'expansion du monachisme, la hardiesse et la curiosité naturelles des Irlandais, le désir d'approcher de plus en plus la pensée divine en pénétrant le sens de l’Écriture, le goût pour l'étude qui n'était pas une nouveauté en Irlande, les entrainent au delà de ces éléments. Ils ne limitent pas la grammaire à la stricte nécessité et franchissent les différents degrés de cet art que les anciens avaient fait si vaste. Les voilà bien. près de lire les auteurs profanes. La crainte qui avait arrêté les autres moines de l'Occident sera sans effet sur eux. Les Irlandais n'en sont détournés ni par la crainte de raviver le paganisme, les dieux grecs et romains leur étant indifférents, ni par celle de sacrifier la foi à la rhétorique, l'emploi du latin rustique chez les fidèles ne les contraignant pas, comme sur le continent, à s'éloigner de jour en jour davantage de la correction classique. Ces deux motifs qui, à la même époque, éloignaient l'Eglise romaine et gallo-romaine de l'étude des lettres ne peuvent même, par contre-coup, influer sur l'Irlande, qui n’a plus de relations avec les Églises du continent. Libres de ce double frein, les moines irlandais peuvent s'abandonner à leur ardeur et
à leur curiosité «.