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LES « HISPERICA FAMINA » 247
Hermeneumata !. Les Hisperica Famina seraient les fragments d'un livre élémentaire qui aurait compris: « un prologue, des mots et des locutions sur les £5yx xat fuépa des écoliers, une encyclopédie, un glossaire alphabétique dressé sous l'inspiration de Martianus Capella, des mots latins anciens, rares, et des mots étrangers d'origine grecque et hébraïque qui devaient servir à orner le discours *, »
C'est aller un peu loin que de reconstituer aussi exactement ce manuel. Ce qu’on peut dire, c'est que les auteurs des Hisperica Famina ont puisé dans des gloses le peu de grec qu'ils ont su; libre ensuite de supposer qu’ils s'exerçaient à assembler les mots appris dans des phrases et dans de brefs développements, comme, aujourd hui, les écoliers qui commencent une langue étrangère. Rien ne prouve, en tout cas, dans leur vocabulaire, qu'ils aient poussé l'étude du grec, de l'hébreu, au delà de ces gloses, ni qu'ils aient étudié les classiques ou possédé une culture étendue.
Si nous passons à l'examen de la syntaxe et du style, nous n'obtenons pas un résultat beaucoup plus affirmatif ; l'incertitude du sens ne permet guère d'étudier méthodiquement la syntaxe des Hisperica Famina. Ce qui apparaît, c'est que les auteurs de ces textes se sont limités aux rapports les plus simples : le style est haché en phrases menues qui laissent peu de place aux propositions subordonnées. L'emploi des cas est relativement correct %; quant à celui des temps et des modes, autant qu'on peut s'en rendre compte, il est assez fantaisiste. On n'y aperçoit pas l'influence des classiques !.
Le style hispérique, que l’auteur des Hisperica compare à un torrent impétueux ?, est caractérisé par l'abus des épithètes et des périphrases, et c'est, en partie, à ce double procédé qu'il doit son obscurité. Il est rare que, dans ces textes, un substantif ne soit pas