Outre les passages cités, voir Prof
troverses fictives !. Aïnsi les vieux exercices étaient toujours en honneur, et les rhéteurs avaient conservé l'usage des déclamations.
Dans la nomenclature des professeurs de Bordeaux, il n'est question ni de philosophes, ni de jurisconsultes. Guizot dit que «vers le 1v° siècle des professeurs de philosophie et de droit furent partout introduits ? ». Nous ignorons sur quoi il s'appuie; les auteurs de l'Histoire littéraire semblent plus près de la vérité en disant qu'on n'enseignait publiquement la philosophie et le droit « qu'à Rome pour l'Occident 3 ». Dans les dernières années du iv® siècle, nous voyons saint Germain d'Auxerre étudier le droit à Rome :. Cet exemple n'est pas décisif; il semble bien pourtant que l'État n'ait pas voulu laisser aux provinces le libre enseignement des deux sciences qui fournissaient les idées directrices et les principes fondamentaux de la législation. Cela est confirmé par l'édit de 369 qui faisait de l'enseignement de la philosophie l’objet d'une surveillance spéciale 5.
Mais il ne s'ensuit pas que, dans les écoles de Gaule, les étudiants ignorassent le droit oudn’apprissent pas la morale. Les procès fictifs qui comptaient parmi les exercices de l’école, supposaient la connaissance des lois : et, de même, les cas de conscience, où les rhéteurs cherchaient souvent la matière de leurs déclamations, supposaient des élèves ayant étudié théoriquement, dans une certaine mesure, les principes de la morale. L'enseignement du droit usuel était donné par les rhéteurs à l'occasion de leur cours. C'était sans doute dans des digressions à propos des textes, ou dans le travail préparatoire de leurs déclamations, que les auditeurs des écoles acquéraient les notions de droit. C'était aussi dans les tribunaux; certains professeurs étaient en même temps avocats. Si le droit n'était pas enseigné officiellement en Gaule. les étudiants avaient donc des occasions multiples de l’apprendre. |
1. Prof. 2, v. 13 et 15. — De mème dans une épitre au rhéteur Axius Paulus (VIII, v. 12), Ausone parle des procès ficlifs plaidés dans les écoles : i
Perfcr.…..
Vel falsas lites, quas schola vestra serit.
2. Histoire de la civilisation en France, L, p. 102. 3 T. 1, 2 partie, p. 13. — Pour l'Orient, on les enseignait à Athènes et à Constantinople.
+, Acla SS., juillet, VII, p. 202 (Vie écrite par Constantius entre #75 et 480). j God. Theod., XII, 3, 6.
L'enseignement de la morale était aussi donné d’une manière épi- sodique. Ausone dit bien que des maîtres s'étaient illustrés à Bordeaux en enseignant le dogma platonicum !. Mais, comme nous allons le voir, il ne s'agissait là ni d’un exposé des doctrines de Platon, ni d'un enseignement dogmatique de la philosophie. Par cette expression courante, qui avait l'avantage d'entrer dans un vers, Ausone entend l'enseignement occasionnel donné par les grammairiens et les rhéteurs. Remarquons, toutefois, qu'en l'inscrivant parmi les titres de gloire des maitres de Bordeaux, il en souligne l'importance.
L'éducation morale de l’enfant commençait dès ses premières années. Ausone envoie à un ami les Apologues de Titianus pour ses fils ?. C'était une traduction latine des fables de Babrius ?; on y trouvait des maximes et surtout des règles d'expérience. Paulin de Pella avait à peine achevé sa cinquième année, quand on lui fit lire les Dogmata Socratus *. Etant donné l'âge de Paulin, ce terme désignait sans doute un recueil de maximes où les enfants apprenaient à lire le grec, et qui servait en même temps à leur inculquer les bons principes *. Il est invraisemblable qu'on ait mis entre les mains d'un enfant de six ans un traité analogue au De Platone etejus dogmate d'Apulée ÿ, même si cet enfant lisait Homère et Virgile. D'autre part, Ausone dit qu'il attendait, pour commencer l'éducation morale des enfants, qu'ils eussent atteint l’âge de la puberté 7. Il n y a pas contradiction entre ces témoignages ; Ausone entend sans doute un enseignement plus élevé que celui qui consistait à expliquer et à graver dans la mémoire de l'enfant de petites vérités de morale.
Sur quoi cet enseignement était-il fondé? Les mots Dogmata Socralus, Dogma Plalonicum sont déjà une indication ; 1ls évoquent le souvenir de Perse disant à Cornutus :