‹ L'enseignement des lettres classiques d'Ausone à Alcuin. Introduction à l'histoire des écoles carolingiennesChapitre 233 sur 404 · Id,, v · texte numérisé non relu

Id,, v

Multa per herbosos errant animalia campos.

Cf. Virgile, Ecl., IV, 41.

tons, malgré l'autorité de M. Traube, nous n'invoquons l'exemple de Cellanus que sous les réserves les plus expresses.

Il faut arriver au dernier tiers du siècle, c'est-à-dire à la limite que nous nous sommes fixée, pour rencontrer, avec Adamnan, un Scot en qui l'on aperçoive, autrement qu'à des détails clairsemés, la connaissance de l'antiquité profane. Et ici une question se pose : La formation d'Adamnan (+ 704)doit-elle être rapportée uniquement à l'évolution propre des études classiques, en Irlande ? Ou bien, n'at-il pas dû, en partie, sa culture, qui dépasse de beaucoup celle de Muirchu Maccu Machtheni, au mouvement créé par la venue de Théodore et d'Hadrien (669-670)? Aldhelm, abbé de Malmesbury en 675, qui était contemporain d'Adamnan, avait complété son éducation auprès d'Hadrien. Adamnan n'a-t-il pas subi la même influence? Aldhelm vivait, il est vrai, dans la région directement placée sous l'autorité de l’église romaine. Mais Théodore ne limita pas son action au sud de l'Angleterre, Adamnan fut en rapport avec l’Église romaine ! et il joua un grand rôle dans la réforme de l'Église irlandaise, D'une lettre de Ceolfrid, abbé de Jarrow ?, on peut même conclure qu’il avait visité ce monastère. Dans ce contact, n’eut-il pas l'occasion de perfectionner ses connaissances”? Nous touchons là àune époque indécise, et nous hésitons à rattacher Adamnan à la première période de l'histoire des écoles irlandaises, celle qui, jusqu’à un certain point, fut la plus originale. Peut-être serait-il plus exact de le placer au début du grand mouvement qui donna Dicuil et Scot Érigène. Si, maintenant, nous invoquons son témoignage, ce ne sera donc pas sans réserve.

Adamnan, neuvième abbé d’Iona, mort en 704 *, a laissé une Vie de saint Columba f. Lestyle d'Adamnan est clair et correct; la pensée est dégagée et nettement exprimée; ses phrases, parfois longues, sont construites et sont toujours intelligibles. Ce n'est pas à dire qu Adamnan soit un puriste : les auteurs sacrés sont évidemment ceux qu'il a le plus pratiqués; on relève dans ses écrits des termes qui n’ont rien de classique ?. Il en est même quelques-uns qu'on ne

. Bède, Hist. Ecel.,V, 15. Cf. Zimmer, Kelt. Kirche, p.230. . Id., V, 21.

. Bibliogr. hagiog., Haddan and Stubbs, Councils, TI, p. 11#. . Nous laissons de côté une description des lieux saints qu'il a rédigée Où peut-être écrite sous la dictée d'Arculf.

9. Intimare, praef., 1; — agelluli, praef., I et 1, 3; cararata (id. D; — noscibilis (1,2); — subitatione (1, #7); — irreprehensibiliter (1, 49;

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rencontre, semble-t-il, que chez lui !. Parcontre, on aperçoit souvent l'effort pour écrire bien, pour disposer les mots harmonieusement; il multiplie les épithètes * et montre, par leur choix, qu’il a lu les poètes. Adamnan connaissait au moins Virgile. Reeves a signalé un passage de la Vie de saint Columba, où l'on peut reconnaître une réminiscence de Virgile. Nous en signalerons deux autres, et nous croyons qu'il ne serait pas malaisé de multiplier ces rapprochements.

Nous aurions une autre preuve qu'Adamnan avait fait une étude particulière de Virgile, s'il était rigoureusement établi qu'il soit l’auteur des extraits de Philargyrius, conservés dans le Laurentianus Plut., XLV, 14, et dans les manuscrits 7960 et 11308 dufonds latin de la Bibliothèque nationale *. Thilo avait déjà relevé dans ce commentaire le nom Adananus$. M. Em. Thomas l'a retrouvé dans le Par. 113087, et MM. Havet#, d’Arbois de Jubainville ‘, etc., ont supposé que cet AdananusŸ ou Adannanus!t était l'auteur de la Vita Columbae. Rien ne contredit a priori cette hypothèse ; mais on doit reconnaître qu'elle s'appuie uniquement sur la réputation de l'abbé d'Iona, et sur les souvenirs de Virgile qui se rencontrent dans la Vita. Les gloses irlandaises prouvent que les extraits ont été composés par un Scot. Mais, l'abbé d'Iona n'est pas le seul Irlandais qui ait porté le nom d'Adamnan. Les trois manuscrits, dont nous

— tristificalos (ÎE, 32); — matutanilibus (TITI, 23); — milito, subst. (IT, 7), etc. Notons quelques hellénismes : lithos (IT, 33); — onoma (III, 12), etc.

1. Par exemple florulentia (Vita Col., praef.T) ; — belligerationibus (I, 13); — monticelli (IL, 16, 23); — carminalia, chant (HE, 23), etc.

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