d.,250, 6 et
8. Epist. 9, Bonif. Nithardo {id., p.250 : 10, Bonif. Eudburyae {id., p.257:
29, Leubyythae Bonifacio {id., p. 281, etc.
poétiques, qui n'étaient pas liés étroitement à la lecture sacrée, Lui-mème, outre les vers qu'il a intercalés dans ses lettres. 1l a laissé plusieurs poèmes, entre autres des énigmes en hexamètres corrects !, souvent même élégants, où l'on relève des souvenirs de Virgile et d'Ovide; Boniface ne craint pas, dans une même pièce, de parler de l'Érèbe, de Pluton, de l'Olympe et du Christ? Ce vocabulaire, tout païen, n'éveille pas ses scrupules. Il goütait aussi les acrostiches et les jeux de versification très compliqués, auxquels se plairont les poètes latins de l'époque carolingienne *, et même il ne dédaignait pas les menues jouissances que l'allitération offrait aux oreilles anglaises.
Le style de Boniface n'est pas toujours aussi brillant; il ne rappelle pas toujours autant celui d'Aldhelm, que dans le passage que nous avons cité. Dans la plupart de ses lettres, le sujet ne le comportait pas. Mais il est en général clair; Boniface sait conter avec agrément, et même avec art; nous n'en citerons pour preuve que le récit des visions qu'il adressa à Eadburga ‘. Les œuvres où il traite de sujets religieux, sont nécessairement d'une forme plus sèche ; les souvenirs de l'Écriture, l'étalage de l'érudition sacrée laissent peu de place aux réminiscences ou à limitation des classiques. Cependant Boniface termine, par six vers latins, une lettre adressée au pape Zacharie, qui est tout entière consacrée à la discipline ecclésiastique *.
Quant à sa langue elle-même, elle unit le latin des auteurs ecclésiastiques et le latin des écrivains profanes. On n'y rencontre pas autant d'hellénismes que dans Aldhelm. M. Wülfflin a relevé un assez grand nombre de mots qui apparaissent pour la première fois dans Boniface Ê. Mais, si l'on retranche de ces listes les mots empruntés à la Vifa Livini, qui n’est pas de Boniface, il reste seulement un petit nombre de composés ou de dérivés très intelligibles. Bouifuce fut surtout un homme d'action ; sans avoir, quand il écrit, la valeur de Bède, — nous parlons du prosateur. non du poëte qui, chez Bomface, est supérieur, — il nous atteste, comme lui, que l'instruction des Anglo-Saxons avait fait des progrès depuis le
1. Poel, lat. car., 1, p. 3. Cf. Dümmler, Neues Archir, IV, p. 98. Id., v. 87,93, 98 (ed., p. 6:. CF. Carm., Il, v. 24 (id., p. 16) : O deus in solio judex, regnator Olimpi.
. Cf. Carm., I {Poet. lat. car., 1, p. 171:
Epist. 101Epist. Mer, el Kar, aevi, 1, p. 252), Epist. 50 id... p. 4021, | Arelte f. lat. Ler. und Gramm. VE p.110, 2673; TE, p. 136, 251.
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temps, pourtant rapproché, où Aldhelm étalait si indiscrètement ses défauts.
Autour de Boniface !, il faudrait grouper son ami Tunberct ?, ses correspondants Nithard *, Lull, plus tard archevèque de Mayence, Eadburga *, Leobgytha ou Lioba 5, Eangytha 7, Bugga, etc., qui avaient étudié les lettres. Nous n insisterons pas. Après avoir, pendant longtemps, cherché jalousement les moindres traces de culture classique, et relevé, dans un écrivain, les épithètes isolées qui semblaient attester la lecture des poètes païens, nous devons maintenant négliger les témoins secondaires d'un mouvement, dont la réa-
lité n'est plus contestable.
L'École d'York.
Pendant que Bède enseignait à Jarrow, un nouveau fover d'études classiques se formait à York. Dans cette ville, s'ouvrait une école qui, sous Egbert, archevêque d'York, de 132 à ‘66, atteignit un développement considérable. Faut-il rapporter à Egbert lu création de ce nouveau centre intellectuel? Sans pouvoir appuyer notre opinion d'aucun document décisif, nous ne le croyons pas. Sur les quatre prédécesseurs d'Egbert, Wilfrid, Bosa, Jean de Béverley et le second Wilfrid, les trois derniers avaient vécu au monastère de Streaneshalch, comme nous l'avons vu plus hautS$ : là
1. Voir, sur tous ces personnages, Hahn, Bonifaz: und Lull, et Kurth, Saint Boniface ?, p. 118.
2. [avait appris la grammaire et Ia versification (Bonif., Carm., VII, v. 11 (Poel. lat. car. L, p. 20); il aurait été instruit par Boniface (id., v. 25",