‹ L'enseignement des lettres classiques d'Ausone à Alcuin. Introduction à l'histoire des écoles carolingiennesChapitre 286 sur 404 · L. Geschichtle der Logik, IT, p. 1#+et suiv · texte numérisé non relu

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2, Voir, plus loin, chap. XI.

+ Voir p. 294.

LS

temps où l'instruction était très rare sur le continent, le pape Vitalien envoya en Grande-Bretagne deux hommes exceptionnellement instruits. Les moines anglo-saxons, qui avaient appris des [rlandais, leurs premiers maitres, que la lecture sacrée, nécessaire à des religieux, exigeait la connaissance des arts libéraux, reçurent de Théodore et d Hadrien, à la fois une direction et des secours matériels. Les progrès furent rapides. Les petits-fils des envahisseurs peuplaient les cloîtres et écrivaient des vers latins. L'exubérance des Anglo- Saxons eut des effets bienfaisants ; elle les entraina au delà de ce qu'ils cherchaient, l'intelligence de l'Écriture. Ils aimèrent les lettres non seulement pour leur utilité, mais pour le charme qu'elles ajoutent à la vie. Autant que nous pouvons l'apercevoir, ce trait avait manqué à l'enseignement des Irlandais, jusqu’au vut siècle, Nous l’avons, au contraire, relevé chez presque tous les Anglo-Saxons, que nous avons étudiés. Aldhelm a l'amour-propre naïf d'un auteur, et Bède ne dissimule pas les joies qu'il trouve dans l'étude des lettres. Il ne suffit pas aux moines de Jarrow que Bède ait écrit en prose la vie de saint Cuthbert ; ils le supplient de la mettre en vers !. Boniface écrit des énigmes. Lull réclame les poèmes d'Aldhelm ou les petites pièces de Bède, dont la lecture le soutiendra au cours de ses voyages *.

Ainsi le rôle des lettres se trouvait grandir dans l'enseignement monastique. Elles continuaient à être étudiées au profit de la foi; el, bien que le monachisme ne suspectät plus les auteurs profanes contre qui, en pays lalin, il avait autrefois jeté l'anathème, les poètes chantaient surtout des sujets religieux ; mais, dans l'elfort de restauration, tenté par l'Église anglo-saxonne, quelque chose renaissait qui, jusque-là, n'avait pas apparu. Les disciples de Bède croyaient ne recueillir dans les auteurs classiques que des exemples et des définitions ; ce contact leur donna, dans une certaine mesure, le sens de la forme. En subissant ainsi l'influence de la culture antique, les Anglo-Saxons ont mérité une place à part dans l’histoire des lettres latines au moyen âge.

1. Epist. Dealwino, 71 (Epist. Mer. et Kar., F1, p. 338). 2: Id., Guthherto, 126 (id., p. #1+#).

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