‹ L'enseignement des lettres classiques d'Ausone à Alcuin. Introduction à l'histoire des écoles carolingiennesChapitre 299 sur 404 · M. 101, col · texte numérisé non relu

M. 101, col

eo TRAITÉS DES PARTIES DU DISCOURS 3371

récemment entrés dans les buissons épais de la grammaire ! », font une revision de leurs connaissances, pour les mieux fixer dans leur mémoire. L'ainé joue le rôle de moniteur. Alcuin a mis dans son œuvre plus d'agrément qu'elle n'en comportait. La sécheresse des questions et des réponses est égayée par des plaisanteries, par des jeux de mots *. On sent parfois le souci de donner au dialogue une allure httéraire, l'effort pour marquer la physionomie de chaque personnage; le maître joint la complaisance et l’enjouement à une science consommée ; l'ainé des disciples, toujours prèt à communiquer ses connaissances de fraiche date, se plaint de l'avidité de son camarade; l'autre ne se lasse pas de poser des questions. Tous deux admirent le maître avec une amusante conviction.

Alcuin a répété à plusieurs reprises qu'il écrivait pour des enfants; ce mot ne doit pas faire illusion. Dans sa pensée l’Ars minor et l'Ars major de Donat, que ses élèves avaient d'abord étudiés, devaient continuer à initier les commençants au rudiment. Alcuin destinait son manuel ‘ aux élèves qui devaient pousser plus loin leurs études. Pour ceux-là, il voulut introduire des notions plus complètes et, parfois aussi, plus claires dans le cadre précis de Donat :.

Alcuin a exposé les parties du discours d'après Donat et Priscien?, mais en y apportant de continuelles modifications. Comme Boniface, il a un sens très net des difficultés que présente le latin, pour qui ne l'apprend pas par l'usage. Aussi s'efforce-t-il d’être clair#. 11 souligne les questions délicates, comme celle des syllabes

. M. col. 861, 862, 863, 866, 868, etc.

. M. col, 862, 881.

. Col. 858 : « Ideoque modum manualis libelli excedere vultis. »

5. Col. 837. Franco lui demande :col. 882) de lui expliquer les verbes défectifs, « maxime quia Denatus magisler nosler hace valde obscure et breviter tetigit, »

6. L'étude du son :ror), des lettres et des syllabes précède chez Alcuin (coË 85+; la définition de la grammaire {col. 867). L'étude des syllabes est renvoyée à la métrique icol. 8971, )

4. Ebert (list. de La litt. du M.-A., TT, p. 23: prétend que les définitions d'Alcuin sont empruntées à Isidore de Séville, Sous cette forme générale, cette affirmation est inexacte. La plupart des définitions ne sont pas prises dans les Elymologiae,

8. Par exemple dans la théorie du nom (M. col. 860, il a, plus nettement que Donat ,K., IV, p. 373;, énuméré les appellatifs. De meme, pour distinguer

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communes, du genre et de la déclinaison dans le nom !, des formes irrégulières et des radicaux dans le verbe. Il indique des règles pratiques ?, énumère les exceptions, tout en s’excusant d'entrer dans les détails qui lui semblent dépasser le cadre de sa grammaire *. Continuellement, il revient sur la nécessité d’être brefi, sans être obscur ÿ ou incomplet. Il abrège Priscien 6, dont il lu arrive de représenter, par un seul mot, tout un développement ?.

Si Alcuin l'eût voulu, il eût pu simplifier encore davantage : dans son désir d'être méthodique, il a conservé le cadre et les divisions de ses modèles. Ce luxe de divisions ne se comprend pas dans un traité élémentaire ; pour le nom et le verbe passe encore; mais dans la théorie du pronom, qui occupe trois colonnes, isoler, en des paragraphes spéciaux, l'étude de ses six accidents, c'était une disposition bien solennelle; la même forme revient plusieurs fois, considérée sous des points de vue divers, ce qui n'est pas d'une bonne pédagogie.

L'union de Donat et de Priscien présente parfois aussi des inconvéniènts. Quand ils ne sont pas d'accord, Alcuin ne prend pas toujours le soin de les concilier; de là des obseurités, comme dans l'étude du pronom et de la conjonction 8. Ces contradictions mêmes, il faut peut-être se féliciter qu'il n'ait pas tenté de les faire disparaître, et que, de parti pris, il ait élagué ce qui était discussion, raisonnement. Dans l'histoire de la grammaire, au moyen âge. c'estun des traits caractéristiques des Anglo-Saxons des vi* et vint siècles qu'ils ont supprimé ce qui pouvait les amener insensiblement

les déclinaisons :M. col. 863:, il part du génitif (CF. [Sergius|, K., IV, p. #61; il énumère la déclinaison et le genre des noms d'après leur finale (M. col. 863) ; il abrège ici Priscien (K., Il, p. 19%).

M. col. 803.

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