‹ L'enseignement des lettres classiques d'Ausone à Alcuin. Introduction à l'histoire des écoles carolingiennesChapitre 306 sur 404 · K., VII, p · texte numérisé non relu

K., VII, p

6. K., VIE, p. 295 (Voir, sur cette question, éd., p. 22%, Le titre donné par plusieurs manuscrits au Lraité d'Alcuin est Orfhographia.

Le titre donné par Agroecius au traité de Caper : De orthographia et de proprietate ac differentia sermonum indiquait plus exactement le contenu et le rôle de ces sortes d'ouvrages; mais il n'était pas encore complet. Outre les observations sur l'orthographe proprement dite et sur la signification des mots, que la prononciation ou l'usage ne différencient pas avec assez de netteté, — ceux que nos grammaires appellent paronymes, homonymes, synonymes, — les traités d'orthographe renferment, en général, des règles de syntaxe et des remarques sur la déclinaison et la conjugaison. Ils participent ainsi à la lexicographie et à la grammaire, en même temps qu'à ce que nous appelons aujourd’hui spécialement l'orthographe.

Dans la composition de leurs traités, Bède et Alcuin ont eu recours aux ouvrages de leurs prédécesseurs ; ils y ont joint des observations empruntées aux gramimairiens ou tirées dÀ leurs propres lectures. Parmi les traités d'orthographe antérieurs, les Anglo-Saxons ont certainement connu ceux de Caper et d'Agroe-, cius. Bède ne les nomme pas, mais il leur fait de fréquents emprunts !. Alcuin, qui s'est largement servi de Bède, a fai aussi des emprunts directs à Caper *.

D'autres grammairiens avaient écrit des traités d'orthographe. Bède nomme Julius Modestus ?, mais il le cite d'après Charisius. Ilenest de même pour Aelius Melissus, dont nous trouvons aussi le nom dans Bède ‘. A-t-il connu les extraits de Cassiodore? on ne peut l'affirmer. Il semble bien que, s’il les avait utilisés, on devrait relever dans son traité des ressemblances évidentes avec Cassiodore *. Mais, d'autre part, il faut noter que la plupart des règles. conservées par celui-ci, se rapportent à une étude de l'orthographe

qui dépassait les intentions de Bède. Elles formulent le plus souvent des faits généraux. Bède a pu en atténuer le caractère théo-

f. Voir, par exemple, oblitus, invideo, Bède (K., VI, p. 282 et 274) et Caper (id., p. 92}; audaciter, Bède (id., p.264) et Caper (id., p. 106) ; acervus, Bède (id., p. 264; el Agroecius (id., p. 114): fides, Bède (id., p. 272) et Agroecius (éd., p. 115) 'Tsidore, Diff., 1, 25%, a, dans ce passage, imité lui aussi Agroeclus, mais Bède ne s'est pas servi de son intermédiaire}, etc.

2, Protinus, Alcuin (td., p. 307) et Caper (id., p. 300), etc.

3. Id. fid., p. 257 large, d'après Charisius, PK. HE, p. 101).

+. Id. (id., p. 2661. clunes, d'après Charisius, F(K., p, 101).

5. Formosus, Bède td, p.273, d'après Caper {id., p. 95), plutôt que d'après Papirianus ap. Cassiodore {id,, p. 460), Au contraire, Alcuin (id., p. 301; 8 visiblement emprunté son observation sur l'orthographe de ce mot à Cassiodore.

rique et s'en inspirer, sans que nous l'apercevions. Alcuin, qui a plus longuement insisté sur l'orthographe, a beaucoup emprunté à Cassiodore !. Ils ont, l'un et l’autre, grossi leurs traités d'orthographe de nombreuses observations empruntées aux grammairiens. Ainsi Bède s'est souvent inspiré de Virgile le Grammairien ?, de Charisius 3, de Diomède, peut-être de Dosithée # et d'Isidore de Séville ?. Alcuin se sert souvent de Priscien f. [l cite aussi un grammaur'ien ? que l'on ne peut identifier, le passage emprunté se trouvant à la fois dans Charisius, Diomède, Sacerdos et Pompée.

En réunissant ces éléments, en y ajoutant ce qu'ilsavaient retenu de leurs lectures, les explications données dans les commentaires

4. Pour arcubus signalé par Cassiodore (K., VITE, p. 136), Alcuin {id., p. 295) semble avoir plutôt suivi Priscien, VIT, 91 (K., IE, p. 36+), mais ce qu'Alcuin dit de at {id., p. 295) paraît emprunté à Cassiodore iid., p. 154) d'après Velius Longus, non à Velios Longus lui-mème (p. 62 et 69); de même, balbus per b, Alcuin {id., p. 311) et Cassiodore {id., p. 173 et 191) d'après Martyrius ; pro, Alcuin {id., p.307) et Cassiodore {id., p. 16#) d'après Papirianus | Cf. Schmitz, Rhein. Museum, N. F., XIV, p. 63+], plutôt que d'après Priscien, XIV, 45 (K., HI, p. #9) comme le pense Keil (VII, p. 225).

2. Origo, Bède (K. VII, p. 282) et Virgile, Epit. V iHucmer, p. #0): sol, Bède (id., p. 289) et Virgile (id., p. 38); declama, Bède (id., p. 269) et Virgile, Epit. VII (p. 64).

3. Aer, Bède (K.,p. 262) et Charisius, E (K., 1. p. 34); capo, Bède (id., p.266) et Charisius, 1 (K., 1, p. 103), etc. |

+. À qui Bède a-t-il emprunté la syntaxe des prépositions? A Diomède ou à Dosithée ? Il est difficile de le décider (Cf, Keil, VIF, p. 2231, méme en étudiant de près les trois textes. Ainsi pourab et er, Bède (K., p. 263), Diomède, L'(K., 1, p. #1+-15), Dosithée (K., VII, p. #17), Bède semble avoir imité Diomède; les mots ab illo, qui sont dans Diomède et dans Bède, ne se rencontrent pas dans Dosithéc; de même, pro, (id., p. 283), Diomède ({K., I, p. #14), Dosithée (K., VII, p. #16) ; Bède ct Diomède seuls citent l'exemple Pre dulei... Par contre, étudiant ad et in, Bede :id., p 263) semble suivre Dosithée (K. VIE, p. #17), plutôt que Diomède iK., 1, p #15. Bède et Dosithée donnent pares, omis par Diomède, ad locum au lieu de #7 locum dans Diomède ; mais ici même la fin est semblable dans Bède et Diomède, différente dans Dosithée. De même, à propos de super, Bède (id., p. 2881 semble s'inspirer à la fois de Diomède (K., [, p. #13) et de Dosithée {K., VIE, p. #16). Il est possible qu'il se : soit servi à la fois des deux grammairiens.

9. Malogranatum, Bède (id., p. 238) et Isidore (DIF., 1, 357, et Etym., XVI, 5).

6. Spopondi, Alcuin (K., VIE, p. 310) et Priscien, 1, 30 (K., I, p. 2%: cis citra, Alcuin (id., p. 299; et Priscien, XIV, 23 ÎK., D, p. 38) et 33 ‘id., p. +0), etc. Il nomme Priscien {id., p. 310, 312).

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