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des Livres saints, ils ont composé deux traités assez différents. bien qu'ils aient un fonds commun.
Le traité de Bède se rapproche davantage de ceux de Caper et d'Agroecius. Les mots sont rangés par lettre sinon par ordre alphabétique. Les observations sur la correction, soit des formes, soit de la syntaxe, et sur la signification exacte des mots, surtout des verbes composés, y dominent.
Alcuin a introduit, dans son traité de l'orthographe, une e grande partie de celui de Bède, tantôt le reproduisant textuellement!, tantôt le développant ?, tantôt ajoutant des exemples #, mais il ne l'a pas suivi continuellement, et, pour les mêmes mots, il a parfois puisé à d'autres sources. Il semble que, chez lui, l'orthographe nat pas la large compréhension que lui donnait Bède. Tandis que Bède entendait par ce mot, l'ensemble des règles et des babitudes, dont l'observation assure la correction et la propriété du langage, en même temps que sa représentation exacte dans l'écriture, ce qui domine chez Alcuin, c'est 12 souci de la correction graphique. Ainsi à la lettre D, sur dix-sept mots ou groupes de mots étudiés, quime le sont au point de vue de l'orthographe. Sans être aussi fré quentes dans le reste de l'ouvrage, les observations de ce genre sont en nombre prépondérant. Le traité d'Alcuin est donc beaucoup plus homogène que les autres.
Les grammairiens anglo-saxons n’ont rien innové dans l'orthographe. Ils n'ont pas eu davantage de principe fixe, et, s'il arrive à Alcuin de parler d'une orthographe ancienne et tombée en désuétude #, c'est sur la foi du grammairien qu'il reproduit ‘; il nen faut pas conclure qu'ils atent fondé un système orthographique sur une distinction chronologique. Ce qui fait loi pour eux, c’est l'orthographe adoptée par Priscien ou Charisius, par exemple, pour le mot ou le groupe de mots qui les occupe. Ils suivent tantôt l'un, tantôt l'autre; et, quand ils découvrent des divergences entre les
1. Par exemple, arcessil, Alcuin (K. VII, p. 296) et Bède (id., p. 264) d'après Agroecius {id., p. 114); audaciter, Alcuin (id., p. 296) et Bède (id., p. 204 d'après Caper (id. p. 106), ete.
2, Acervus, Alcuin (id.,p. 296) et Bède (id., p. 264) d'après Agroeclus lid., p. 111). |
3, Terga, Alcuin (éd., p. 311) et Bède (id., p. 293) d'après Caper (id., p. ®.
4, Alcuin ‘id., p. 309).
5. Cassiodore avait parlé de l'usage moderne préférable à l'orthographe antique, De orth.{K. VI, p. 1#4-1#5).
grammairiens, ils réussissent parfois, nous le verrons, à en tirer parti.
Leur insistance a un double objet : conserver l'aspect correct du latin écrit, et surtout éviter les fautes qui conduisent à des contresens. Îl faut distinguer ae et e 1, écrire alium, dolium et ner aleum, doleum ?, ingenuus avec deux u *, kartago et kalendac avec un k *, quicquam et non quidquam *, supter et non subter f, nupsi et non nubsii, eorundem et non eorumdem “, quoties et non quotiens *, formosus et non formonsus !, oratio et non oracio!, comminus et non cominus, et par contre eminus et non emminus!?, exsul et non exul 3, afficio et non adficio !", etc... En ne suivant pas, pour ces mots, les recommandations de Bède et d'Alcuin, les scribes étaient simplement incorrects !. Mais en confondant !f et d
1. Bède (id., p. 202), aeger.… per ae. Cf. Alcuin (id., p. 295), etc.
2. Alium, Bède (id., p. 263), Alcuin (id., p. 295); dolium, Bède (id., p. 270) d'après Charisius, 1 ‘K., 1, p. 70). Cf. Brambach, Die Neugestaltung der lat. Orth., p.137.
3. Alcuin {id., p.296), transcrit de Cornutus ap. Cassiodorce (id., p. 1#8). Cf. Brambach, id., p. 97. 7
+. Alcuin (id., p. 30#).
5. Bède {id., p. 287), Alcuin {id., p. 303), ce dernier d'après Papirianus ap. Cassiodore (id., p. 160). Cf. Brambach, id.,p. 254.