‹ L'enseignement des lettres classiques d'Ausone à Alcuin. Introduction à l'histoire des écoles carolingiennesChapitre 339 sur 404 · Col · texte numérisé non relu

Col

1. Ajoutons que les textes où nous lisons ‘aujourd'hui Aldhelm sont très défectueux.

retenues. À voir la rapidité avec laquelle il passe en revue Jes mètres employés de son temps, on reconnaît que ses disciples n'étaient pas exigeants. Bède se contente d'indiquer le nombre et la nature des pieds qui composent chaque vers ; rarement, une indication sur la coupe, plus rarement encore une remarque sur la disposition des mots dans le vers; pas une observation sur le rythme propre à chaque mètre. On sent que, dans la versification métrique, le principal élément, la principale difficulté est désormais de savoir la quantité.

C'est l'hexamètre dactylique ou héroïque ! que Bède a tout naturellement étudié avec le plus de détails ?. Certaines particularités l'ont embarrassé. Comme Aldhelm, Bède a cru, d'après l'exemple At tuba... mal compris 3, que Virgile avait admis un type d'hexamètre ayant un dactyle sixième‘. D'ailleurs il le repousse, estimant que c'est une forme archaïque très rare, et il n'admet le vers hypermètre qu'avec élision de la syllabe finale. Plus curieuse est sa théorie du vers spondaïque. Dans les vers présentant un spondée cinquième, Bède met à part ceux où la deuxième syllabe de ce pied contient un r précédé ou suivi d'une consonne ”. Ces vers, Bède les ramène à des hexamètres dactyliques, en intercalant avant ou après r une voyelle épenthétique. Nous nous sommes expliqués plus haut 5 sur ce procédé qui permet, pour des syllabes comme argentum, incrementum... une double scansion àr, cré et äri, cérè, Bède admet les vers de ce type, qui ne sont spondaïques qu'en apparence ; il ne les classe pas parmi les archaïsmes ou les vers exceptionnels ?, et il en cite des exemples, empruntés à Paulin et à Prudence 8. Quant aux vers spondaïques, où le spondée cinquième échappe à cette résolution, ils sont implicitement rangés parmi les raretés, que l'on rencontre chez les anciens poètes *. Ici, Bède a obéi au besoin de simplifier et de ramener les formes diverses de l'hexamètre à un type unique, très différent d'Aldhelm,

. Chap. 10, 11,12.

K., VII, p.282, en partie d'après Mallius Théodore (K. VI, p. 589). Cf, plus haut, page 376, note 5.

K., VII, p. 253.

Id.,

. Page 373,

K. VII, p. 250 et 253.

. Ed, p. 250.

. Id., P: 253.

Page 1