‹ L'enseignement des lettres classiques d'Ausone à Alcuin. Introduction à l'histoire des écoles carolingiennesChapitre 338 sur 404 · K., VI, p · texte numérisé non relu

K., VI, p

#. Gaisford, p. 577.

. La métrique.

Nous arrivons à la métrique. Les Anglo-Saxons croyaient pouvoir, comme les poètes antérieurs, écrire en différents mètres. Aldhelm, avec sa fougue ordinaire et sa prétention d’égaler, du premier coup, les complications et les raffinements auxquels on avait autrefois atteint, fasciné sans doute aussi par le titre que Servius avait donné à son livre, parle, en maint endroit, de cent mètres différents !; mais nous n'avons de lui que des hexamètres, et c’est le seul vers dont il traite dans le De septenario ?.

Le chapitre qu'Aldhelm a consacré au vers hexamètre est une compilation confuse, où apparaît le caractère récent et indécis de ses connaissances. Îl juxtapose des autorités contradictoires, invoquant tantôt Virgile, tantôt les poètes chrétiens, tantôt les grammairiens ; il s’attarde dans des questions futiles 3. Il crée des distinctions inutiles entre le vers hexamètre et le vers héroïque; il confond les coupes #. Il s'égare dans sa terminologie ÿ. [1 semble bien qu'il ait été ici victime de ses modèles grecs, dont les distinctions subtiles nécessitaient une prudence qu’Aldhelm ne montra jamais.

41. De laud. Virg., # (M. 89, col. 106). De sept. (id., col. 173). Epist. Heddae (M. col. 95, Epist. Mer. et K'ar. aevi, p. 236).

2. D'après lui, le vers hexamètre caeleroram arcem et infulas possidet. (De sept., col. 173.)

3. Par exemple (col. 175), il distingue les vers d'après le nombre de syllabes ou la place des dactyles, et il donne des exemples de chaque variété. Il ne manque pas de souligner que deux vers hexamètres peuvent avoir l'un douze et l'autre dix-huit, dix-neuf et mème vingt syllabes (col. 178). On trouve des listes analogues dans Sacerdos, IT (K., VI, p.503) et dans un fragment du Codex Berolinensis, 66 (K., VI, p. 634).

4. Il appelle coupe bucolique {col. 183) la coupe placée après le trochée quatrième.

5. Voir le sens du mot catalectique (col. 180) (cf. De laud. Virg., 3, col. 106! et De sept. (col. 179). Il faudrait peut-être lire dans ce dernier passage : acalalecte, — Notons-le en passant, il semble considérer le vers :

At tuba terribilem sonitum procul excitat horrida

modifié par les grammairiens (Victorinus-Palaemon (K., VI, p. 213), Audax (VIT, p. 340), pour les besoins de leur démonstration, comme ayant sa forme authentique.

Que ne leur a-t-il laissé les termes techniques qui leur avaient servi à distinguer les diverses formes de vers, et que les grammairiens latins avaient judicieusement répudiés! Pourquoi, au lieu d'expliquer les libertés de scansion par les syllabes communes, reprend-il ! la liste des rir énumérés par les Grecs ?, mais que les grammairiens latins avaient, en général, omise, et qu'aucun d'eux n'avait intégralement reproduite 3. Même réduites, Aldhelm se contente de définir le vers acéphale et le miure, avec lequel il confond à tortle ggrxoeuts —, ces notions étaient aussi inutiles qu’encombrantes. Nous trouvons la même complication dans l'étude des césures 4, À la suite de ses modèles ?, Aldhelm entend à la fois par ce terme la disposition des mots dans le vers 6 et les coupes. Il ne recommande aucune disposition, pas plus qu'il n'indique comment un vers doit être coupé.

On le voit, ce qui manque le plus dans cet ouvrage didactique, ce sont les règles. Aldhelm a noté un très grand nombre de faits 7; mais, embarrassé par l'abondance des sources, il n’en a pas dégagé les principes fondamentaux.

Les chapitres que Bède a consacrés aux mètres ont une autre valeur. Ce n'est pas qu'il ait donné une théorie scientifique du vers métrique ; mais il a eu, sur Aldhelm, l'avantage de rejeter les complications inutiles et d'exposer nettement les notions qu'il avait

4. De sept. (M. col. 182). Epist. Heddae (M. col. 95, Epist. Mer. et Kar., 1, p. 236).

2. Dracon de Stratonice (éd. Hermann, p. 137-138) ; — Hephaestion, Schol. B (éd. Westphal, p. 168); Cf. Elias, De metris (éd. Hermann — de Furia, p. 84 et 86) d'après Hephaestion; — Athénée, Dipnosophistarum libri, 632d (éd. Kaibel, ILE, p. 395) ; — Plutarque, Moralia, De Pythiae oraculis, 397 d (éd. Bernardakis, II, p. 35), et De metris (id., VIL, p. #72). — La liste donnée par Aldhelm, De sept. (col. 182), reproduit celle d'Iephaestion, mais les mots ne sont pas rangés dans le même ordre, et, de plus, Aldhelm identifie le sprxostèrs avec le uéiougos, tandis qu'Iephaestion le rapproche du Azyasds.

3. Marius Victorinus, I, de vitiis versuum (K., VI, p.67), cite, inter alia, les vers &xépalos, Àayapds, etoucos, comme Athénée et Plutarque; Diomède, ITI (K., I, p. 498) ajoute aux précédents le zo270$ et le xolo6ds (le s7iy0s <cx75%6 dans Plutarque), De metris (ëd. Bernardakis, VIE, p. 468). Diomède (id., p. 500) donne, pour les trois premiers vers, les mêmes exemples que Dracon et Hephaestion:; ils étaient sans doute familicrs aux techniciens.

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