‹ L'enseignement des lettres classiques d'Ausone à Alcuin. Introduction à l'histoire des écoles carolingiennesChapitre 357 sur 404 · SUR LA RHÉTORIQUE ET LA DIALECTIQUE CHEZ LES ANGLO-SAXONS · texte numérisé non relu

SUR LA RHÉTORIQUE ET LA DIALECTIQUE CHEZ LES ANGLO-SAXONS

tiles, mais qu expliquent les nécessités de l'enseignement autant que l'influence de la dialectique. Î1 n'est pas jusqu'aux exemples qu'Alcuin n'ait recueillis : on trouve, dans son traité, le débat des trois naufragés !, et celui d'Horace meurtrier de sa sœur ?. Bède eût aisément substitué à ces exemples des épisodes empruntés aux livres saints qui seraient passés dans les traités postérieurs.

On a donc quelque raison de croire qu'en ce qui concerne la rhétorique, le travail d'adaptation ne s'est pas fait en Angleterre au vu® et dans la première moitié du vif siècle. Il faudra aller jusqu'à Raban Maur pour voir l'objet de la rhétorique chrétienne se dégager de la définition dans laquelle elle était auparavant enfermée ?.

Pourtant l'utilité de la rhétorique dans l'enseignement chrétien avait été nettement indiquée par saint Augustin, non pas dans sa Rhétorique, mais dans la De doctrina christiana. Pourquoi les Anglo- Saxons ne l'ont-ils pas étudiée de suite” Est-ce à cause du discrédit où la rhétorique était tombée au iv° et au v° siècle dans l'Église romaine, et dont le souvenir était conservé dans de nombreux textes, dans saint Augustin ‘ comme dans saint Isidore ? Cela ne paraît pas vraisemblable. Bède parle avec dédain de l'éloquence séculière À, mais 1l n'est pas plus indulgent pour les poètes qu'il utilise. Est-ce à cause de la définition même qui semblait restreindre l'utilité de la rhétorique à la vie publique? Maisilny avait pas que des clercs pour participer à l’éducation donnée par les moines anglo-saxons. Nous serions plutôt disposés à croire que les motifs, qui avaient déterminé saint Augustin, ne se présentaient pas aux contemporains de Bède avec une semblable valeur. Le but et la raison d'être de leurs études était la Lecture sacrée qui n'entrainait pas l'étude de la rhétorique, la connaissance des figures étant reportée à la grammaire. Restaient les exigences de la prédication

et de la polémique.

Il suflit d'examiner les homélies de Bède ? pour se convaincre

autres parties, il fait de larges emprunts à la compilation de Julius Victor, ainsi Alcuin, 3 (p. 526, 1+-18) et Julius Victor, Proæmium (p. 373, 8-15), Alcuin, 36 (p. 5+#, 6-12) et Julius Victor, 19 (p. 431, 6-10), etc.

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