LA RHÉTORIQUE ET LA DIALECTIQUE CHEZ LES ANGLO-SAXONS
quelque disciple du grammairien Virgile. Il ne faudrait pas conclure de cette page isolée que les Anglo-Saxons s’inquiétèrent du nombre oratoire !. C’est une digression, qui reflète beaucoup plus la vanité d'Aldhelm que ses études. Nous remarquerons en tout cas qu'elle confirme ce que nous disions au début et que, selon toute vraisemblance, les Anglo-Saxons ont vu dans la rhétorique l’art d’orner le discours, d'y mettre des couleurs. A ce point de vue, ils se sont rapprochés et des écrivains de la Gaule du v° siècle, et des grammairiens du moyen âge.
La dialectique.
Il ne semble pas que la dialectique ait tenu plus de place que la rhétorique dans l’enseignement des Anglo-Saxons. Aldhelm y fait quelques allusions, et il la nomme parmi les sept arts*; la bibliothèque d’York contenait Boèce et Aristote *, mais ces brèves mentions ne garantissent pas qu'on ait étudié la dialectique dans les abbayes d'Angleterre.
Nous ne voudrions pas tirer argument d'un passage des Commentarii in Pentateuchum, où Bède A la dialectique aux cousins de la deuxième plaie d'Égypte . Les dialecticiens sont associés aux poètes qui sont les grenouilles du même fléau. Quand il condamne, comme ici, les subtilités de la sophistique, où bien quand il souligne la faiblesse de la dialectique, mise en parallèle avec la foi 5, il imite les Pères de l’Église; mais nous n'avons
1. Nous n'avons pas recherché s'ils avaient connu ou pratiqué le cursus. Pour que cette étude donnât des résultats, il faudrait d'abord que les textes fussent mieux établis.