Id
8. De sancto Virgilio, 1 (Pertz, id., p. 86): « Et quia litterarum scientia cum morum honestate in ipso exuberavit, rex eum sicut tubam evangelicae predicatiouis libenter audiebat et secum fere duobus annis propter Dei amorem retinuit. »
9. Codex Carolinus, 24, éd. Gundlach ‘Epist. Mer, et Kar., I, p. 529; : « Direximus itaque excellentissime praccellentine vestrae et libros, quantos reperire potuimus ; id est antiphonale et responsale, insimul arlem gramaticam Aristo-
432 LES LETTRES CLASSIQUES EN GAULE AU Vil® ET AU Viil* SIÈCLE
un traité d'Aristote!, une géométrie, des traités d'orthographe et de grammaire, tous écrits en grec, est plus probante encore. Sans en conclure que Pépin ait su le grec, on doit reconnaitre que ce présent indique une préoccupation qui depuis longtemps n'apparaissait plus. Le pape savait complaire au roi des Francs en lui envoyant tous les livres qu'il avait pu se procurer {quantos reperire poluimus).
Si donc nous n'avons pas la preuve que, par l'influence de Bontface et de ses successeurs, les lettres classiques aient été ensegnées dans l” Église des Goules et que Boniface, qui contribua sinon à la propagation du moins à l'observation plus exacte de la règle de saint Benoît, ait donné au chapitre 48 le sens quil avait alors dans les abbayes d'Angleterre, nous constatons un progrès dans le niveau de l'enseignement élémentaire, qui fournit les notaires et les scribes, et nous voyons grandir la curiosité, C'était le premier travail qui préparait l'effort plus fructueux du règne de Charlemagne. En voyant Pépin s'intéresser au chant d'église ? et Chrodegang prescrire aux chanoines de Metz de l'étudier minutieusement *, on pense à la période de | Église anglo-saxonne, où l'instruction était rare, où des chantres romains transmettaient oralement le chant grégorien, mais qui préparait l'âge d'Aldhelm, de Bède et de Boniface. Évidemment les efforts de Pépin et de Boniface n'avaient pas amené la réforme complète de l'Église des Gaules, ni la restauration des écoles. Charlemagne déplorera l'ignorance du clergé, et il devra chercher des maîtres ailleurs qu’en Gaule ou en Germanie. Il n’en est pas moins vrai que, grâce à cette action commune, ks Gaule se trouvait en meilleure position pour profiter des progrès réalisés dans les études, à la fois par les Églises irlandaise, anglosaxonne et romaine.
lis, Dionisii Ariopagitis : geometricam, orthografiam, grammaticam, omnes Greco eloquio scriptas, nec non et horologium nocturnum. »
1. Egger (L'Hellénisme en France, 1, p. 48) a supposé qu ‘il fallait entendre par les mots artem grammalicam Aristolis le [ect épunvetas. Le passage n est pas clair. Faut-il entendre que la géométrie, l'or thographe ét la grammaire sont attribuées à Denys l'Aréopagite, et ne s'agirait-il pas, ici, soit de Denys de Thrace, soit de Denys d'Halicarnasse ? L'identification des personnages qui ont porté le nom de Denys avec l'Aréopagite est fréquente.
2. Charlemagne rappelle, Admonilio generalis, 80 (Boretius, Capil. reg: Franc., K, p. 611, Epistola generalis {id., p. 80), que le chant d'église avail compté parmi les préoccupations de Pépin.