Tosti, Storia della Badia di Montecassino, À, p
5. Cf. Muratori, Antiquil. Ital., HI. Diss. 43 (p. 809; Giesebrecht, De litterarum sludiis apud Italos medii aevi saeculis, p. 5. Voir les textes qu'il cite, en particulier celui de Gerbert (Pertz. Script., HN, p. 673).
comme l'éloquence et la poésie. En 680, c'est-à-dire à l'époque où Théodore et Hadrien enseignaient en Angleterre, les Pères du concile de Latran constataient que l'éloquence avait disparu; le pape Agathon déplorait la faiblesse des études et l'ignorance de l'Ecriture !. Il ne faut pas tirer des conséquences trop absolues de ces lamentations sur les malheurs du temps et sur les conditions d'instabilité où l’on vivait ?. Hadrien avait vécu dans un couvent situé près de Naples, et vers le même temps environ, Benedictus Crispus, le futur archevêque de Milan, alors diacre, dédiant son poème sur la médecine à Maurus, lui rappelait qu'il l'avait enrichi septiformis facundiae liberalitate, c'est-à-dire des arts libéraux, ainsi qu'il l'explique plus loin 3. Sans doute, le niveau de la culture était bas. Le pape n'eût pas tenu un pareil langage, si les études avaient été prospères, et si, à ce moment, les monastères de Bobbio et du Mont-Cassin avaient été des centres de culture. Mais l'Italie était dans une situation particulière ; il n'était pas possible que là connaissance des classiques y fût totalement oubliée, et surtout, 1 lui était facile, après des périodes d'ignorance, de reprendre contact avec les lettres.
Les plaintes d’Agathon furent-elles entendues? Les papes qui se succédèrent favorisèrent-ils l'instruction ? Parmi eux, il y avait des Syriens et des Grecs; 1l y en avait dont la science est attestée par leurs biographes 4. 4, L' Église romaine subit-elle l'influence des lrlan-
4. Baronius, Ann. eccl., XII, p. 4 et p. 9. Cf. Giescbrecht, id., p. ÿ.
2, Ozanam (Des écoles en Italie, p. 408) remarque que « si les Pères du concile de Latran en 680 s'excusaient de ne point exceller dans la science des rhéteurs, leurs décrets témoignent que le clergé ne pouvait se détacher des spectacles des mimes, derniers restes du théâtre classique ». Mais ces mimes rappelaient-ils vraiment le théâtre classique? Les distiques du grammairien Honorius (Mabillon, Vetera Analecta, p. 387) qu'Ozanam invoque ne sont pas une preuve convaincante, la date en étant incertaine.
3. Poematium medicum, praef. Mai, Auct. class., V, p. 391, reproduit dans Migne 89, col. 369. Cf. Ozanam, id., p. #38.
4. Léon 11(680-683; (Duchesne, Lib. Pontif., 1, p.359) : « Vir eloquentissimus, in divinis Scripluris sufficienter instructus, greca latinaque lingua eruditus... lingua quoque scolasticus et eloquendi majore lectione politam, exortator om- . nium bonorum operum plebique florentissime ingerebat scientiam »; Jean Ÿ (685-686, id., T, p. 366) « natione Svyrus... Vir valde strenuus atque scienti praeditus » ; ue (687-301, id., p. 371) « natione Syrus »; Jean VI (- 705, td. p. 383) « natione grecus »; Jean VIT (705-707, id., p. 385: « nalione grecus.. Vir eruditissimus et facundus eloquentia »; Sisinnius (708, id., p. 388] « patione Svrus »; Constantin (708-715, id., p. 389) « natione Svrus»; Grégoire I (51 35-731, Fe p. 396) « nalionc Romanus... Érat.. divine Scripture
TS
dais par l'intermédiaire des moines de Bobbio;: ou le contact des Anglo-Saxons, qui ne cessèrent de se rendre à Rome et de peupler les monastères de l'Italie !, créa-t-il une émulation profitable aux lettres ? Toujours est-il qu'il se produisit en Italie un réveil des études qui, avec les facilités dont on pouvait disposer dans ce pays, donna des résultats rapides. Quelques années après 680, Félix professait la grammaire ; nous le savons par Paul Diacre qui eut pour maître son neveu Flavianus ?. Au vu siècle, les lettres sont évidemment cultivées3. Paul Diacre lui-même ‘, Pierre de Pise *, Paulin d'Aquiléef, le duc de Bénévent, Arichis, gendre du roi Didier ?, sa femme #8, son fils ? en fournissent la preuve. Le pape Paul I° écrit, non pour condamner l'étude de la grammaire, mais pour annoncer l'envoi d'ouvrages grecs qui devaient servir à l'apprendre. Les Anglo- Saxons, comme Aelbert et Alcuin, trouvent à Rome des savants dignes de les comprendre.
eruditus, fecundus loquella »; Grégoire IT (731-741, id., p. 415) « In divinis Scripturis sufficienter instructus, greca latinaque lingua eruditus, psalmos omnes per ordinem memoriter retinens et in eorum sensibus subtilissima exercitatione limatus ; lingua quoque in lectione polita »; Zacharie (741-752, id., p. 426) « natioue grecus »; Etienne (752-757, id., p. ##3) « Ammonebat divinam totis nisibus sectari Scripturam et in lectione vacare spiritali. »
1. Dans le premier tiers du vue siècle, ce mouvement s’accentue. Des princes anglo-saxons viennent s'enfermer dans des monastères d'Italie (Bède, Hist. Eccl., V, 19, 20. Cf. Oelsner. Pippin, p. 103). Le pape Jean VII (705- 705), écrivant aux évêques de Bretagne, constate le fait (M. 89, col. 63). Cf. Paul Diacre, De gest. Langob., VI, 37. Willibald, instruit dans les lettres (Vita Ils, 1, 2, Acta SS., juillet, II, p. 502), après un voyage en Palestine, séjourne au Mont-Cassin { Vita Ir, Il, 34, id., p. 509). |
2. Hist. Langob., VI, 7. Sur Flavianus identifié mal à propos avec le grammairien, voir Hagen, Anecdota felvetica, p. cLxinr.
3. Cf. Muratori, Antiquit. Ital., II, p. 811; Giesebrecht, De ltlerarum studiis, p. 8. |
&. Il naît entre 720 et 725 (Molinier, Sources de l'Hist. de Fr., 1, p. 82). Wattenbach, Geschichtsquellen, p. 165. Sur cette date, voir Dahn, Paulus Diaconus, p. 8. Sur ses connaissances, voir la pièce que Pierre de Pise lui adresse au nom de Charlemagne ‘Pet. lat. car., 1, p. 48). Paul Diacre lid., p. 49) atténue beaucoup les éloges qui lui étaient donnés.
5. Sur Pierre de Pise voir Diümmler {Poet. lat. car., I, p. 29).
re SA Paulin d’Aquilée voir Dümmler (id., p. 123 et Neues Archiv, IV, P. ;
7, Cf. son épitaphe par Paul Diacre (Poet. lat. car., [, p.67).
8. Cf. Epist. Pauli Adelpergae (Ehpist. Kar. aevi, 11, p. 506).