Id. Cf. VIII
5. V.534. Cf. Yver, Euric, roi des Wisigoths (Études d’hist. du M. À. dédiées à M. Monod, p. 21).
6. V. 540. Cf. Lavisse, Rev. des D. M., 3° période, t, 70, p. 404.
Arvandus !, tel ce Seronatus dont Sidoine parle avec une violence qui ne lui est pas coutumière, et « qui vantait les Goths, insultait les Romains, raillait les préfets, foulait aux pieds les lois de Théodose et proposait celles de Théodoric * ». Seronatus paya de sa tête cette politique; mais elle ne parut criminelle qu'en raison des circonstances * : Euric attaquait alors ouvertement l'Auvergne, et la noblesse de cette province espérait être secourue par l'empereur. Les préférences de Seronatus semblèrent une trahison, non contre l'empire, mais contre l'Auvergne. Léon de Narbonne avait pu, sans susciter les reproches de Sidoine, se mettre au service d Euric en 466, quand ce prince s'affranchit définitivement de Rome. Il demeura auprès du roi goth, puis auprès de son successeur, et Sidoine, loin de lui en vouloir, eut recours à ses bons officest. Dans la vie de Sidoine même on trouve la preuve que, s’il soutint la politique impériale, c'est qu'il la croyait conforme aux intérêts de la Gaule. Toute la différence entre lui et ceux de ses contemporains que nous avons cités, c'est que ses illusions furent plus tenaces ÿ, Pas plus que les autres, il n'obéit à un motif sentimental, et son loyalisme est proportionné au secours qu'il attendait de l'empire.
Tels étaient les sentiments des nobles gaulois habitant la province romaine et du plus romain d'entre eux. Si nous possédions les lettres que Sidoine reçut de ses correspondants, nous serions renseignés sur l'état d'esprit des membres de l'aristocratie galloromaine demeurant au milieu des Wisigoths et des Burgondes. Que pensait, par exemple, ce Pontius Leontius qui menait dans sa propriété d'Aquitaine une somptueuse existence? Sa vie paisible prouve en tous cas qu'il ne faisait pas d'opposition au gouvernement des Goths. Il restait en relation avec les Gallo-Romains des autres provinces, leur écrivait et leur donnait l'hospitalité. Le contact souvent