‹ L'enseignement des lettres classiques d'Ausone à Alcuin. Introduction à l'histoire des écoles carolingiennesChapitre 54 sur 404 · Il fut préfet des Gaules en · texte numérisé non relu

Il fut préfet des Gaules en

2. Valerianus et Polemius furent préfets des Gaules, l'un avant 456, l'autre en 475-416.

3. Préfet du Palais. — Sa connaissance du grec (Sid., Carm. 23, v. 233) le fit souvent employer par Valentinien IT dans ses négociations avec l'em-

pire d'Orient.

&. Sid., Epist. TI, 6 : « ut praefecturam philosophiae jungeretis. » Cf. Hist.

lite, Il, p. 439.

obtiennent des charges ou des dignités. Sidoine ! lui-même est fait comte, préfet de Rome, patrice; 1l a sa statue sur le Forum. Ces grands seigneurs vont à Rome, à Ravenne, soutenir les intérêts de la province ou servir leur propre ambition. Leurs idées sur le service de l'État n'a pas souffert de leurs sentiments religieux, et ils ont résolu le problème posé au siècle précédent par Paulin de Noles ou Sulpice Sévère. Sidoine, chrétien et né de parents chrétiens, estime que le devoir des nobles est de prendre une part active au gouvernement. 11 juge qu'on peut concilier le service de l'État et le service du Christ. Il place, il est vrai, les devoirs religieux et la connaissance du Christ au-dessus des devoirs civiques ?, mais cette subordination n a pas d'importance, puisque les uns n excluent pas les autres. D'ailleurs, ses contemporains ont trouvé un moyen de tout concilier : ils rapportent au Christ les honneurs auxquels ils parviennent 3; ainsi ils purifient et légitiment ingénieusement leur ambition. Évèque, Sidoine ne modifie pas ses vues, et il continue à recommander le service du prince *.

Mais, si l'on examine de près sa correspondance, on voit que, d'une part, il est souvent obligé de secouer l'inertie de ses amis, et que, de l'autre, pour les ramener à souhaiter les honneurs, il emploie des arguments se rapportant beaucoup moins à la grandeur de Rome qu'à leur intérêt propre. La paresse, en effet, exerçait ses ravages ; Sidoine le déplore à plusieurs reprises *, et ses plaintes sont confirmées par les contemporainst. De grands propriétaires se retirent dans leurs domaines, non pour y mener une vie ascétique, mais pour y vivre en paix, loin des intrigues et des honneurs, se livrer à la culture et se distraire par la lecture des philosophes 7, Beaucoup sont d'ailleurs de braves gens : « ils aiment les gens paisibles et évitent les Barbares ; ils lisent beaucoup; ils ne convoitent pas le bien d'autrui, mais savent conserver le leur ; ils se plaisent dans la société de gens instruits ; ils sont gais ; ils

1. Sur les dignités exercées par les différents membres de sa famille, voir Epist. 1, 3. Sidoine était le geudre de l'empereur Avitus. . Cf. l'épitaphe de son aïeul, Epist. III, 12. . Sid., Epist. II, 6. . Cf. Epist. VII, 8, écrite après #10.

* Epist. 1,3;1, 4; 1,6; VII, 8; VIII, 12.

. Claudien Mamert, Epist. ad Sap. (éd. Engelbrecht, p. 203). . Epist. 1, 6; VIII,8. —— Eutropius, à qui est adressée la lettre I, 6,est représenté ailleurs (II, 6) commeun disciple de Plotin.

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exercent l'hospitalité, sont bons pour leurs serviteurs et ne sont pas esclaves de la table ». ! Ces traits indiquent des caractères sociables, mais l'époque demandait davantage.

Or, par quels arguments Sidoine essaie-t-1l de les arracher à leur oisiveté ? Invoque-t-il la situation critique de Rome, qui réclamait toute leur énergie, et s'efforce-t-il de rallier autour de l'empire chancelant l'aristocratie gallo-romaine ? Non, il fait appel avant tout au devoir des nobles vis-à-vis de leurs pairs. La possession des charges publiques constitue un élément de supériorité qu'il ne faut pas laisser à d'’autres?, C'est un privilège que la noblesse doit conserver, sous peine de céder la place à des parvenus. Ÿ renoncer, c'est trahir son devoir, sa caste, ses aïeux “. Nous sommes loin du temps où le prestige de Rome et son étroite domination mettaient au service de sa gloire et de sa prospérité toutes les ressources des provinces. La préoccupation avouée des nobles gallo-romains est de conserver des habitudes romaines, ce qui peut servir directement leur intérêt propre et celui de leur caste. De là à se rallier aux Barbares, pour peu quon le jugeât utile, il n'y avait qu'un pas, et de bonne heure il fut franchi.

A côté d'hommes comme Sidoine, comme Ecdicius, qui luttèrent jusqu'au bout contre les Barbares, il existait, dans l'aristocratie gauloise, un parti nettement opposé aux Romains. Dans le Panégyrique d'Avitus*, Sidoine prête à la noblesse gauloise des propos significatifs ; l'un de ses représentants se demande si la Gaule n’a pas eu tort de rester attachée aux Romains dans leurs malheurs, et de soutenir |” « ombre » de l'empire 6. Il parle, il est vrai, devant un empereur gaulois.

Sans aller jusqu’à la révolte ouverte, des Gallo-Romains travaillaient à habituer leurs concitoyens à la domination barbare et à détourner leurs yeux, jusque-là constamment dirigés sur Rome ; ils entretenaient des relations avec les rois barbares : tel

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