Sid., Carm
désagréable des Barbares portait les nobles d'origine gallo-romaine à se rapprocher d'hommes ayant les mêmes goûts et la même éducation qu'eux. Mais ce groupement n'était pas dû au sentiment d’une patrie et d'espérances communes. Nulle part nous n’apercevons que, par une sortede protestation, 1lsaient accentué leur attachement à l'empire; la faiblesse des Romains et les renoncements successifs des empereurs, cédant une à une les provinces de la Gaule, les amenèrent à ne compter que sur eux-mêmes et à s'accommoder le mieux possible de la domination des Barbares. Ils acceptèrent de suite la situation à laquelle Sidoine finit par se résigner.
Ainsi, depuis #20 environ, le lien qui attachait l'aristocratie galloromaine à l'empire s'était continuellement relâché. En 475, un an avant la chute de l'empire d'Occident, la plus grande partie de la Gaule occupée par les Wisigoths, — celle où les mœurs romaines étaient demeurées le plus vivaces, — se sépara définitivement de Rome ; cette rupture entraina la perte du seul principe d'activité que Rome avait entretenu dans la noblesse des provinces, l'ambition de parvenir aux honneurs. Tout un côté de la vie romaine disparaissait ; il restait bien des habitudes, et, en partie, les institutions juridiques et administratives, mais tout cela intéressait les diverses classes de la société, tandis que la perte des dignités romaines atteignait la seule aristocratie. Comme Sidoine le constatait avec mélancolie, les nobles gaulois avaient perdu le moyen de se distinguer de leurs concitoyens !. La confiance en Rome était ruinée; du moins fallut-il se résigner à la considérer comme un être idéal dont la puissance cessait d’être effective. Les événements avaient justifié les invectives de Salvien : le monde était malade et la société romaine était impuissante à se guérir avec ses propres ressources. Sidoine lui-même déplora l'épuisement et la lassitude du monde vieillissant*?, et renonça à chercher au-delà des Alpes une impulsion régénératrice.
Ainsi, non seulement dans la seconde moitié du v° siècle il manquait aux écoles d art libéraux deux des conditions qui avaient autrefois assuré leur prospérité, mais la troisième, le concours de l'aristocratie, cessa bientôt de lui être acquise. Elle n’était plus incitée par l'intérêt à maintenir un type d'enseignement qui, jusque-là, donnait accès aux charges et procurait, avec la faveur du prince, une sorte de